4 décembre 2005 7 04 /12 /décembre /2005 17:54
 
                                        Pendant le moyen-age le troubadour  écrit et compose chansons et poèmes en langue vulgaire (pas en latin !) pour les beaux yeux de sa Dame. On appelle  ce genre littéraire l’Amour Courtois, amour souvent platonique, ou il était de bon ton pour une Dame mariée d’avoir son troubadour ou son trouvère (ne rêvez pas Mesdames !)… Le troubadour écrivait en Occitan, le trouvère en langue d’oïl. On pense que c’est Guillaume de Poitiers qui au XIIe siècle lança ce genre littéraire. Ce qu’on sait moins c’est que des Damoiselles ont aussi écrit de très beaux textes… En voici un  de la comtesse Béatrice de Die. On sait peu de chose à son sujet, on suppose que c’était la fille de Guillaume de Poitiers et qu’elle était amoureuse de Raimbaud d’Orange… Amour sans retour et contrarié par l’inconstance de celui ci ! Je vous livre ce texte en l’état original, avec cependant une traduction (merci Heimrich)… Car je suis bien bon (rires)
 
 
 
 
A chantar m'er de so qu'eu non volria 
Il me faut chanter à propos de ce que je ne voudrais
 
pas, tant j'ai de rancœur envers celui dont je suis
A chantar m'er de so qu'eu non volria 
l'amie, car moi je l'aime plus que nulle autre chose
tan me rancur de lui cui sui amia 
qui soit, mais devant lui ne valent merci ni courtoisie,
car eu l'am mais que nula ren que sia 
ni ma beauté, ni mon mérite, ni mon esprit, car je
vas lui no-m val merces ni cortezia 
suis trompée et trahie ainsi que ce devrait l'être si je
ni ma beltatz ni mos pretz ni mos sens 
n'étais pas avenante.
qu'atressi-m sui enganada e traia 
 
com degr'esser s'eu fos dezavinens.
De ceci je me console, que je n'ai point failli, ami,
             
envers vous, par nulle mauvaise conduite car je vous
D'aisso-m conort car anc non fi falhensa 
aime plus que Seguin n'aima jamais Valence et il
amics vas vos per nula captenensa 
me plaît beaucoup que d'aimer je puisse vous
ans vos am mais non fetz Seguis Valensa 
vaincre, mon ami, vous qui êtes le plus vaillant vous
e platz mi mout quez eu d'amar vos vensa lo
me montrez votre orgueil dans vos propos et en
meus amics car etz lo plus valens 
apparence, alors que vous êtes si franc envers
mi faitz orgolh en digz et en parvensa 
toute autre personne.
e si etz francs vas totas autras gens.
 
             
Je suis bien étonnée [de voir] comment votre coeur
             
se montre prétentieux envers moi, ami, pour cela j'ai
Be-m meravilh com vostre cors s'orgolha 
des motifs qui m'attristent : il n'est pas juste qu'un
amics vas me per qu'ai razon que-m dolha non
autre amour vous éloigne de moi quels que soient
es ges dregz qu'autr'amors vos mi [tolha 
ce qu'il vous dit et comment il vous accueille. Et
per nula ren que-us diga ni acolha 
souvenez-vous quels furent les débuts de notre
e membre vos quals fo-l comensamens 
amour ! Que jamais Dieu ne veuille que je porte la
de nostr'amor ja Domnedeus non volha 
faute de notre séparation !
qu'en ma colpa sia-l departimens.
 
