10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 17:02


Semur en Auxois, la première fête médiévale de l'année 2009 pour les Flambeaux de l'Allan. Une superbe manifestation dans cette ville riche de vestiges du Moyen Age, ceci sous un chaud soleil d'été.

De nombreuses animations ont animé la fête du Roi Chaussé pendant ces deux jours, marché médiéval, tournoi de chevalerie avec les Compagnies Medio Evo et la Petite Flambé, un magnifique défilé avec tous les participants, de belles troupes comme nos amis des « Menestreux de la Branche Rouge », les talentueux musiciens des « Gueule de Loups » ou les inoubliables et hilarants « Gueux de S'mur »,  bien d'autres encore...  

Honorius le vieux sorcier a bien entendu usé et abusé de ses sortilèges pour capturer avec sa machine diabolique quelques belles gravures en couleur que vous pouvez découvrir ICI.

Si vous appréciez notre site Médiéval et Moyen Age, j'en profite pour vous inciter à vous inscrire à notre Newsletter, il y a toujours de belles images inédites jointes à elle... Un petit vote sur Weborama de temps en temps ce serait sympa aussi (voir dans le menu). L'illustration de cet article vous présente quelques membres de notre troupe médiévale ainsi que deux ou trois amis...

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Publié par Honorius - dans Nos promenades
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 17:07

 

     Au Moyen Age, seigneurs et bourgeois pratiquent deux sortes de chasse : la chasse à courre et la volerie.
 

     La chasse à courre se pratique en repérant et en poursuivant un animal à cheval avec une meute de chiens. Quand la bête est cernée ou affaiblie, on la met à mort avec un épieu, une dague ou une lance : pour le sanglier l'arme utilisée est l'épée car plus noble, pour le cerf l'homme descend de son cheval. Cette chasse se pratique en forêt dans un espace délimité : surtout pour les cervidés et le sanglier. Au XV eme siècle, il y aura même tout un cérémonial social avec costumes de saison particuliers, mise à mort et dépeçage. Très onéreuse en personnels, chevaux et chiens elle restera l'apanage des plus riches car signe de puissance.

 

     Contrairement à la chasse à courre, la chasse au vol se pratique en terrain découvert et nous serait venue d'Asie Centrale. Elle concerne le gibier à plumes : perdrix, faisans, canards, grues, hérons, cygnes. Beaucoup plus statique que la chasse à courre, elle a lieu toute l'année sauf en période de mue. Les meilleures heures de chasse sont le matin et la fin de l'après-midi. Moins coûteuse que la chasse à courre elle est aussi ouverte aux femmes.

 

     Ces deux chasses exigent un personnel nombreux et expérimentés : veneurs, chasseurs, fauconniers, valets de chiens.

 

     Le veneur est choisi jeune vers 7 ans ; il devient valet vers 14 ans et à 20 il devient aide ; Un bon veneur doit savoir chasser, faire rentrer ses chiens sous bois. Il porte une tenue de cuir pour se protéger des épines et des ronces : verte pour le cerf, grise pour le sanglier), cor pendu au cou, épée pendante à gauche et couteau à dépecer. Il faut aussi citer le personnel chargé de la police de bois et protection du gibier : empêcher le braconnage. On utilise en général 2 races principales de chiens : ombriens et molosses, mais aussi dogues, lévriers et chiens courants.

 

     Pour la chasse au vol, on utilise les rapaces de haut vol et ceux de bas vol. Ceux de haut vol tels le faucon pèlerin, le gerfaut, l'émerillon, le hobereau chassent en terrain découvert. L'autour et l'épervier peuvent poursuivre le gibier sous le couvert. Cette chasse est surtout pratiquée dans le sud de la France. L'élevage et la reproduction des rapaces n'étant pas bien maîtrisés, on a recours à leur capture puis à un dressage long et délicat et jamais parfait. On lui coud les paupières, lui fixe des lanières de cuir aux pattes pour le début du dressage, puis on découd les paupières et on habitue l'oiseau à la lumière. On dresse ensuite l'oiseau à l'obéissance et la saisie des proies : utilisation de leurres.

 

     La chasse constituait un bon dérivatif à l'oisiveté, empêchait le chasseur de commettre les 7 pêchés capitaux et était autant profitable à l'âme qu'au corps. Mais le vrai mobile était le loisir, décrié par l'Eglise car éloignant le chasseur de l'office divin. On la considérait aussi comme un bon entraînement à la guerre...

