19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 00:00

 

                   Sire Philippe le Templier présente sur Médiéval et Moyen-Age  le récit d’un mystère (devrais-je dire un scandale…) du Moyen-Age… Pensez… une femme Pape ! Je lui laisse la parole.
 
                   Nous sommes au IXe siècle en pleine période médiévale, plus précisément en l’An de Grâce 822 à Ingelheim près de Mayence, ville devenue alors la capitale de la Germanie après la chute de l’empire romain. A l’ombre du palais construit par Charlemagne (grand personnage du Moyen-Age) vient de naître une femme énigmatique s’il en fut, prénommée Jeanne du nom d’une Bienheureuse de l’époque… Elle était fille de moine (oui vous avez bien lu… mais à cette époque cela semblait naturel !) Son père, Gerbert, faisait parti des évangélistes du pays des Angles venus prêcher la bonne parole aux frères Saxons (Les Anglo-Saxons) Gerbert, érudit de la lignée de Bède le Vénérable, avait une grande connaissance pour l’époque et ne se déplaçait jamais sans sa malle de livres… La petite Jeanne baignant dans cet univers de savoir eut donc la chance de pouvoir étudier, ce qui était refusé à l’immense majorité de la gente féminine à cette époque. Elle faisait preuve d’un réel talent. Seule la carrière ecclésiastique lui permettait de pouvoir continuer de solides études,  elle entra donc en religion (comme copiste) sous le nom masculin de Johannes Anglicus (Jean l’Anglais), se coupa les cheveux et porta le teint halé. Elle voyagea énormément de monastères en monastères et fit la connaissance des grands personnages de l’époque. Elle se rendit tout d’abord à Constantinople où elle aurait vu la célèbre Théodora alors impératrice douairière, elle passa par Athènes afin d’obtenir quelques éclaircissements sur la médecine auprès du célèbre Rabbi Isaac Istraeli. De retour en Germanie elle se rend au Regnum Francorum chez le roi Charles le Chauve. Les Abbayes étant nombreuses dans le royaume, elle put donc facilement y exercer ses talents de copiste. Elle rencontre les grands prélats de l’époque comme Hincmar de Reims et fréquente les célèbres Abbayes comme celle de saint Germain des Prés. Elle se fera alors leur messager. Elle fit la connaissance d’alchimistes, se frotta à l’étude du Grand Œuvre et étudia les écrits de l’Arabe Gerbert et de l’Hermès Trismégiste … Elle se rend à Rome en 848 après moultes aventures où elle obtiendra une chaire d’enseignement. En raison de sa réputation de connaissance universelle, elle rencontre le Pape Léon IV et deviendra rapidement son secrétaire aux affaires internationales. Son charisme lui apporte le trône de saint Pierre après la mort de Léon IV. Sous le vocable de Benoît III, malgré plusieurs révolutions de palais et agressions physiques, elle aurait régnée deux ans sur la Chrétienté… Ensuite viendra le temps des légendes : mort de Jeanne en accouchant en pleine procession, chaise percée afin de vérifier par la suite l’aspect mâle du futur Pape, reniements de la Papesse après 700 ans par le clergé catholique, et ironie du clergé orthodoxe…. 
 
                    Pourtant, moi Philippe le Templier j’aime à croire qu’une femme exceptionnelle du IXe siècle ait pu devenir Pape du fait de ses capacités, et de la sainteté de sa vie, et je regrette que sa mémoire ne soit pas révérée comme elle le mériterait.
 
 
 
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15 janvier 2006 7 15 /01 /janvier /2006 00:00

 

                    Voici un article que m’a fait parvenir mon ami AnjAlain pour Médiéval et Moyen-Age. Il nous parle de sa ville, Poitiers si riche en histoire médiévale et dépositaire d’un fabuleux patrimoine du Moyen-Age. Je lui laisse la parole…                   
 
