14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 15:04

 

L’ortie est un légume oublié du moyen age. Connue depuis la préhistoire, l’ortie à l’époque médiévale était utilisée comme légume, surtout en guise d’épinard. Cependant les recettes qui l’accommodent sont nombreuses : soupes, poirées, purées, tourtes, gratins, quiches, omelettes, soufflés…

 

On sait de nos jours que c’est le légume vert le plus riche en protéine, on y trouve aussi des vitamines et des sels minéraux bénéfiques pour la santé. L’ortie a aussi de nombreuses vertus médicales. Au XIIe siècle l’abbesse Hildegarde de Binguen, célèbre médecin qui avait une grande connaissance des simples, recommande l’ortie contre les maux d’estomac. On sert les parties souterraine et aérienne. Les feuilles ont des propriétés diverses : diurétique, antirhumatismale, tonique, minéralisante… Pour la petite histoire, dans certaines régions on fouettait les douleurs rhumatismales avec des orties fraîches ! Ailleurs, pour apprendre à vivre aux gamins turbulents, c’est leurs fesses qui connaissaient ce traitement…

 

En agriculture on donnait les feuilles hachées aux poules pour les inciter à pondre. Mélangées à l’avoine des chevaux, les feuilles d’orties lustraient leur pelage et les rendaient fringants. Donnée aux vaches, l’ortie stimulait la production laitière. Ajoutez quelques poignées de feuilles d’ortie hachées dans le fond des trous de plantation et vous verrez la différence ! En magie, on pensait qu’associée à d’autres herbes, l’ortie permettait d’attraper les poissons à la main ou de vaincre la peur.

 

Elles servent également en cosmétologie puisqu’elles interviennent dans la fabrication de nombreux produits. Une recette simple contre la calvitie et pour la repousse des cheveux : on plonge les feuilles d’ortie dans l’eau froide, on laisse macérer un peu. Puis on réalise une décoction en faisant bouillir l’eau pendant environ 15 minutes. On filtre la mixture dans un bas en pressant les plantes, puis on applique cette lotion refroidie sur les cheveux en massant bien le cuir chevelu.  

 

Vous voyez, l’ortie à de nombreuses vertus et vous la verrez maintenant d’un autre œil. Gardez la précieusement au jardin, ce n’est pas une mauvaise herbe, car même si elle pique, elle ne vous veut que du bien !

 

Voici maintenant la recette d’une délicieuse soupe, bon appétit !

 

Il faut 150 gr de feuilles d’ortie (jeune si possible) une demi baguette de pain rassis, 100 gr d’amande entière (ou en poudre), deux blancs de poireau. On coupe le poireau en petits morceaux, on met poireau et feuilles d’ortie dans 2 litres d’eau salée, puis on cuit à gros bouillon pendant environ 30 minutes. Pendant ce temps broyez le pain et les amandes dans un pilon. Au bout des trente minutes à gros bouillon, rajoutez dans la casserole le pain et les amandes, continuez la cuisson à petit bouillon environ 5 minutes. Ajustez l’assaisonnement en sel et poivre suivant votre goût. Il ne reste plus qu’à déguster ! 

 

 

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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 14:09

 

              Pour clore la série sur les épices, voici le dernier article de Dame Hermine qui nous donne deux recettes (*) où les épices tiennent bonne place.  

 

La poudre d’épices :  

 

Elle peut s’utiliser pour parfumer des tartes, des sauces, des marinades et être saupoudrée sur des viandes, des poissons à griller ou à rôtir.   

10 g de gingembre en poudre, 10 g de coriandre en poudre,  15 g de cannelle en poudre,  10 g de cardamome,  5 g de clou de girofle en poudre,  1 g de muscade râpée. 