             
La grande valeur qui en votre coeur réside et le noble
             
mérite que vous avez m'irritent, car je n'en connais
Proeza grans qu'el vostre cors s'aizina 
pas une lointaine ou proche qui, si elle désire aimer,
e lo rics pretz qu'avetz m'en ataina 
vers vous ne s'incline, mais vous, ami, vous avez
qu'una non sai lonhdana ni vezina 
tant de jugement que vous devez bien connaître la
si vol amar vas vos non si'aclina 
plus fine (fidèle) et souvenez-vous de nos
mas vos amics etz ben tan conoissens 
conventions.
que ben devetz conoisser la plus fina 
 
e membre vos de nostres convinens.
Je dois faire valoir mon mérite et ma naissance et
             
ma beauté et davantage ma sincérité de coeur,
Valer mi deu mos pretz e mos paratges 
c'est pourquoi je vous envoie, là-bas où vous
e ma beutatz e plus mos fis coratges 
demeurez, cette chanson en guise de messager et
per qu'eu vos mand lai on es vostr'estatges 
je veux savoir, mon bel et noble ami, pourquoi vous
esta chanson que me sia messatges 
vous montrez envers moi aussi rude et si sauvage:
e volh saber lo meus bels amics gens 
je ne sais si c'est par orgueil ou bien par cruauté.
per que vos m'etz tan fers ni tan salvatges non
 
sai si s'es orgolhs o mals talens.
Mais ainsi, surtout, je veux que tu lui dises,
              
messager, que par excès d'orgueil ont grand
Mas aitan plus volh li digas messatges 
dommage maintes gens !
qu'en trop d'orgolh an gran dan manhtas gens.
 
             
 
             
 

 

 
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Publié par Honorius - dans Un peu d'histoire
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1 décembre 2005 4 01 /12 /décembre /2005 19:49
 
                                       Tenir le haut du pavé (avoir une position sociale supérieure) Nous connaissons tous cette expression qui nous vient sans doute du lointain Moyen-Age. Les rues des villes d'autrefois avaient l’aspect de nos rues piétonnes actuelles,  elles étaient pavées. Mais la comparaison s’arrête là ! Car les progrès qu’avaient apportés les romains avec le « tout à l’égout » (cloaca maxima de Rome) étant tombés en désuétude, l’évacuation des eaux usées se faisait par le milieu des rues qui étaient en forme de « V », un peu à l’image des rivières. Le milieu donc était plus bas pour laisser couler les eaux usées et les côtés remontaient vers les façades des maisons. En rasant les murs ou en longeant les façades, c’est-à-dire vers le "haut du pavé", on se tenait à distance des saletés naviguant au milieu de la rue. Les personnages de haut rang avaient semble-t-il droit d’office au haut du pavé….. Ne dit-on pas qu’on est tous égaux ! Pour arranger tout ça, il arrivait que les habitants des étages des maisons lancent au milieu de la rue toute sorte de déchets, y compris le contenu des pots... de chambre ! Criaient-ils à ce moment «  l’eau » pour que les passants fassent attention ! C’est fort possible… Merci à mon Ami AnjAlain pour cet article (visitez son site en cliquant sur son nom, il est en construction mais cela promet !) Pendant ce temps, le vieux sorcier se repose… Et il en a bien besoin !
 
 
les villes au moyen-âge http://medieval-moyen-age.net 
 
 
 
 
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Publié par Honorius - dans Un peu d'histoire
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28 novembre 2005 1 28 /11 /novembre /2005 12:58

 