 

Les références ne manquent pas sur la chasse au Moyen Age, voici deux ouvrages d'époque pour ceux qui voudraient approfondir le sujet... 

 

Le livre de la chasse du Roi Modus

Le livre de la chasse de Gaston Phébus

 

L'illustration est de la Bibliothèque Nationale de France

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Publié par Honorius - dans Un peu d'histoire
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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 11:27

       Voici la seconde partie du voyage imaginaire de Philippe le Templier...

 

       Remontant dans la nef,  je passe auprès du gisant du Roi Philippe Ier inhumé ici en 1108 en ayant désiré être enseveli au sein de cette basilique au plus près du Patriarche des Moines : Benoît de Murcie. Le gisant du Roi le représente couché sur quatre lions, les yeux grands ouverts regardant son avenir incertain dans l'Au-delà. Singulier personnage, singulière histoire : c'est au cours de son règne que se déroula la Première Croisade, avec le succès que l'on sait par la prise de Jérusalem en 1099, et la création de notre Ordre quelques temps plus tard.


      Philippe répudie sa reine Berthe de Frise qui selon lui était trop « grasse », il l'exile au château de Montreuil su Mer (issu de sa propre Dote) où elle mourra. Le Roi s'empresse alors auprès de la très mince, très jolie et très sulfureuse Bertrade de Montfort. Hélas, Bertrade est déjà mariée au Comte Foulque IV d'Anjou dit le Réchin (querelleur). De ce fait, Philippe sera excommunié, le Royaume frappé d'Interdit, par le Pape Urbain II (l'Initiateur de la Ière Croisade). Philippe trouvera malgré tout un Évêque acceptant de prononcer le mariage, ceci réactivant la fureur du pape Urbain et de son successeur Pascal II. Philippe et Bertrade seront dès lors condamnés à se rendre pieds nus et en chemise devant le Saint Père afin de faire amende honorable. Bertrade prendra même le voile à Fontevrault. Cela me fait penser que tout recommence et recommence éternellement : Notre roi Philippe, n'a-t-il pas également des problèmes avec ses reines : Isabelle de Hainaut meurt prématurément après moult scènes de ménages, Ingeburge de Danemark déplait tellement à Philippe, malgré sa très grande beauté que l'on parle de sorcellerie, de ce fait elle se trouve répudiée, enfin Agnès de Méranie, par chance trouve grâce auprès du Roi, il en est même fort épris, ceci même en face du Pape battant froid à Agnès. Hélas, la Reine décède en couches avec le petit Tristan au nom prédestiné. Philippe, de guerre lasse se doit donc de reprendre pour femme Ingeburge, celle-ci deviendra sa veuve et lui survivra treize ans...

 

       Me voici en route pour Coulommiers, en fait, il s'agit d'une très belle Maison, fort bien située, proche de Paris, de Provins et surtout sur la route du sud, celle des départs pour la Terre Sainte. M'étant acquitté de ma mission pour l'Ordre et me reposant le soir dans le dortoir, sur ma paillasse, je pense à ces deux Philippe, Rois de leur état, ayant eu tant de problèmes, les ayant plus ou moins bien résolus, et je conserve dans mon esprit le regard de pierre anxieux de Philippe le Premier, non sans oublier que moi aussi je me nomme Philippe.

 

Sources : La vie de la France et des Français, Le guide Noir de la France, Histoire des Templiers, Généalogie des Rois de France, Généalogie des Reines de Frances, La vie des Papes, photos personnelles ...


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Publié par Honorius - dans Nos promenades
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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 14:08

 

        Voici la première partie d'un voyage imaginaire de Philippe le templier à l'époque du Moyen Age...

 

 

        Nous sommes en l'An de Grâce 1215, notre belle Terre des Lys est alors sous la houlette de très haut et très puissant Roi Philippe II que l'on commence à nommer « Auguste » depuis sa magnifique victoire de Bouvines, l'année précédente, face à une fameuse coalition comprenant l'Angleterre, la Flandre et l'Allemagne. Après sa nette victoire Philippe ramènera  en cage de fer, son « Ami » Renaud de Dammartin, lequel l'avait honteusement trahi, celui ci mourra emprisonné en la forteresse de Peronne...

