14 décembre 2005 3 14 /12 /décembre /2005 19:34

 

                                       Othon de Granson est né vers 1330 dans le canton de Vaux, Chevalier, homme de guerre,  Croisé en Orient, il mourra en 1397 à Bourg-en-Bresse lors d’un duel judiciaire, on l’accusait d’avoir assassiné Amédée VII (le comte rouge), c’était à mon avis plutôt une sordide histoire de possession de terre… C’est sans doute aussi le plus grand poète suisse du Moyen-Age. Ayant vécu à la Cour de Savoie, c’est en français qu’il nous laissera ses plus jolis textes. Il restera pour beaucoup le prototype de l’amant mélancolique vêtu de noir, mais annonce aussi par ses textes (pas toujours pour la même Dame) la crise et bientôt la fin de l’amour courtois…je vous livre donc un de ses poèmes (et merci à notre Heimrich l’empaleur, membre des Flambeaux de l’Allan ) La superbe illustration est de la grande artiste Magali Villeneuve, visitez son site, il est magnifique…
 
 
 

La grand beauté de vo viaire clair
 
La grand beauté de vo viaire clair
Et la douceur dont vous êtes parée
Me fait de vous si fort énamouré,
Chère dame, qu’avoir ne puis durée.
A toute heure est en vous ma pensée.
Désir m’assaut durement par rigueur.
Et si par vous ne m’est grâce donnée,
En languissant définiront mes jours.
      
Allégement ne pourraie trouver
Du mal que j’ai par créature née,
Si par vous non, en qui veut affermer
Entièrement mon cœur, sans dessevrée.
Il est vôtre, longtemps vous ai aimée
Céléement, sans en faire clameur.
Et si l’amour de vous m’est refusée
En languissant définiront mes jours.
       
Ci vous supplie humblement que passer
Ma requête veuillez, s’il vous agrée.
Assez pouvez connaître mon penser
Par ma chanson, qui ballade est nommée.
Plus ne vous dis, belle très désirée,
Démontrez-moi, s’il vous plaît, vo douceur,
Car autrement soyez acertainée,
En languissant définiront mes jours.

 

 

dessin de Magali Villeneuve 

 

 
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11 décembre 2005 7 11 /12 /décembre /2005 15:11

 

                                        Samedi 10 décembre 2005, un grand jour pour le sorcier Honorius, membre des Flambeaux de l’Allan et Maître de Médiéval et Moyen-Age… La rencontre avec la célèbre Sorcière et Fée Carabosse…Cette journée a commencé sous un beau soleil, Dame Belette et Maître Honorius sont montés dans leur chariote pour une ballade d’une cinquantaine de kilomètres… Grâce à ses grimoires magiques la localisation de l’antre de la sorcière est facile… Un accueil chaleureux nous est réservé dans ce charmant village d’Alsace et Carabosse nous présente sa sympathique petite famille et nous a fait déguster ses nombreux philtres (cherche t’elle à nous envoûter … étrange elle n’en boit pas !) dont une eau de feu excellente à base d’un fruit rouge que l’on trouve en juin… Mais le temps passe vite, c’est  l’heure de rejoindre le but de notre visite, le petit marché médiéval de Zillisheim. Le temps est froid et sec, et un vin chaud et parfumé aux épices n’est pas de trop pour réchauffer ma vieille carcasse…Je découvre un petit marché de Noël traditionnel, comme je  les aime… Milles odeurs qui tentent les papilles, le regard émerveillés des enfants, la foule joyeuse qui s’agglutine autour des petites cabanes ou se consument des bougies parfumées, des marchands souriants mais transits, vêtus comme dans l’ancien temps, des fées et des sorcières… un campement médiéval (j’en reparlerais)… de la paille sur le sol, des feu de bois qui crépitent… Nous quittons à regret ce marché de Noël symbole d’une antique tradition du lointain moyen-âge.  L’origine du marché de Noël remonterait au temps lointain des carolingiens, le seigneur offrant a ses serviteurs un banquet et quelques cadeaux pour les récompenser... Cette fête traditionnelle attirait beaucoup de monde, et les marchands à cette occasion toujours à la recherche de bonnes affaires, envahissaient les places des villes et des villages… Nous retournons ensuite chez notre Amie, ou une « légère » collation nous attendait.. Choucroute, pâté chaud en croûte, douceurs diverses, le tout arrosé de divers nectars que ne renierait pas Bacchus… Le vieux sorcier avait la peau du ventre bien tendue qu’en l’heure du retour, tardive, fut venu ! Heureusement la chariote magique connaît bien le chemin du retour, et c’est sans encombre que le court voyage de retour se passa. Pour une fois, j’ai fait un peu la grâce matinée (non je n’ai pas mal aux cheveux !), avant de reprendre le clavier, pour cette aventure vous narrer.. (Cela rime !) Nous garderons longtemps en mémoire Dame Belette et moi, cette riche rencontre… Et la prochaine fois… c’est Carabosse et sa tribu qui viendra chez nous !
 