 

La Sauce Cameline :   

 

Douce, onctueuse et parfumée, elle peut accompagner toutes les viandes (volailles, gibiers, porc, …) : 50g de raisins secs, 50g d’épine vinette, 80g d’amandes en poudre, 1 cuiller à soupe bombée de miel ou de sucre, 1 cuiller à café arasée de gingembre en poudre, 3 cuillers à café arasées de cannelle en poudre, 2 cuillers à café arasées de cardamome en poudre, ¼ de noix de muscade râpée, 80 g de mie de pain sec, vin rouge (à ajuster).  

Faire tremper les raisins secs dans le vin rouge (la veille ou 4 h avant). Broyer au mixer les amandes, les épices, le sucre puis les raisins secs et la mie de pain. Ajouter de l’eau progressivement pour obtenir un liquide fluide. Ajouter les épines vinettes entières et environ ¼ l de vin rouge. Faire chauffer tout doucement en remuant sinon cela attache. Maintenir à frémissement une dizaine de min. Ajuster le vin rouge suivant la consistance désirée.  

 

A vos Ripailles épicées !!!! Bon appétit !!!!  

 

(*) D’après le Mesnagier de Paris, texte d'économie domestique écrit vers 1393 par un bourgeois de Paris pour sa très jeune épouse ou l’on retrouve de nombreuses recettes médiévales  

 

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Et c'est bon.... la preuve !

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Publié par Dame Hermine - dans Recettes de cuisine
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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 10:02

 

              Voici la suite du passionnant article de Dame Hermine sur les épices de l’époque médiévale…
 
              Au Moyen-âge, ce sont les « Maistre queux » qui ont l’art de maîtriser les épices. Ils en mettent partout : mets salés ou sucrés, boissons… tous en contiennent. Le plus souvent elles sont ajoutées en fin de cuisson, après avoir été réduites en poudre placée dans un nouet (sachet de tissu) que l’on retire du plat avant de servir. Et sacrebleu… ! Ne faites jamais bouillir les épices, vous gâcheriez leur arôme. Elles ne sont pas éternelles et leur goût diminue avec le temps. Il faut les conserver dans un endroit sec, à l’abri de la lumière et dans des boîtes bien fermées.
Les cuisiniers médiévaux ont une véritable connaissance de l’utilisation des épices, de leur dosage et de leur association. Dans leurs recettes, ils mettent en pratique les conseils diététiques et les théories médicales que l’on trouve dans des ouvrages sur la santé (Regimen Sanitatis).
 
              Chaque épice a une saveur particulière et des propriétés caractéristiques.
 
Le safran : C’est une variété particulière de crocus. Il faut 300 000 pistils de la fleur pour obtenir 500g de safran. Au MA, son prix est 12 fois celui du gingembre. Il est employé presque dans toutes les recettes, surtout parce qu’il colore en jaune les plats. Il a un goût âcre, amer et piquant, mais une bonne infusion de safran est recommandée avant et après les festins médiévaux.
La mythologie raconte que le dieu Hermès jouant au disque avec son ami Crocos le blessa mortellement au front. Son sang se répandit sur le sol et donna naissance à la fleur du Crocus Sativus.
 
Les poivres : Le poivre long (Piper Longum) domine la cuisine jusqu’au XIIe siècle puis il est remplacé peu à peu par le poivre rond (Piper Nigrum). Le poivre sert de monnaie d’échange : il vaut l’or de l’époque. Il est utilisé en assemblage avec le sel. Les poivres sont inodores, leurs goûts sont plus ou moins piquants et brûlants.
Le poivre de Guinée appelé maniguette ou graine de paradis remplace les vrais poivres qui sont hors de prix ou lors de pénurie.
 
Le gingembre : Ses racines s’utilisent fraîches, séchées, moulues, en poudre ou marinées. Elles s’associent bien avec la cannelle. D’un goût piquant, citronné et fruité, elles parfument à merveille les mets et les boissons. Tous les festins se terminent par du gingembre roulé dans du miel.
 
