11 mars 2006 6 11 /03 /mars /2006 17:58

 

                   Nous mettons en ligne sur Médiéval et Moyen Age un commentaire très intéressant posté par un de nos lecteurs, une pièce de plus sur cette passionnante énigme médiévale « Le Saint Suaire »…
 
                  Jeanne de Vergy, épouse de Geoffroy II comte de Charny aurait en effet reçu la relique de son arrière-grand-père Othon de la Roche, l'un des illustres participant de la 4eme croisade, auprès de « De Villarhouin » Othon s'est approprié la relique lors du siége de Constantinople, et la fait remettre à son Père, le Comte Eudes de la Roche. Lors de son mariage avec Geoffroy, Jeanne aurait apporté comme dot cette précieuse relique, considérée comme devenu une propriété de famille. Jeanne de Vergy aurait reçu d'ailleurs des instructions, dit-on d'un " très illustre personnage", de ne jamais se dessaisir de la précieuse relique, cela coûte que coûte. C'est en 1418, que Geoffroy de Charny décida que la relique qui était au chapitre de Lirey, puisse être déplacée en sûreté, dans un lieu à l'abri de tous évènements qui pourraient la détruire ou la faire voler. C'est  alors qu'il chargea son propre gendre, le comte Humbert  de la Roche de Saint-Hippolyte sur le Doubs, époux de Marguerite de Charny, de cacher ce trésor.
                   C'est en 1418 que le linceul arriva à Saint-Hippolyte, là où, d'après l'abbé Loye ancien curé de St Hippolyte, historien local en 1909, fut écrit le libellé du reçu écrit par Humbert de la Roche, je cite " Nous Humbert de la Roche certifions que, pendant les troubles, pour crainte des courses ordinaires, nous avons reçu en notre foi et sauvegarde des mains de nos chers chapelains, doyen et chapitre de l'Eglise de Lirey, les vases, reliques ci-dessous mentionnés: Le drap auquel est la représentation de la figure de Notre Seigneur Jésus Christ, dans un coffre gravé aux armes de la maison de Charny. Lesquelles choses nous gardons sous notre bonne foi, et promettons religieusement et inviolablement en notre nom et de tous en la puissance desquels, elles pourraient tomber par notre moyen de les restituer à l'église de Lirey, la paix rétablie en France. En foi de quoi nous avons signé les présentes, données le 6 juillet 1418."
                   Le Comte Humbert de la Roch mourut en 1458, il échoua à sa veuve Marguerite, d'avoir à perpétuer la promesse faite, ce qu'elle ne fit pas avec un zèle exemplaire, sans toutefois être exempte de pressions de toutes parts, pour qu'elle restitue la relique à l'Eglise. Marguerite de Charny, aurait même été excommuniée en rapport à la résistance qu'elle mettait à rendre le précieux trésor ! Après des palabres, des voyages, des contacts, elle remit en mai 1452, le suaire au Duc Louis de Savoie.
                   Des questions se posent forcément : Marguerite, si réticente à remettre son trésor, n'a t-elle pas avec des connivences fait exécuter une copie de la relique par un artiste talentueux de l'époque ? Le suaire actuellement à Turin ne serait qu'une copie, ainsi que l'atteste certains scientifiques, dont certains laboratoires ont conclu que le tissu pouvait admettre une datation au carbone 14, située entre 1260 et 1390 ! Des polémiques existent… Elles n'ont pas cessé et continueront à ce sujet ! Qui peut détenir la vérité dans cette affaire, il est curieux que certaines dates coïncident, curieux que l'Eglise n'accepte pas une étude plus générale de la pièce de drap. Je penserais aussi que les templiers ont joué avant 1357 un rôle important dans la conservation de la relique, et si cette dernière a parcouru le monde, eux seuls avaient l'organisation pour le faire. L'Enigme cependant se situe plus précisément entre 1357 et 1452, époque où la famille de Charny et Marguerite de la Roche, détenaient la relique. Chacun peut en effet laisser ses rêves, et penser en son âme et conscience. A chacun de se faire une opinion, et peut être un jour la vérité sur l'affaire éclatera… En tous les cas, certains cherchent, continueront à chercher ad vitam eternam !   A Villiger
l'intérieur actuel de l'église de Saint Hippolyte sur le Doubs, célèbre pour avoir abrité le Saint Suaire...