                                       On situe l’origine du premier château de Pierrefonds vers le XIIe ou XIIIe siècle de l’époque médiévale. Mais c’est en 1393 que Louis d’Orléans fait construire le château que nous connaissons aujourd’hui. Il sera dès 1396 transformé en puissante forteresse. L’histoire de ce château, comme beaucoup de places fortes,  sera alors une longue suite de guerres et de conquêtes… Louis XIII le démantèlera définitivement en 1617, et ce ne serait plus qu’un tas de pierres de nos jours si Napoléon III n’avait décidé d’en faire une résidence impériale. C’est Violet de Duc en 1858 qui entreprend la reconstruction du château de Pierrefonds. Architecte, passionné de l’histoire du Moyen-age, il parcoure la France avec Prosper Mérimée (inspecteur des monuments historiques) et sauve de la ruine de nombreuses constructions médiévales qui sont aujourd’hui (et quoiqu’en disent  les mauvaises langues) la fierté de notre pays (la basilique de Vézelay, la cité de Carcassonne, Notre Dame de Paris…)  On a énormément critiqué Violet de Duc pour ses initiatives architecturales, ses interprétations personnelles de la restauration des monuments du moyen-âge. Le château de Pierrefonds n’est-il pas sa propre idéalisation du château médiéval, teinté du romantisme de son siècle… Cependant sans lui, de nombreux témoignages de notre passé ne serait plus que lointains souvenirs, alors je le dis, au risque de déplaire à certains puristes… Merci monsieur Violet de Duc, qui au moins aura fait quelque chose… Et que nos restaurateurs et gouvernements actuels prennent conscience de l’urgence de la restauration et de l’entretien de notre patrimoine historique, dans le respect des traditions anciennes et du code d’architecture de l’époque… Mais pour cela il faut des moyens et surtout la volonté de le faire ! Qu’on se le dise…Si un jour nous voulons que nos arrière-petits-enfants s’émerveillent encore de la beauté et des richesses de notre patrimoine ancien.
 
 
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Publié par Honorius - dans Patrimoine
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24 novembre 2005 4 24 /11 /novembre /2005 22:19

 

                                        Novembre, un mois riche en proverbes anciens. En voici quelques uns.... de saison. Très pris jusqu'à Dimanche je vous retrouve Lundi pour la visite et la réponse à vos commentaires. Un conseil, abonnez vous à notre lettre d'informations.... On y trouve de nombreuses photos inédites... et depuis peu le nouveau roman photo de Médiéval et Moyen-Age : les aventures d'Indiana-Honorius...

 

Passé la saint Clément, ne sème plus de froment

A la sainte Catherine... tout bois prend racine

Tant d'heures de soleil à la Toussaint, tant de semaines à souffler dans ses mains

Quand on voit un hiver avant Noël, on est sûr d'en avoir deux...

 

 ... Et là vu ce qu'il se passe en ce moment dehors, on est encore pas sorti de l'auberge !

 

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22 novembre 2005 2 22 /11 /novembre /2005 20:52

 

                                         Une légende qui sent le souffre (cela va faire plaisir à quelques fidèles !). De retour de  Rome ou il s’était rendu en pèlerinage aux tombeaux des apôtres, saint Dizier se dirigeait vers l’oratoire consacré à saint Martin  (voir notre précédent article sur l’église de saint Dizier) Il traversait avec ses deux compagnons un profond bois ou le diable rodait depuis longtemps. Celui ci, furieux de voir un saint homme fouler son domaine, surgit d’un buisson ou il s’était tapi, et de ses griffes immondes s’empara de l’évêque. Il le souleva pour le jeter ensuite brutalement sur un grand rocher plat… Mais ce que le Malin (pas si malin que cela !) n’avait pas prévu, c’est que ses sabots fourchus encore chauds des flammes de l’enfer, s’enfoncèrent dans la pierre devenue miraculeusement tendre comme du sable… Aussi miraculeusement il se retrouva prisonnier de la pierre redevenue dure… Le saint homme, après avoir remercié Dieu de sa protection, délivra la terrible  créature. Le Diable couvert de honte, s’enfuit alors… On peut encore voir de nos jours dans un petit bois proche du village de  Villars le Sec, les traces profondes laissées par le démon dans la grande pierre couchée (antique autel celte ou barbare…) et celles plus légères des sandales du saint. Ce lieu de nos jours est facilement accessible. J’ai cependant souvenir, il y a de nombreuses années, d’une visite nocturne avec quelques amis… A cette époque la forêt était encore dense et profonde autour de la clairière… et comme chargée d’énergie... La grande roche crépitait d’une force mystérieuse… Je dois avouer que ce jour là, les courageux aventuriers se sauvèrent, avec une peur… du diable !
 
 
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