Le clou de girofle : C’est le bouton floral du giroflier. Une poignée vaut le prix d’un mouton et d’un demi bœuf ! Il est incontournable dans les boissons alcoolisées du MA. Son goût est très fort et brûle légèrement. Il sent très fort. Au MA on pique une orange de clous de girofle puis on fixe à sa ceinture cette « pomme d »ambre » pour combattre les mauvaises odeurs et les épidémies de peste.
 
La cardamome : Ses cosses renferment des graines que l’on réduit en poudre. Au MA c’est une des 3 épices les plus chères. Elle s’associe aussi bien au salé qu’au sucré : elle a un arôme délicat sucré et piquant. Elle laisse un arrière-goût qui ressemble au citron, à la bergamote.
 
La cannelle : C’est l’écorce séchée, en morceaux ou moulue qu’on utilise en faible quantité. Son arôme est puissant. C’est Marco Polo (1254 – 1324) qui la découvre et la ramène à Venise après 24 ans de voyage sur la Route de la Soie vers la Chine.
 
La muscade et le macis : La noix de muscade n’est pas le fruit du muscadier mais le noyau de son fruit. La pulpe du fruit et son enveloppe forment le macis dont la saveur est plus douce que celle de la noix : c’est l’épice reine aux yeux du cuisinier Taillevent. Attention la noix de muscade est classée comme toxique : une noix ingérée entièrement provoque des évanouissements qui peuvent être fatals.
 
              En cuisine, le dosage des épices dépend principalement du goût, de l’expérience du cuisinier. Certaines épices s’associent à merveille : cannelle et gingembre, cannelle et muscade, cannelle et cardamome, coriandre et muscade, maniguette et macis, sauge et gingembre. Certaines épices peuvent se substituer à d’autres : galanga ou gingembre, macis ou muscade, poivre noir ou maniguette. Quant à la saveur du safran (du vrai !) elle se suffit bien souvent à elle-même.
 
A suivre…
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Publié par Dame Hermine - dans Recettes de cuisine
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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 09:24

 

              Voici le premier article de la Saga des épices concocté par Dame Hermine la cuisinière des Flambeaux de l’Allan, et rédigé par son mercenaire de mari, Heimrich l’empaleur…
 