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7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 16:34

     

                   Sire Philippe le Templier prend la plume pour nous conter une très vieille légende que sa sœur l’Abbesse Clémence lui a transmise. L’origine en est très lointaine, bien avant le Moyen Age. Le mythe de la fée serpent est universel et très ancien, on retrouve des histoires semblables chez les Celtes, les Romains, les contes Arabes et même au Japon… En France c’est le roman en prose de Jean d’Arras écrit au Moyen Age entre 1387 et 1392 qui a contribué à sa popularité. Peut être que vous-même, un soir au coin du feu, vous raconterez à vos petits enfants cette belle légende, contribuant ainsi à la transmission orale de nos contes, légendes et traditions... Je laisse la parole à Philippe…  

 
 
                   Je vais vous conter aujourd’hui, à défaut des grandes douleurs du Moyen Age, une histoire que Clémence a recopiée et enluminé et qu’elle m’a racontée, je parle donc par sa bouche. Il s’agit du mythe de Mélusine, grande bâtisseuse et grande amoureuse s’il en fut… Histoire faite de rencontres et de coups de foudre, et mettant en relief l’inconstance des hommes et leur méfiance funeste.
 
                   Nous sommes loin dans le temps de la légende et de l’histoire entremêlées, le Roi d’Ecosse Elinas, chassant, rencontre en forêt une femme se baignant nue dans une fontaine (à la claire fontaine), il s’agit de la Fée Persine, la reine des Fées d’Ecosse. Elinas rempli d’amour la contemple, tandis que celle-ci lui annonce que leurs vies vont se mêler en un amour parfait, néanmoins, pour que cela soit, Elinas doit promettre de ne jamais rencontrer Persine durant ses couches, Fou d’amour, Elinas jure tout ce que l’on veut. Le marché étant conclu, Persine met au monde trois filles : Mélusine, Mélior, et Palestine. Malheureusement le bonheur comme toute chose est éphémère, Mataquas, fils d’un premier lit d’Elinas distille le doute dans l’esprit de son père, tant et si bien qu’un jour ce dernier surprend Persine et ses trois filles au bain. Fatalitas.. ! Le couple se sépare et la Fée disparaît alors avec ses trois enfants pour la célèbre île d’Avallon où elle élève seule et dans le chagrin Mélusine, Mélior et Palestine. Du sommet de l’île elle contemple l’Ecosse et ressasse sa rancœur : ses filles s’en aperçoivent et à l’appel de l’aînée, Mélusine, elles décident de venger leur mère. Devenues expertes en sciences occultes elles enferment par magie leur père au sein d’une montagne. Apprenant le sort funeste d’Elinas, Persine maudit ses trois filles et les chasse d’Avallon, prédisant à Mélusine, seule responsable à ses yeux, un avenir incertain : tous les samedis (jour de sabbat) elle sera changée en femme à queue de serpent, personne ne pouvant la voir durant cette période, et surtout pas un hypothétique époux. Persine prédit également à Mélusine qu’elle sera la source d’une nombreuse descendance noble et célèbre. Mélior quant à elle deviendra la Reine des étoiles filantes, tandis que Palestine sera princesse des cygnes blancs…
 
                   Mélusine chassée d’Avallon entre en terre de France, plus précisément en Poitou, et passant de nuit près de la Fontaine de Sée, en forêt de Colombier, se dénude et se baigne à la clarté de l’astre des nuits. Dans les environs, Raimondin, compagnon du Comte de Poitou, galope furieusement, car… Fatalitas… Il a occis son oncle Aimeri lors d’un accident de chasse. L’histoire se répète, rencontrant Mélusine, il tombe en amour et oublie ses tourments, la Fée lui promettant la félicité à condition de ne jamais chercher à la rencontrer le samedi. Raimondin, pardonné pour la mort d’Aimeri obtient le fief de Lusignan (nom qui deviendra fort célèbre), épouse Mélusine dans une chapelle construite dans la nuit par cette dernière. La Serpente Fée donne alors tout son art à la construction : abbayes, églises, châteaux, aidée en cela par le Petit Peuple des Lutins, Farfadets et autres Korrigans. Ainsi sortent de terre grâce à la Fée Architecte, Tiffauges, Talmont, Parthenay, Vouvant, les tours de la Rochelle et de Niort et tant et tant d’autres. Il ne faut surtout pas déranger la Fée dans son œuvre, sinon le travail sera inachevé, ainsi il manque la dernière pierre de la flèche de l’église de Parthenay.
 
