23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 12:58

 

Au moyen âge, à Noël, dans plusieurs de nos provinces, on faisait garder sa maison pendant que la famille était à la messe de minuit. Une précaution qu’on ne prenait pas contre d’éventuels voleurs, mais contre les esprits qui pouvaient s'introduire dans la demeure en l'absence des habitants. Le gardien devait faire un feu d’enfer dans la cheminée en mettant dans l’âtre autant de bûches que d’habitants !

 

Il y avait aussi de nombreuses superstitions par rapport au climat du jour de Noël. Par exemple, s’il y avait du vent pendant la nuit, cela annonçait la mort de plusieurs grands personnages. Si le soleil brillait par un temps beau et clair, la récolte serait bonne pour l’année à venir. Plus Noël était proche de la nouvelle lune, plus la récolte serait belle.

 

En Normandie on pensait qu’un morceau de pain béni à chacune des trois fêtes de Noël (*), préservait de l’orage et des chiens enragés ! On pensait aussi que pendant la messe de minuit les animaux se mettaient à genoux dans l’étable, malheur à l’imprudent curieux qui aurait été voir !

 

En Bretagne pour préserver les arbres du froid et des maléfices, on mettait le jour de Noël une ceinture de paille autour de leurs troncs… Rituel déjà pratiqué au temps dit païen…

 

Je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes de Noël, en famille comme le veut la tradition. Gâtez vos enfants tout en gardant une pensée pour ceux qui souffrent de par le monde, ce qui ne manque pas en ces périodes de folie… Gardons à l’esprit que cette fête est avant tout la célébration de la naissance du Christ et non pas un hymne aux marchands du Temple… N’en déplaise au « bien pensant » notre belle France est un pays de tradition Chrétienne depuis le Moyen Age, on ne peut nier son influence sur notre civilisation, même si la diversité à fait aussi notre richesse culturelle …

 

Proverbes de Noël ici

 

(*) Une tradition datant du 7em siècle faisait de la messe de Noël une succession de trois messes : la première messe s’appelait « messe des Anges », la seconde « messe des Bergers » et la troisième « messe du Verbe divin »

source image : BNF Gallica

 

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 14:11

Chaque époque a ses prénoms favoris, il en était de même pour la période médiévale et le Moyen Age. Découvrez les ici…

 

Chaque année on a souvent l’impression que tout le monde se consulte pour choisir les mêmes ! Coïncidence ? Phénomènes de mode ? Personnages célèbres ? Sans doute un peu de tout cela. Il semble que se soit ainsi depuis la nuit des temps. Pour 2014 par exemple, les prénoms à la mode étaient Lucas, Louise, Raphaël, Jade… Pour la période médiévale il suffit de consulter les généalogies princières sur plusieurs siècles pour remarquer la même chose. Voici quelques uns des prénoms les plus populaires du Moyen Age, il y en a d’autres… J’ai rajouté le début de la Renaissance.

 

752 - 900

Baudoin, Eudes, Foulques, Pépin, Alain, Arnaud, Arnould, Bérenger, Bernard, Conrad, Herbert, Hildebert (Gilbert), Honoré, Hugues, lsaac, Loup, Milon, Raoul, Rodolphe, Roger, Raimond, Régnier, Richard, Robert, Roland, Willebert.

 

900 - 1000

Guillaume, Gui, Othon ou Otton, Geoffroi, Thibaud. Adolphe, Albert, Giselbert, Adelelm, Adalbert, Aimar, Aimon, Alfred, Archamhaud, Albéric, Bruno, Bouchard, Etienne, Éric, Emmeric, Gaston, Gautier, Gerbert, Henri, Herbert, Hervé, Ives, Waleran, Adèle, Mathilde.

 

1000 - 1100

Enguerrand, Amauri, Baudri, Conan, Dagobert, Eudon, Evrard, Eustache, Gervais, Guido, Guilbert, Hardouin, Lambert, Nacaire, Manassès, Nicolas, Philippe, Pierre, Pons, Renaud, Simon, Adélaïde, Berthe, Ermangarde, Euphrosine, Havoise.