 

         Pour ma part, je m'apprête à quitter ma Maison du Temple sise à Sainte Eulalie, ville qui fut offerte à notre Saint Ordre par Raymond Béranger, Roi d'Aragon et Comte de Barcelone en 1159, en récompense de notre aide au cours de la Reconquista sur les Maures d'Espagne. Je dois donc me rendre à notre Maison de Coulommiers, sur l'ordre de notre Grand Maître Bertrand de Blanquefort, afin d'acheminer certaine somme prévue pour soutenir nos troupes de l'Ordre en Terre Sainte, face à l'Infidèle.

 

         Chemin faisant, je compte visiter le très sage Abbé de Saint Benoît, dont la famille d'icelui  est apparentée à la notre, ceci depuis quatre générations. J'en profiterais pour faire mes dévotions à Benoît de Murcie, qui est quelque peu notre saint patron à tous, membres d'un Ordre Religieux. Son corps ayant été exhumé au Mont Cassin en Italie vers 672 et rapatrié au sein de notre Gaule par l'Abbé de Fleury.

 

        Arrivant dans la ville du grand Saint, je croisai moult religieux adeptes de Benoît, à la bure noire. Ces hommes paraissaient affairés et quelques peu fatigués, mais toujours vaillants à la tâche. Ne dit-on pas un travail de Bénédictin, en parlant des multiples occupations des Moines Noirs...

 

       Me trouvant devant la Basilique, j'appréciai la stricte ordonnance de la tour porche et des piliers ornés de chapiteaux parlants. J'aime tout particulièrement le Cavalier Blanc, qui à mon sens représente un guerrier Sarrasin tirant à l'arc. J'aime également la Vierge représentée en Reine du Ciel, l'Enfant Dieu en son giron à l'instar d'une Isis, à la manière de nos célèbres Vierges Noires.

 

       Je me dirige alors vers la crypte où un reliquaire magnifique abrite les reliques de Benoît devant lesquels je fais mes dévotions, comme le font la plupart des pèlerins à cette époque très religieuse...

 

A suivre...

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Publié par Philippe le Templier - dans Nos promenades
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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 10:54

C'est Heimrich l'Empaleur qui m'a envoyé cette histoire, une de celle qu'on se racontait le soir autour du feu du temps ou il n'y avait pas de télévision et d'ordinateur....

 

En ce temps-là, Sochaux était un petit groupe de maisons au bord de la plaine de l'Allan creusée de sablières. Des cabanes de pêcheurs étaient construites sur des monticules de terre et parmi celles-ci la cabane de la vieille « Genache ».

Elle vivait principalement de la pêche aux grenouilles, surtout au printemps. Elle en prenait de grandes quantités qu'elle allait vendre au marché. Les méchantes langues disaient que ce pouvaient aussi bien être des cuisses de crapauds car elle vendait aussi des crapauds vivants aux gens qui voulaient se débarrasser des limaces de leur jardin. Les pêcheurs jaloux disaient qu'elle les caressait car le crapaud passait pour la bête du démon.

 

Il faut dire qu'elle était aidée par un « fouletot » (farfadet) qu'elle avait découvert à la mort de son mari alors qu'elle se lamentait sur le sort de misère qui l'attendait.

Comme son mari était pêcheur et qu'elle l'aidait parfois, elle décida de continuer dans ce métier. Et chaque matin, le fouletot était là qui poussait les poissons dans son filet.

 

Pour la pêche aux grenouilles, ils y allaient la nuit. Les yeux du fouletot étaient si brillants que les grenouilles, attirées par la lueur, sautaient dans le panier de la vieille. En toute saison elle avait donc de quoi vendre au marché.

 

On chuchota qu'elle était une genache : une sorcière, et un pêcheur qui la côtoyait au marché fit courir le bruit que ses poissons étaient empoisonnés à la bave de crapaud. On la convoqua devant le seigneur mais les habitants de Sochaux vinrent la soutenir : le fouletot avait secrètement agi en ce sens.

Mais le pêcheur, jaloux, continua sa calomnie, alors le fouletot décida d 'agir pour le calmer. Il alla remplir à ras bord le filet du méchant qui se trouva accusé à son tour de sorcellerie.

 

Il fut obligé d'avouer que c'était lui qui avait été le principal accusateur de la vieille dame. Sa punition fut simple : il redevint le pêcheur malheureux d'autrefois car le fouletot avait délaissé ses filets...


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