                   De son union avec Raimondin elle aura dix fils, bizarres, bizarres, l’un a une griffe de lion, l’autre une grande dent, un gros nez, les yeux pers, voire une peau de serpent comme sa mère. Fatalitas, l’histoire se répétant et la jalousie aidant, Raimondin conseillé par son frère le Comte de Forez craignant une tromperie surprend un samedi Mélusine en Serpente Fée au bain, cette dernière lance alors un cri déchirant et s’envole par la fenêtre, disparaissant et quittant Raimondin pour toujours… Raimondin fou de douleur se fait ermite au Monastère de Montserrat, tandis que la fée, mère avant tout revient en cachette s’occuper des ses dix enfants, lesquels deviendront les ancêtres de lignées fabuleuses.
 
                   L’on dit qu’elle est toujours présente, veillant sur son petit monde, et qu’elle apparaît lorsque l’un de ses héritiers est proche du trépas ou lorsque l’une de ses constructions doit quitter le legs familial. On la nommera alors la Mère Lusigne (mère des Lusignan, l’un d’entre eux deviendra un jour Roi de Jérusalem, mais ceci est une autre histoire) Par cette légende, nous retrouvons quelque peu le mythe d’Isis et de celui de Médée... Comme quoi l’inconstance et la méfiance sont de toutes les époques.
 
 
 
 

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3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 21:20
 
                  Médiéval et Moyen Age accueille un article proposé par « Louvre Passion » un passionnant et superbe site sur le musée du Louvre à Paris. On découvre dans cet article que nos ancêtres du Moyen Age étaient aussi des « fines gueules » et que déjà il valait mieux être à la table du Seigneur que du pauvre serf ou paysan. Visitez ce site ami « Louvre Passion »
 
                   A chaque période de l’histoire correspond un type de repas, au Moyen-âge c’est le festin. La table est assez simpliste pour nos goûts modernes, en guise d’assiette chaque convive a devant lui un « pain tranchoir » qui sert à recevoir les plats. Les aliments liquides sont versés dans des écuelles, en général une pour deux personnes. Il y a des couteaux et des cuillères mais les fourchettes n’apparaissent qu’au XIVe siècle. Le décor est composé de tapisseries aux murs et de la « nef » au centre de la salle, il s’agit d’un objet décoratif en métal précieux qui accueille la salière ou le couteau d’un grand personnage.
                   Quant les chroniqueurs nous racontent un festin ils décrivent les vêtements, la musique, la décoration mais ne précisent pas ce que l’on mange. En fait les festins sont des évènement mondains et politiques, l’occasion pour l’hôte de faire étalage de sa richesse et de sa puissance, la gastronomie est une donnée accessoire. Quant aux cuisiniers ils sont en général illettrés et se transmettent leur savoir oralement. Les plus anciens livres de cuisine datent du XIVe siècle, donc de la fin de l’époque médiévale, il s’agit du « Viandier » de Taillevent (de son vrai nom Guillaume Tirel) et du « Ménagier de Paris » datant de 1392. C’est à partir des recettes de ces ouvrages que l’on peut extrapoler sur la gastronomie des périodes précédentes.
                   Beaucoup d’aliments qui sont pour nous courants étaient inconnus de nos ancêtres : la pomme de terre, le café, le thé, le chocolat, les bananes, les kiwis, la dinde… tous ce qui nous vient des autres continents. De même les goûts sont très différents et nous trouverions sans doute les plats médiévaux immangeables, par exemple on aime servir de grands oiseaux tels que les cygnes ou les paons, recousus dans leur plumage. Nos ancêtres assaisonnent aussi les plats à l’aide de « verjus », une sorte de vinaigre très acide pour nos goûts modernes. La distinction salé / sucré n’est pas aussi nette que de nos jours, à notre assaisonnement sel poivre, on préfère le safran, le gingembre et des épices issues de pays orientaux.
                   Voici quelques aliments que l’on trouve couramment sur les tables : anguilles de la Marne, harengs de Fécamp, tripes, pois, fèves, poireaux, laitues, cresson, noisettes, nèfles, poires, pommes, fromages de Brie, pâtés, lièvres, vins « économique » d’Etampes, du Mans de Rennes et « grands crus » de Provence, Saint Emilion et Bourgogne. Comme en tous temps, la qualité et la variété sont pour les riches ou les puissants, les paysans et les pauvres doivent se contenter de soupes de légumes ou d’herbes, de pain noir et très rarement de viande. Ajoutez à cela la disette et la famine qui s’abattent dès que la récolte est mauvaise ou après le passage des soudards et des grandes compagnies pillardes.
                   Ce que l’on mange doit tenir compte des difficultés de transport et de conservation. Au Moyen-âge, les moyens de transports sont quasi inexistants et il n’y a pas de réseaux de routes et de canaux. La nourriture que l’on consomme provient donc des campagnes environnantes, si l’on habite au bord d’un fleuve ou près d’un port on profite des produits de la pêche et de quelques arrivages de bateaux marchands.
                   La nourriture se conserve difficilement, les techniques de congélation et les conserves n’existent pas encore. Les animaux sont abattus au début de l’hiver car les fermiers n’ont pas les moyens d’en nourrir beaucoup durant l’hiver, ils gardent seulement les reproducteurs. La viande est fumée ou salée et suspendue aux poutres des greniers hors de portée des rats. Les légumes verts sont conservés dans des grands pots avec des couches de sel, les herbes, les champignons et les fruits du verger sont séchés. L’hiver est donc une période difficile il faut prévoir des réserves et espérer qu’elles ne pourriront pas.
                   Pour les puissants se nourrir est souvent synonyme de peur du poison, mais nous savons aujourd’hui que la plupart des décès étaient causés, non par des poisons, mais par des viandes avariées, des intoxications provenant de l’eau des puits (parfois proches des cimetières), de l’utilisation d’herbes aromatiques dont certains dosages peuvent être dangereux. En bref du manque d’hygiène général.
 