 
medieval et moyen-âge flambeaux de l'allan http://medieval-moyen-age.net
 
 
 
medieval et moyen-âge flambeaux de l'allan http://medieval-moyenage.net
 
 
 
 
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10 décembre 2005 6 10 /12 /décembre /2005 21:03

 

                Souvenez vous, le vieux sorcier Honorius de Médiéval et Moyen-Age a participé à un petit concours, en écrivant un petit poème (sur le thème de la première fois) pour le blog de notre amie Elisabeth... Et bien j'ai gagné... Super content...Ma récompense est un superbe poème de François Villon ... Allez le lire    ICI CHEZ ELISABETH....  et n'oubliez pas de rendre aussi visite CHAQUE JOUR à la radio de Marisa qui doit survivre...Merci pour elle... et Amitiés à vous tous...

 

 

 

 

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9 décembre 2005 5 09 /12 /décembre /2005 19:43

 

                                      Juste une petite info de Médiéval et Moyen-Age, pour ceux qui pensent que pendant que les autres écrivent des articles sur son blog, Honorius se tourne les pouces (rires)...  J'ai relevé le défi de mon Amie Elisabeth, qui consiste à écrire un texte ou un poème sur le thème de la première fois... Je vous incite donc à découvrir un poème exclusif du vieux sorcier  ICI, et en même temps à visiter le blog de cette grande Amie de l'écriture. Et pour la Dragonne, je vais pondre (normal, pour une Dragonne !) prochainement un article... qui me sortira de mon contexte historique, médiéval et moyen-âge... Un petit truc plutôt Héroic Fantasy... Cela me changera ! Et j'ai un autre défi qui date d'un certain  temps pour une autre Amie, un poème avec des mots imposés... je n'oublie pas ! Et dire que certaines mauvaises langues m'accusent de fainéant (feignant ou faignant... pour les puristes de l'écriture...) !

 

 

 

 

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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 20:26

 

                                        La contrée de Médiéval et Moyen-Age est envahie par des créatures écailleuses, les guerriers des Flambeaux de l’Allan sont tous sous les remparts de Jérusalem… Seul le vieux sorcier résiste… Mais sa poudre anti-Dragon s’épuise… Trêve de plaisanterie, j’ai lancé un défi a mon Amie la Dragonne (visitez son site cela vaut le coup !) elle l’a relevé brillamment. Je vous livre donc sa prose… Intégralement… et sans censure ! Et pendant ce temps... le vieux sorcier se repose (hé, hé...)
 
Bonjour
 
Là, problème le vieux sorcier Honorius, s’est transformé (pouf !) l’espace d’un article, en … une dragonne écailleuse et gesticulante (j’sais pas si vous avez gagné au change remarquez) Faut dire qu’il m’a gentiment proposé de venir faire un tour du côté des moyenâgeux, et vous commencez à me connaître, dès que je vois de la lumière… faut que j’aille voir ce qui se passe (curieuse?) J’sais pas, mais j’espère que ce n’est pas une invocation, style « J’en appelle au cornu pour que son « familier » pointe ses narines », parce qu’il est pas tiré de l’auberge et la contre-invocation, il a intérêt à la maîtriser s’il ne veut pas que je lui bouffe ses grimoires moi !
 