               De tous temps, les épices pimentent la nourriture et même la vie des hommes. Elles jouent un rôle important dans l’histoire culinaire, culturelle voire scientifique. Elles fascinent par leurs parfums, leurs saveurs et leurs vertus médicinales. Il leur est même attribué des pouvoirs magiques et aphrodisiaques. (Maître Honorius en détient encore les secrets… mais il n’est pas prêt à les dévoiler… le bougre).
              De la Grèce antique jusqu’aux débuts des temps modernes, la route des Epices est aussi celle de la Soie : elle part de Chine, traverse l’Asie pour atteindre l’Europe, en empruntant dans les deux sens les pistes caravanières. Tout au long de cette route terrestre, entre l’Orient et l’Occident, les riches marchands gardent, jusqu’aux Croisades, le contrôle des échanges commerciaux : de la soie contre des épices, des épices contre des bijoux, des fourrures, des couvertures de laine ou de la vaisselle de luxe.
              C’est au Moyen-âge que se développe une véritable folie pour les épices : poivres, girofle, cannelle, muscade et macis, gingembre, cardamome, safran, sumac, galanga… Les Croisades, de 1096 à 1270, contribuent à mieux les faire connaître : les pèlerins en rapportent de Terre Sainte. Les marchands colportent sur elles des récits fabuleux : la graine de paradis n’est-elle pas pêché au moyen de filets dans les eaux du Nil (qui, comme chacun sait, prend sa source au jardin d’Eden !). Quant aux bâtons de cannelle ce sont les brindilles des nids de gros oiseaux carnivores (pour se les procurer il faut appâter les oiseaux avec de la viande d’âne pendant que quelqu’un grimpe dans l’arbre et vole les brins…). Ces histoires étranges entretiennent la curiosité des clients fortunés qui veulent absolument posséder des épices.
              Alors la demande d’épices s’accroît considérablement et leur prix est de plus en plus élevé. La valeur d’une épice peut être multipliée par 100 pendant son voyage entre Calcutta et Venise : les transports à dos de chameaux ou de dromadaires sont périlleux : ils traversent des régions aux reliefs escarpés et souvent les riches cargaisons tombent aux mains de bandits. Les marchands arabes, vénitiens essaient toujours de réaliser d’importants profits : une livre de safran coûte autant qu’un cheval, une de gingembre vaut un mouton, une de cannelle un bœuf et les poivres s’équilibrent avec l’Or.
              Les épices sont des emblèmes de richesse et marquent la classe sociale ; Elles servent de monnaie d’échange, de rançon, de redevance vassalique. Elles complètent les dots et il est d’usage d’en offrir une petite boîte à ses visiteurs ; Il est aussi coutumier de rémunérer les magistrats en épices pour obtenir d’eux une faveur… Les épices frelatées deviennent très vite monnaie courante parce que la demande est plus importante que l’offre et que tout le monde veut s’enrichir rapidement. Les tromperies les plus fréquentes consistent à remplacer le poivre en poudre par de la poudre de nigelle ou de genièvre, le safran par des pétales séchés de fleurs de soucis… Mais les autorités réagissent et des contrefacteurs d’épices sont brûlés vifs avec leurs marchandises, d’autres se voient couper une main.
              N’est pas épicier (ou apothicaire) qui veut ! (C’est la même profession). Trois années d’apprentissage, puis trois autres de compagnonnage sont nécessaires pour exercer le métier et avoir le droit d’ouvrir une échoppe en ville. Les épices (toutes plantes aromatiques) sont conservées dans des pots en terre. L’épicier les vend à la pièce, à la drachme (3,24g), à l’once (30g), à la livre… Il est obligé de tenir des comptes … d’apothicaire… parbleu !
 
 A suivre….
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Publié par Dame Hermine - dans Recettes de cuisine
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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 10:43

 

                   Une délicieuse recette de soupe à l’ancienne que les paysans et serfs du Moyen Age auraient pût connaître. Elle nous est offerte par Dame la Lionne, dont le site (qui présente de très bonnes recettes de cuisine) est un régal pour les gourmands (es !) et ceux qui aiment entretenir leur petit bedon. Visitez son site ICI et laissez lui un petit commentaire, elle le mérite...
 
Il faudra vous procurer
 
. 1 bonne et grosse saucisse artisanale (une belle Morteau c’est génial !)
. Une belle tranche de lard fumé de nos campagnes
. 1 bel oignon et 2 gousses d’ail (de votre jardin c’est meilleur !)
. 2 branches de céleri
. 6 belles racines (carotte !)
. 2 poireaux entiers
. 4 bonnes poignées d’épeautre (céréale ancienne du moyen âge proche du blé, on en trouve facilement)
. Quelques grains de poivre long (car nous en avons les moyens à notre époque)
. Sel à votre goût
 
                   Couper les carottes et les poireaux dans la longueur, éplucher ails et oignons. Dans une belle marmite faire monter à ébullition 2 litres d’eau de source (pas d’eau javellisée !) Saler l’eau, ajouter la saucisse et le lard, laisser un petit quart d’heure et rajouter légumes, ails, oignons puis l’épeautre et le poivre. Baisser le feu, car le secret de cette soupe réside dans le fait de faire mijoter à feu très doux pendant 3 bonnes heures. Et c’est encore meilleur le lendemain, mais je suis sur que gourmands comme vous êtes, il n’en restera plus, sauf si vous doublez les proportions !
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Une bonne soupe du Moyen Age... Vous en voulez ? Photo prise au marché de Noël de Ribauvillé par http://medieval-moyen-age.net
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