                     L’histoire de France et l’histoire de la ville se sont croisés trop souvent pour que cette rencontre soit fortuite. Les batailles de 507 ( à Vouillé commune située au nord de Poitiers) défaite des Wisigoths devant Clovis, 732 Charles Martel arrête l’invasion des Sarazins, 1356 capture du roi Jean Le Bon par les Anglais (bataille de Nouaillé-Maupertuis) Tous ces évènements sont associés au nom de Poitiers bien qu’elles se soient déroulées à bonne distance des remparts. Leur succession traduit assurément la situation avantageuse de la ville sur une voie de passage fréquentée, à l’approche du seuil du Poitou, qui relie le nord et le sud du pays, située entre Limoges et La Rochelle, Tours et Angoulême. C’est vers le IIIe siècle avant notre ère que les Pictons, les Celtes venus des confins orientaux de la Gaule, choisissent pour capitale le site de Poitiers alors appelé Limonum (la ville del’ormeau) Deux rivières profondément encaissées –le Clain et la Boivre (de Biberis « la rivière auxcastors ») - circonscrivent un éperon de confluence naturellement fortifié. Il faut bien sûr attendre la conquête romaine pour que cet oppidum devienne un centre politique ordonné selon les règles de l’urbanisme. L’amphithéâtre, construit dès le début du Ier siècle, pourrait accueillir en théorie près de 33000 spectateurs. Sous l’effet des invasions barbares, l’espace urbain se rétracte derrière une enceinte longue de 2600 mètres. Le christianisme prend son essor vers 350 avec saint Hilaire, premier docteur de l’Eglise latine d’Occident. Le rayonnement de la cité ne se dément pas à l’époque mérovingienne, en particulier grâce à la reine Radegonde qui choisit de se retirer à Poitiers où elle fonde le monastère Sainte-Croix peu après 550.
 
                    Une étape décisive survient au début du Xe siècle médiéval avec la constitution du duché d’Aquitaine. Les ducs portent le titre du comte de Poitou mais résident moins à Bordeaux qu’à Poitiers où ils soutiennent la construction de monastères. A la fin du XIe siècle, quand se distingue Guillaume le Troubadour, poète aimé des femmes, mais aimant aussi les femmes, auteur de pièces en langue d’oc, la ville abrite une trentaine d’église. Aliénor, héritière de la dynastie, reine de France remariée à Henri II Plantagenêt, futur roi d’Angleterre, s’entoure d’une cour brillante, entreprend vers 1160, la construction d’une nouvelle enceinte, préside à la reconstruction de la cathédrale (chef d’œuvre du Moyen-Age) Il affermit enfin les libertés urbaines en octroyant une charte en 1199. Après la mort d’Aliénor, Philippe Auguste réunit la ville et la province au domaine capétien. A cette date, le réseau des rues, souvent déclives ou tortueuses, est désormais fixé et n’évoluera guère. Pendant la guerre de Cent Ans, Poitiers passe sous la domination anglaise, ouvre ses portes à Du Guesclin en 1372, connaît ensuite une période faste sous le principat de Jean de Berry, héberge Jeanne d’Arc en 1429. Les séjours de Charles VII, roi en quête d’un royaume, sont un atout pour la bonne ville qui y gagne une université en 1431. François Rabelais sera un de ses étudiants. Dans ce contexte, l’imprimerie fait son apparition dès 1479... 
                   L’histoire de cette ville ne s’arrête pas à la fin du Moyen-Age, mais c’est une autre histoire…..
 
 
 
 
 
 
 
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11 janvier 2006 3 11 /01 /janvier /2006 00:00
 
                              Le vieux sorcier Honorius de Médiéval et Moyen-Age et ses amis des Flambeaux de l’Allan ont rencontré sur les fêtes médiévales un personnage mythique, légendaire, fabuleux…. Le Grand Merlin l’enchanteur… Oui vous avez bien lu… Le célèbre mage et sorcier de la cour du Roi Arthur, celui des chevaliers de la table Ronde… Lancelot, Gauvain, Dame Guenièvre, la quête du Graal… Le premier vrai roman populaire et médiéval écrit par Chrétien de Troyes (1135-1190) qui, il faut bien le reconnaître, a beaucoup inspiré nos modernes auteurs d’Héroic Fantasy. Revenons à notre Ami Merlin le magicien (grand sorcier aussi !) qui voyage également dans le temps... C’est un artiste qui propose de fabuleux spectacles, du genre qui font briller les yeux des enfants… et de ceux qui en ont encore l’âme…. Un magicien et illusionniste Belge d’une dextérité exceptionnelle et un agréable compagnon de ripailles, ce qui ne gâche rien… Je vous incite à découvrir son site Merlin l’enchanteur. Je ne souhaite que le croiser à nouveau lors d’une de nos ballades….
 
