24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 10:34
 
              Le château de Ventadour, dans le département de la Corrèze, ruine médiévale romantique a vu naître le troubadour Bernard de Ventadour (1125). Il était fils d'un domestique. Très vite il révèle un talent poétique au-dessus de la moyenne et devient ainsi le plus tendre et le plus passionné des représentants de l'amour courtois (le fin'amor).
              La jeune vicomtesse est trop fervente des vers brûlants du troubadour qui est instruit, sait bien chanter et possède un beau physique. Le vicomte, propriétaire du château, intervient et éloigne le poète qui est accueilli par la duchesse de Normandie. Elle aussi écoute les vers passionnés du poète mais devient reine d'Angleterre.
              Bernard va à la cour du comte de Toulouse pour oublier sa peine, mais en vain. Rempli de douleur, il se retire dans l'abbaye de Dalon pour y mourir (1200 ?)
 
 
Quan vei la lauzeta mover               Quand je vois l'alouette, de joie agiter
De joi sas alas contra-l rai               Ses ailes contre le rayon [du soleil]
Que s'oblid'e-s laissa chazer           Qui s'oublie et se laisse tomber à cause
Per la doussor qu'al cor li vai           De la douceur qui pénètre son cœur
Ai! Tan grans enveia m'en ve          Ah! Quelle grande envie me vient
De cui qu'eu veia jauzion                  De tous ceux que je vois joyeux !
Meravilhas ai car desse                    Et je m'émerveille qu'aussitôt
Lo cor de dezirier no-m fon.             Mon cœur ne se fonde point de désir
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                    Les ruines du romantique château médiéval de Ventadour
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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 13:37

 

               Bien souvent, lors de mes rencontres médiévales,  l’on me demande de conter et d’expliquer au mieux le siège et la prise des villes fortifiées et des châteaux forts au Moyen-Âge, ce que je tente de faire au mieux de mes modestes connaissances.
               Tout d’abord, pourquoi faut-il assiéger les places fortes ? La réponse semble évidente : afin de remporter la victoire sur l’adversaire, tout comme lors d’une partie du très antique et très noble jeu des Echecs.
              Ainsi, depuis la plus haute antiquité, il est vrai que se sont toujours les assaillants qui l’emportèrent sur les défenseurs (dans l’absolu), néanmoins il est bon de se souvenir que souvent la prise fut la conséquence directe d’un fait quelconque, voire anodin, telle qu’une ruse souvent grossière. Il suffit pour s’en assurer de consulter notre Maître à tous, le Divin Homère et son célèbre Cheval de Troie.. Il en fut ainsi pour tant et tant de siège…
              A ce moment il faut faire un choix pour n’être pas trop long, aussi je pense que Carcassonne, Montségur, Château Gaillard, le Krak des Chevaliers et Constantinople peuvent étayer mes dires.
 
Carcassonne et Montségur
 
              Nous sommes en plein durant la croisade du Nord Franc contre le Sud Cathare de notre belle France. Les Tenants d’Oc (sud) sont s’il se peut, les plus dignes représentants de l’Honneur de la Chevalerie, tandis que les Tenants d’Oïl (nord) sont les plus efficaces guerriers. Un jour, Simon de Montfort, chef de la Croisade Nordiste se trouve devant Carcassonne et décrète le siège à outrance. Le très jeune et très crédule Vicomte Trencavel, souhaitant qu’il n’y ait pas de victimes se rend auprès des assaillants pour conclure une trêve : il est arrêté, par Montfort et de ce fait la ville se rend, faute de Chef, et pensant ainsi sauver Trencavel, otage de Montfort : le jeune Vicomte mourra de privation et de froid dans ses propres geôles…
La guerre dure déjà depuis trop longtemps, beaucoup sont morts, et les Croisés pensent que Montségur est responsable, du fait de sa notoriété de la poursuite de la guerre. Le siège est décidé. Ici une trahison permet aux assaillants d’escalader une falaise à pic avec moults pièces de bois et de prendre pied sur un replat proche du château, là ils construisent une arme célèbre et efficace : un trébuchet.  Très rapidement devant l’effondrement de la muraille, Montségur se rend avec les suites que l’on connait (bûcher général)…
 