 

1100 - 1200

Anselme, Aimon, Alphonse, Arthur, Barthélemi, Berthold, Bertrand, Charles, Gérard, Josse, Matthieu, Samson, Thierry, Agnès, Mahaut, Constance, Béatrix, Denise, Elisabeth, Éléonore, Ermessinde, Ide, lsabel, Marguerite, Marie.

 

1200 - 1300

Tristan, Thomas, Jacques, Gérard, Anselme, Arnoul, Adam, Conon, Edouard, Gaucher, Gilles, Louis, Sulpice, Jeanne, Alix, Yolande, Blanche, Clémence, Isabelle.

 

1300 - 1400

André, Amédée, Arnaud, Florent, Humbert, Matthieu. Olivier, Aliénor, Catherine, Cécile, Péronelle, Reine.

 

1400 - 1500

René, François, Engilbert, Phébus, Philibert, Antoinette, Anne, Jacqueline, Nicole.

 

1500 - 1600

Antoine, Bernardin, César, Claude, Sébastien, Diane, Henriette, Louise, Léonor, Susanne.

 

1600 - 1700

Armand, Eugène, Joseph, Jules, Françoise.

 

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 10:34

 

Voila plus de trois ans tu nous quittais mon vieux compagnon, un vendredi 13, ultime pirouette de ton personnage aux Flambeaux de l’Allan, Philippe le Templier. J’aime à t’imaginer chevauchant un destrier blanc dans un autre plan de l’existence. Tu me manques… J’ai retrouvé un de tes écrits que je n’avais pas publié à l’époque, car plus contemporain, je le pose aujourd’hui sur Médiéval et Moyen Age. C’est :

 

« L’histoire des 47 Rônin »  

 

Nous sommes pendant l’hiver de 1702, au pays des hommes jaunes que vous nommez le Japon, et nous en notre temps Cipango. Il fait froid et nuit, mais dans les ténèbres, 47 Samouraï fortement armés et en armure se dirigent vers le Château de leur ennemi, dans le but de le prendre. Cette troupe n’est pas nombreuse, 47 hommes, mais quels hommes et de quelle trempe ? 

 

Tout a commencé près d’un an auparavant par l’envoi de l’ambassade annuelle que le 113 Mikado Higashiyama (Empereur, Gardien des Traditions) adressait au Shogun Tokugawa Tsunayoshi (Seigneur de la Guerre, grand Général), ambassade devant être reçue suivant les lois de l’honneur. 

 

Le Shogun désigna alors le Jeune Daimyô Asano Naganori pour cette mission de confiance et fort honorable. Le Daimyô voulant bien faire demanda conseil au Samouraï Kira Yoshinaka, Maître de Cérémonie du Shogun et le pria de bien vouloir le conseiller. Pour ce faire, il apporta un présent qui malheureusement ne convint pas à Kira, lequel insulta publiquement Asano, le poussant dans ses derniers retranchements tant et si bien que notre Daimyô blessa Kira de son sabre à la tête et au bras. 

 

Ceci était trop pour la loi du Shogunat, aussi le Shogun condamna le Daimyô à faire amende honorable par son suicide. Ce jugement était inique pour l’époque, car les deux parties auraient du faire l’objet d’un jugement (question d’honneur). Le Daimyô se suicida donc, ses biens furent confisqués et sa famille traînée dans le déshonneur, perdit tous ses titres. Les Samouraï se trouvant sans maître devinrent des Rônin (errants, sans emploi).

 

Fortement blessés dans leur fidélité et leur honneur, 47 Rônin sous les ordres de leur chef Oishi, attendirent plusieurs mois le moment favorable se faisant passer pour des hommes déchus et dépravés. 

 

En décembre 1702, nos héros attaquèrent et prirent le château du Maître de Cérémonie Kira, et l’ayant fait prisonnier lui proposèrent une mort dans l’honneur (Voie du Samouraï, ou Bushidô),  Kira refusa en tremblant, alors nos Rônin le décapitèrent au sabre, lavèrent sa tête dans le puits du Château et la déposèrent sur la tombe de leur bien aimé Daimyô en signe de fidélité même au-delà de la mort. 