 
 
 
 
 
 
 
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7 janvier 2006 6 07 /01 /janvier /2006 21:39

 

                         Le Roi est mort… vive le Roi, mais c’est juste pour celui qui trouvera la fève dans la célèbre galette des Rois. Cette coutume traditionnelle remonte au temps des romains, en effet lors des Saturnales (fête en l’honneur du Dieu Saturne) Maîtres et esclaves se retrouvaient dans un grand banquet, celui qui trouvait la fève dans la galette était désigné roi pour … pour un soir. La fève a toujours joué un rôle important dans l’alimentation des hommes, on retrouve sa culture en Egypte ancienne, en Grèce… Les Grecs s’en servaient aussi pour voter et élire les magistrats… Comme souvent l’Eglise Chrétienne s’est appropriée cette tradition « païenne » en la célébrant le jour de l’Epiphanie (jour de l’arrivée des rois mages auprès de l’enfant Jésus) Au moyen-Age, la fève avait une grande importance dans l’alimentation du peuple. Ne l’oublions pas, c’était la seule légumineuse connue avant la découverte du continent américain par Christophe Colomb (officiellement !) La culture de la fève était donc vitale pour les paysans de l’époque médiévale, qui introduisaient une fève dans la traditionnelle galette en faisant le vœu que sa récolte soit abondante… Après une interruption sous la révolution (la royauté était plutôt mal vu à l’époque !) la tradition reprend de plus belle sous le premier empire, pour arriver sur nos modernes tables. On a depuis remplacé la fève légumineuse par des figurines variées, qui font le bonheur des collectionneurs. Même si l’aspect religieux a été en peu oublié, l’Epiphanie reste un grand moment de partage et de convivialité. Et comme au Moyen-Age et durant toute l’époque médiévale, n’oubliez pas la « part du pauvre » avec qui l’on partageait alors la galette…  
 
 
 
 
une superbe illustration du Musée des A.T.P 
 
 
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4 janvier 2006 3 04 /01 /janvier /2006 21:22

 

             Sire Philippe le Templier prend à nouveau la plume pour conter sur Médiéval et Moyen-Age une terrible légende du Moyen-Age… Je lui laisse la parole… Et pendant ce temps, il fait quoi le vieux sorcier… (hi hi) 
 
             Qui était ce personnage : mythe, légende embryon scientifique ? Déjà un psaume de la Bible emploie le mot « Golem » pour expliquer l’origine de l’Homme ADAM dans sa matière première avant que le Dieu d’Israël lui donne le souffle de vie ainsi qu’une âme. 
              La légende raconte que certains vénérables Rabbins experts dans l’étude du Talmud et de la Cabale auraient réussi au Moyen Age a animer une statue d’argile, un Golem, afin de créer un défenseur de la Communauté Juive de l’époque, permettant à celle-ci de survivre, ceci à l’époque des Croisades, fertile en persécutions de toutes origines. 
              Il aurait suffit dit-on de pétrir de l’argile rouge, de former une statue à l’image humaine et de la taille d’un enfant, de lui donner la vie par de multiples incantations et fumigations, mais surtout d’inscrire le mot « EMETH » ce qui signifie VIE sur son front ; l’être créé devenait alors un esclave servile et surtout le défenseur idéal de la Communauté. 
              Les distingués Rabbins avaient juste oublié un détail : la créature grandissait, et bientôt devenu géante devenait de ce fait incontrôlable. La seule solution était d’effacer sur le front du Golem la première lettre du mot « EMETH » (VIE) le transformant en « METH » autrement dit : MORT. Cette ultime solution étant très risquée, plusieurs Rabbins en auraient perdu la vie, écrasés par leur créature devenue une masse inerte d’argile inoffensive. 
              L’époque Médiévale révolue, nous rencontrons fréquemment le Golem durant les multiples périodes de persécution de la Communauté Juive, particulièrement en Europe de l’Est et tout spécialement à Prague, ville alchimique superbe et mystérieuse, où il semblerait, dit la Légende, qu’un Golem repose dans les combles de la très célèbre et très sainte Synagogue Altneuschule (Vieille Neuve Ecole), Joyau du Ghetto, et proche du très joli et très romantique cimetière juif.
 
              Hélas, Hélas, pourquoi le Golem ne s’est-il pas manifesté lors de la dernière et terrible grande persécution du XXème siècle : sans doute la foi et la croyance en ce défenseur n’était plus assez forte, quoique …
 
 
Photo tirée du film "der Golem" de 1920 de Karl Freund 
 
                                                               
                                 
 
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