Château Gaillard 
 
              A cette époque, deux grands souverains se disputent des lambeaux de la terre de France : Philippe le Second « Auguste », roi de France, très calculateur et très guerrier, et Richard Premier « Cœur de Lion », roi d’Angleterre, très chevaleresque et également également surnommé « oc et non », en raison de son indécision. Sur la frontière des deux états, Richard fait bâtir la très puissante forteresse de Château Gaillard, il disait d’ailleurs, parlant du château « qu’elle est Belle ma Pucelle d’un an » se basant sur la rapidité de construction, et son aspect imprenable, triple enceinte et fossés profonds. Et pourtant, après un siège assez féroce, quelques vaillants soldats français se glissent par les latrines et ouvrent le pont-levis, sonnant par cela même le glas de la « Pucelle »…
 
Le Krak des Chevaliers  
 
              Construit en Terre Sainte par les Croisés, passant aux mains des Hospitaliers qui le fortifièrent énormément à tel point qu’il résistera à plus d’une douzaine d’attaques Sarrasines. Même le grand Saladin sera repoussé en1271. L’aspect du Krak est effrayant pour les assaillants .A le regarder, l’on sait que la mort nous attend…Il n’y a que la ville d’Alep qui puisse rivaliser en fortifications. Et pourtant ce monstre sera pris par ruse : assiégé par le Sultan Baybars, défendu par quelques rudes combattants, le Krak tombera à la suite de la réception d’un message venu par pigeon voyageur, message émanant du Grand Maître des Hospitaliers et préconisant la reddition de la place faute d’improbables secours. Les Chevaliers obéissent, cèdent le Krak, Baybars s’en empare. Mais le message, d’où venait-il ? De Baybars lui-même ! Il graciera d’ailleurs les défenseurs qui quitteront la place avec armes et bagages…
 
Constantinople 
 
              Il s’agit à l’époque de la plus importante ville du Moyen Age : trois enceintes, fossé de 18 mètres profond de six, deux murailles comportant chacune 96 tours construites en quinconce : un monstre qui faisait peur, et pourtant en 1204, les Guerriers de la quatrième croisade, pourtant alliés dans l’absolu, prirent l’énorme ville ceci tout simplement en jetant des ponts de bois entre leur navires et les murailles. Il semblerait que les défenseurs de la ville n’avaient pas été payés et que la défense se  soit relâchée… Toujours est-il que cela fut la répétition générale de la chute définitive et sanglante de la ville de Constantin en 1453 par Mehmed Deux, date qui marqua la fin du Moyen Age.
 
              Tout ceci pour dire que rien n’est jamais acquis et que l’Histoire est souvent facétieuse : il faut donc méditer sur l’éternité des choses et des personnes et vivre sa vie pleinement…
 
Philippe le Templier
 
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11 septembre 2006 1 11 /09 /septembre /2006 18:27

 

              Coucou c’est Lilith la chatte de la sorcière. Vous connaissez mon défaut… je farfouille partout, toujours à l’affût d’une découverte insolite… Et bien là j’en ai fait une qui m’a cloué le bec (et croyez moi il faut le faire !) Un clip musical du vieux sorcier, et oui il fait aussi de la musique, du genre Médiéval et Moyen-Âge... Je pense que cela ne vous étonne pas. Il y a un moment qu’il mijotait cela, mais cela traînait un peu avec ses vertiges, entre nous je me demande à quoi serve ses potions… Oui je sais je suis mauvaise langue, mais vous connaissez le proverbe… Qui aime bien… chat…ie bien !  Bon je me sauve avant qu’il m’attrape, quoique en ce moment il ne risque pas de m’attraper… Hi hi !!! Je vous laisse voir et écouter LE CLIP VIDEO du vieux sorcier… Cette fois cela fonctionne.... petit problème technique... Hi hi !Bisous
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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 10:02

 

              Voici la suite du passionnant article de Dame Hermine sur les épices de l’époque médiévale…
 