On va point causer maléfices, potions, onguents de toute sorte. On va causer…  fringues enfin chaussures. Celui qui dit « ça m’étonne pas d’une nana ça ! » a intérêt vite fait à se trouver un bassin bien rempli, pour y soulager son valseur !
 
Moi, ça me paraît logique ! Honorius nous parle des rues pas très praticables de l’époque et ça fait automatiquement « pling ! » dans ma caboche. Comment se baladaient les moyenâgeux  (pas en santiag’ certainement et encore moins en tongs !) pour pas se retrouver avec la plante des pieds bien cradingue ?
 
Je ne connaissais qu’un nom (reste de mes cours d’histoire de l’époque) les poulaines ! 
 
 
 
Dessin de la dragonne http://opera-farfelu.over-blog.com/
 
 
 
A votre avis, pourquoi ce nom ? Je vous arrête tout de suite, ce n’est pas à cause de la matière employée (du velours ou du cuir d’accord, mais pas de petite canassonne) Deux sortes de cuirs : la basane (tous les cuirs communs) et le cordouan (cuir de Cordoue, super prisé, mais coûtant la peau des fesses, et majoritairement blanc, pourpre ou doré)
 
Ces pompes ont fait fureur entre le 14ème et le 15ème siècle et seraient originaires de… Pologne, d’où le nom tripatouillé. Au commencement, l'église  (encore elle !) avait crié au scandale et avait presque mis cette nouvelle mode vestimentaire au rang des hérésies.
 
Ce n’était pas de vulgaires chaussures, non mes braves gens ! C’était une marque de statut social ! La poulaine est en gros, une sorte de chausson souple au bout très long et retourné (le nez en trompette quoi) Etant donné qu’à une époque, le roi (cherchez, j’ai oublié le numéro) avait décidé que les nobles n’avaient droit qu’à une tenue d’apparat, ils ont dû trouver un autre moyen de faire mieux que le voisin : les pompes (il n’avait pas parlé des chaussures et c’était une grave erreur, on s’engouffre toujours dans la faille d’une loi quelconque)
Donc, ça a été la surenchère, côté nombre de godillots et surtout dimension de ceux-ci ! Les bouts en étaient maintenus à l’aide de baleines et de garnitures, et parfois même attachés aux genoux avec des chaînettes. La longueur étant proportionnelle au rang et à la fortune, ducs et princes ont été autorisés à porter des chaussures atteignant deux fois et demie la longueur de leurs pieds (plus de 60 centimètres de long pour certains donc) La haute aristocratie a droit à deux fois, les chevaliers, une fois et demie, les gens riches une fois et le Dupont du coin, une demi-fois seulement.
Et  on pouvait chausser une paire dépareillée (comme les chaussettes au réveil pour certains) ou intervertir les chaussures sans problème, pour les user moins vite, étant donné qu’il a fallut attendre le vingtième siècle pour qu’on ait un pied droit et un pied gauche différenciés.
Certains rois se faisaient représenter par leurs chaussures placées devant le trône ou à table quand ils ne pouvaient pas être de la fête.
 
Evidemment, il y avait d’autres chaussures, dont les estiviaux, espèces de brodequins à l'usage des fashion-victimes de l’époque. Ils n'étaient pas de cuir, mais de velours, de brocard ou d’une autre étoffe de soie. Vous vous doutez bien que ces estiviaux n’étaient couramment portés que par temps sec, donc l’été (d’où le nom) Si ça intéresse d’ailleurs quelqu’un de faire une recherche sur tous les autres godillots moyenâgeux,  à vos copies !
 
Bon voilà, j’ai rempli ma mission et maître Honorius, peut dessiner ses pentacles les plus tarabiscotés, pour me renvoyer dans mon… blog (mais attention, comme les vampires, quand on m’a invitée à entrer, je peux revenir quand ça me chante… alors gare !)
 
Bonne journée
La dragonne
 
 
 
   
 
 
 
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