 

Un des 47 se rendit auprès des autres Samouraï du Daimyô et annonça l’accomplissement de la vengeance, tandis que les 46 autres se rendirent au Shogun, lequel malgré une évidente sympathie et le soutien du Peuple, les condamna tous au suicide. Nos guerriers s’exécutèrent de bonne grâce sur la tombe de leur maître bien aimé. Le Messager des 47 fut gracié et à sa mort il rejoignit ses camarades Rônin et son  Daimyô. 

 

Il semblerait qu’un des Samouraï n’ayant pas participé à l’expédition se suicida sur la tombe des 47, afin de mourir dans l’honneur. Quant à la famille du Daimyô elle retrouva ses titres et ses biens tandis que celle du Maître de Cérémonie fut spoliée. 

 

De nos jours encore, les tombes du Daimyô et des 47 Rônin font l’objet d’un culte, les Japonais appréciant tout particulièrement l’esprit chevaleresque et la fidélité des Rônin. Plusieurs récits furent tirés de cette histoire, en particulier : « Les 7 Samouraï », et plus tard « les 7 Mercenaires » bien que les évènements ne concordent pas, mais valorisant l’esprit du guerrier fidèle et désintéressé de l’époque. 

 

Ce code de l’honneur du Guerrier a hélas été troublé par les agissements durant la guerre avec la Russie, la Chine et la Seconde Guerre Mondiale, où le paroxysme fut atteint avec les attaques Kamikazes, ce qui en rien ne rappelait l’honneur des Rônin : mais qui sommes nous pour juger ? 

 

PHILIPPE LE TEMPLIER 

 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 11:42

 

C’est en parcourant un vieux livre de 1837 (1) que j’ai découvert une liste, tirée d’un registre de 1292, qui répertorie toutes les personnes payant la Taille (2) à Paris. Une vraie mine d’or pour qui s’intéresse au moyen age et à l’origine des noms, des métiers souvent disparus, mais également  des quartiers, paroisses, rues de la capitale. 

 

Le document contient peu de noms patronymiques. Presque tous les contribuables sont désignés par leurs prénoms, suivis tantôt d'un sobriquet : 

Alison la rousse, Anfroi le boçu, Ayoul le Lièvre, Biétriz la borgne, Brise la bèle, Domine le sueur, Dooin le sourt, Edeline l'Enragiée, Gile la boiteuse, Marie la noire, Ondart le rous, Ysabiau la clopine, Gilebert le bègue, Rogier le petit

 

Tantôt des noms de lieux ou de pays : 

Aalart le Picart, Alain le Breton, Aubert le Lombart, Bertin le Normant, Bonefoy l'Anglois, Brun l'Alemant, Plat-Pié d'Yonne, Viennet le Bourgueignon, Haguin Landenaise, Marguerin la Lohorrainne

 

Ou de leur ville : 

Jehan de Londres, Alarge de Gonesse, Basyle de Saint-Pôl, Bertelot de Noion, Cler de Compigne, Climençon de Troyes, Enmeline de Montffort, Felippe d'Arras, Franque de Rains, Gobert de Marseille, Ourri d'Atainville, Tout-Saint de Baillenval

 

Le plus souvent de l'indication de leur profession :  

Aalot le couturier, Aubin le poissonnier, Barnier le marinier, Baudet le Camus, Béri le charpentier, Cyon le barbier, Durant le mercier, Emambe le mesagier, Ferri le poissonier, Guerinnet le tavernier, Helyssent la mercière, Jehane la cousturière, Lucas le mareschal, Mittainne le munier, Névelet le charretier, Oudin le cuisinier, Thoumas l'aguillier

 

Telles sont les sources d'où sont dérivés la plupart des noms de familles par lesquels chaque individu est aujourd'hui désigné. Quelquefois les contribuables sont simplement désignés par leurs prénoms, surtout lorsqu'il s'agit des enfants d'un père ou d'une mère qui sont aussi portés sur le rôle. D'autres fois, mais rarement, le recensement ne donne que le sobriquet des personnes imposées.