              Au Moyen-âge, ce sont les « Maistre queux » qui ont l’art de maîtriser les épices. Ils en mettent partout : mets salés ou sucrés, boissons… tous en contiennent. Le plus souvent elles sont ajoutées en fin de cuisson, après avoir été réduites en poudre placée dans un nouet (sachet de tissu) que l’on retire du plat avant de servir. Et sacrebleu… ! Ne faites jamais bouillir les épices, vous gâcheriez leur arôme. Elles ne sont pas éternelles et leur goût diminue avec le temps. Il faut les conserver dans un endroit sec, à l’abri de la lumière et dans des boîtes bien fermées.
Les cuisiniers médiévaux ont une véritable connaissance de l’utilisation des épices, de leur dosage et de leur association. Dans leurs recettes, ils mettent en pratique les conseils diététiques et les théories médicales que l’on trouve dans des ouvrages sur la santé (Regimen Sanitatis).
 
              Chaque épice a une saveur particulière et des propriétés caractéristiques.
 
Le safran : C’est une variété particulière de crocus. Il faut 300 000 pistils de la fleur pour obtenir 500g de safran. Au MA, son prix est 12 fois celui du gingembre. Il est employé presque dans toutes les recettes, surtout parce qu’il colore en jaune les plats. Il a un goût âcre, amer et piquant, mais une bonne infusion de safran est recommandée avant et après les festins médiévaux.
La mythologie raconte que le dieu Hermès jouant au disque avec son ami Crocos le blessa mortellement au front. Son sang se répandit sur le sol et donna naissance à la fleur du Crocus Sativus.
 
Les poivres : Le poivre long (Piper Longum) domine la cuisine jusqu’au XIIe siècle puis il est remplacé peu à peu par le poivre rond (Piper Nigrum). Le poivre sert de monnaie d’échange : il vaut l’or de l’époque. Il est utilisé en assemblage avec le sel. Les poivres sont inodores, leurs goûts sont plus ou moins piquants et brûlants.
Le poivre de Guinée appelé maniguette ou graine de paradis remplace les vrais poivres qui sont hors de prix ou lors de pénurie.
 
Le gingembre : Ses racines s’utilisent fraîches, séchées, moulues, en poudre ou marinées. Elles s’associent bien avec la cannelle. D’un goût piquant, citronné et fruité, elles parfument à merveille les mets et les boissons. Tous les festins se terminent par du gingembre roulé dans du miel.
 
Le clou de girofle : C’est le bouton floral du giroflier. Une poignée vaut le prix d’un mouton et d’un demi bœuf ! Il est incontournable dans les boissons alcoolisées du MA. Son goût est très fort et brûle légèrement. Il sent très fort. Au MA on pique une orange de clous de girofle puis on fixe à sa ceinture cette « pomme d »ambre » pour combattre les mauvaises odeurs et les épidémies de peste.
 
La cardamome : Ses cosses renferment des graines que l’on réduit en poudre. Au MA c’est une des 3 épices les plus chères. Elle s’associe aussi bien au salé qu’au sucré : elle a un arôme délicat sucré et piquant. Elle laisse un arrière-goût qui ressemble au citron, à la bergamote.
 
La cannelle : C’est l’écorce séchée, en morceaux ou moulue qu’on utilise en faible quantité. Son arôme est puissant. C’est Marco Polo (1254 – 1324) qui la découvre et la ramène à Venise après 24 ans de voyage sur la Route de la Soie vers la Chine.
 
La muscade et le macis : La noix de muscade n’est pas le fruit du muscadier mais le noyau de son fruit. La pulpe du fruit et son enveloppe forment le macis dont la saveur est plus douce que celle de la noix : c’est l’épice reine aux yeux du cuisinier Taillevent. Attention la noix de muscade est classée comme toxique : une noix ingérée entièrement provoque des évanouissements qui peuvent être fatals.
 
              En cuisine, le dosage des épices dépend principalement du goût, de l’expérience du cuisinier. Certaines épices s’associent à merveille : cannelle et gingembre, cannelle et muscade, cannelle et cardamome, coriandre et muscade, maniguette et macis, sauge et gingembre. Certaines épices peuvent se substituer à d’autres : galanga ou gingembre, macis ou muscade, poivre noir ou maniguette. Quant à la saveur du safran (du vrai !) elle se suffit bien souvent à elle-même.
 