 
(Sources : « L’office et la bouche – Histoire des mœurs de la table en France 1300 – 1789 » de Barbara Ketcham Wheaton)
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2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 12:21

 

                                     Bonsoir c'est Moriganne, toujours pas la forme le vieux sorcier, il a rendez vous lundi chez  son ostéopathe (ses potions ne servent pas à grand chose, c'est purement mécanique) J'espère qu'il va arriver à le débloquer car pour l'instant c'est pas facile et douloureux pour lui. Je rentre deux jours... et qui c'est qui doit faire le travail... enfin l'urgent... Devinez ! Car privé de clavier un sorcier c'est infernal ! Fait ci, fait ça, va voir celui là... Comme si je n'avais rien à faire avec ma licence qui arrive.. Enfin jai l'habitude !! je vous quitte et retourne à mes études, enfin si la neige ne me bloque pas, à bientôt et gros bisous à vous tous. Moriganne 

                 Et voilà… 5 mois d’humidité dans notre belle région du Doubs, et la neige qui revient… mes cervicales n’ont pas résisté… Arrêt de travail, massages et ostéopathe au menu du vieux sorcier (là je me sens vraiment… Vieux !) Autant vous dire que je vais être peu présent avec vous ces prochains jours, ne m’en voulez pas si je ne réponds pas aux commentaires (et il y aurait de quoi en ce moment !) et si je ne vous visite pas… je ne fais pas la gueule ! Cependant les nouveaux articles (moins sujet à polémiques…Hi hi...) vont paraître car en boite, et même une « Lettre de nouvelles » avec la suite des aventures d’Indiana-Honorius… Je vous signale aussi que la Dragonne fait paraître ce jour un nouvel article que je lui ai confié : « Tout tout tout vous saurez tout sur l’vieux sorcier » (en réponse aux nombreuses chaines proposées !). Pour les Amis d’OB, merci aussi de remonter mon fil dans le forum (vos blogs) Je vous dis à tous à bientôt… et bisous les filles. Honorius

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1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 11:42

 

 
                        Très anciens, venant souvent de la lointaine Antiquité ou du Moyen Age, les proverbes de nos campagnes expriment la longue expérience des paysans, des bergers, des gens au contact avec la nature, le cours des saisons en vérifie souvent l’exactitude, mais pas toujours… On oublie tout simplement que le même cycle des saisons ne se reproduit que tous les 10 ou 15 ans, ce qui explique alors qu’une année un proverbe sera juste, et l’année suivante faux… Mais comme il existe de nombreux proverbes sur la même saison, il y en aura toujours quelques-uns uns qui confirmeront la sagesse ancestrale de nos anciens… Et entre nous, de nos jours, ne pensez-vous pas qu’avec la déforestation intensive, la pollution à outrance et autres « conneries humaines » on ne lui fait pas perdre un peu la boule à la nature… Voici la sélection des proverbes de Médiéval et Moyen Age pour le mois de mars.
 
. En mars, si le paon crie Léon… reste à la maison…
 
. Taille tôt, taille tard la vigne, rien ne vaut la taille de mars…
 
. Pluie de mars, ne vaut pas pisse de renard…
 
. Le soleil de mars donne des rhumes tenaces…
 
. Chaud le 19mars (St Joseph) l’été sera bref…
 
. S’il tonne le 21 mars (St Benoît) il y aura plus de vin que de noix…
 
 
 

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