 

 Il faut attendre François Premier pour que les noms de famille soient définitivement fixés par l’obligation de la tenue des registres paroissiaux. Notons aussi qu’au moyen age et jusque à la fin du 19 em siècle, l’orthographe exacte des noms avait peu d’importance, elle variait aussi beaucoup suivant la compétence ou l’humeur du scribe. 

 

 (1) Paris sous Philippe Auguste de  H. Géraud   

 (2) La taille était un impôt annuel uniquement supporté par le peuple. Impôt exceptionnel à l'origine, la taille royale est transformée à la fin de la guerre de Cent Ans en taille perpétuelle, justifiée par la création d'une armée permanente… On n’a vraiment rien inventé !

 

 

philippe auguste

 

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 17:07

 

     Au Moyen Age, seigneurs et bourgeois pratiquent deux sortes de chasse : la chasse à courre et la volerie.
 

     La chasse à courre se pratique en repérant et en poursuivant un animal à cheval avec une meute de chiens. Quand la bête est cernée ou affaiblie, on la met à mort avec un épieu, une dague ou une lance : pour le sanglier l'arme utilisée est l'épée car plus noble, pour le cerf l'homme descend de son cheval. Cette chasse se pratique en forêt dans un espace délimité : surtout pour les cervidés et le sanglier. Au XV eme siècle, il y aura même tout un cérémonial social avec costumes de saison particuliers, mise à mort et dépeçage. Très onéreuse en personnels, chevaux et chiens elle restera l'apanage des plus riches car signe de puissance.

 

     Contrairement à la chasse à courre, la chasse au vol se pratique en terrain découvert et nous serait venue d'Asie Centrale. Elle concerne le gibier à plumes : perdrix, faisans, canards, grues, hérons, cygnes. Beaucoup plus statique que la chasse à courre, elle a lieu toute l'année sauf en période de mue. Les meilleures heures de chasse sont le matin et la fin de l'après-midi. Moins coûteuse que la chasse à courre elle est aussi ouverte aux femmes.

 

     Ces deux chasses exigent un personnel nombreux et expérimentés : veneurs, chasseurs, fauconniers, valets de chiens.

 

     Le veneur est choisi jeune vers 7 ans ; il devient valet vers 14 ans et à 20 il devient aide ; Un bon veneur doit savoir chasser, faire rentrer ses chiens sous bois. Il porte une tenue de cuir pour se protéger des épines et des ronces : verte pour le cerf, grise pour le sanglier), cor pendu au cou, épée pendante à gauche et couteau à dépecer. Il faut aussi citer le personnel chargé de la police de bois et protection du gibier : empêcher le braconnage. On utilise en général 2 races principales de chiens : ombriens et molosses, mais aussi dogues, lévriers et chiens courants.

 

     Pour la chasse au vol, on utilise les rapaces de haut vol et ceux de bas vol. Ceux de haut vol tels le faucon pèlerin, le gerfaut, l'émerillon, le hobereau chassent en terrain découvert. L'autour et l'épervier peuvent poursuivre le gibier sous le couvert. Cette chasse est surtout pratiquée dans le sud de la France. L'élevage et la reproduction des rapaces n'étant pas bien maîtrisés, on a recours à leur capture puis à un dressage long et délicat et jamais parfait. On lui coud les paupières, lui fixe des lanières de cuir aux pattes pour le début du dressage, puis on découd les paupières et on habitue l'oiseau à la lumière. On dresse ensuite l'oiseau à l'obéissance et la saisie des proies : utilisation de leurres.

 

     La chasse constituait un bon dérivatif à l'oisiveté, empêchait le chasseur de commettre les 7 pêchés capitaux et était autant profitable à l'âme qu'au corps. Mais le vrai mobile était le loisir, décrié par l'Eglise car éloignant le chasseur de l'office divin. On la considérait aussi comme un bon entraînement à la guerre...

 

Les références ne manquent pas sur la chasse au Moyen Age, voici deux ouvrages d'époque pour ceux qui voudraient approfondir le sujet... 

 

Le livre de la chasse du Roi Modus

Le livre de la chasse de Gaston Phébus

 

L'illustration est de la Bibliothèque Nationale de France

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