A suivre…
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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 09:24

 

              Voici le premier article de la Saga des épices concocté par Dame Hermine la cuisinière des Flambeaux de l’Allan, et rédigé par son mercenaire de mari, Heimrich l’empaleur…
 
               De tous temps, les épices pimentent la nourriture et même la vie des hommes. Elles jouent un rôle important dans l’histoire culinaire, culturelle voire scientifique. Elles fascinent par leurs parfums, leurs saveurs et leurs vertus médicinales. Il leur est même attribué des pouvoirs magiques et aphrodisiaques. (Maître Honorius en détient encore les secrets… mais il n’est pas prêt à les dévoiler… le bougre).
              De la Grèce antique jusqu’aux débuts des temps modernes, la route des Epices est aussi celle de la Soie : elle part de Chine, traverse l’Asie pour atteindre l’Europe, en empruntant dans les deux sens les pistes caravanières. Tout au long de cette route terrestre, entre l’Orient et l’Occident, les riches marchands gardent, jusqu’aux Croisades, le contrôle des échanges commerciaux : de la soie contre des épices, des épices contre des bijoux, des fourrures, des couvertures de laine ou de la vaisselle de luxe.
              C’est au Moyen-âge que se développe une véritable folie pour les épices : poivres, girofle, cannelle, muscade et macis, gingembre, cardamome, safran, sumac, galanga… Les Croisades, de 1096 à 1270, contribuent à mieux les faire connaître : les pèlerins en rapportent de Terre Sainte. Les marchands colportent sur elles des récits fabuleux : la graine de paradis n’est-elle pas pêché au moyen de filets dans les eaux du Nil (qui, comme chacun sait, prend sa source au jardin d’Eden !). Quant aux bâtons de cannelle ce sont les brindilles des nids de gros oiseaux carnivores (pour se les procurer il faut appâter les oiseaux avec de la viande d’âne pendant que quelqu’un grimpe dans l’arbre et vole les brins…). Ces histoires étranges entretiennent la curiosité des clients fortunés qui veulent absolument posséder des épices.
              Alors la demande d’épices s’accroît considérablement et leur prix est de plus en plus élevé. La valeur d’une épice peut être multipliée par 100 pendant son voyage entre Calcutta et Venise : les transports à dos de chameaux ou de dromadaires sont périlleux : ils traversent des régions aux reliefs escarpés et souvent les riches cargaisons tombent aux mains de bandits. Les marchands arabes, vénitiens essaient toujours de réaliser d’importants profits : une livre de safran coûte autant qu’un cheval, une de gingembre vaut un mouton, une de cannelle un bœuf et les poivres s’équilibrent avec l’Or.
              Les épices sont des emblèmes de richesse et marquent la classe sociale ; Elles servent de monnaie d’échange, de rançon, de redevance vassalique. Elles complètent les dots et il est d’usage d’en offrir une petite boîte à ses visiteurs ; Il est aussi coutumier de rémunérer les magistrats en épices pour obtenir d’eux une faveur… Les épices frelatées deviennent très vite monnaie courante parce que la demande est plus importante que l’offre et que tout le monde veut s’enrichir rapidement. Les tromperies les plus fréquentes consistent à remplacer le poivre en poudre par de la poudre de nigelle ou de genièvre, le safran par des pétales séchés de fleurs de soucis… Mais les autorités réagissent et des contrefacteurs d’épices sont brûlés vifs avec leurs marchandises, d’autres se voient couper une main.
              N’est pas épicier (ou apothicaire) qui veut ! (C’est la même profession). Trois années d’apprentissage, puis trois autres de compagnonnage sont nécessaires pour exercer le métier et avoir le droit d’ouvrir une échoppe en ville. Les épices (toutes plantes aromatiques) sont conservées dans des pots en terre. L’épicier les vend à la pièce, à la drachme (3,24g), à l’once (30g), à la livre… Il est obligé de tenir des comptes … d’apothicaire… parbleu !
 
 A suivre….
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