24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 10:11
            
               Nous sommes en  l’an de Grâce 1180, notre béjaune (jeune) Roi Philippe que l’on surnommera Auguste  par son coraige (courage) a tout juste 15 ans, il pleure encore son père  Louis le Septième que la Carnade (mort) a pris et qui par son divorce avec la belle Aliénor d’Aquitaine plongera le Royaume des Lys dans une Guerre de Cent Ans avec le Royaume des Léopards.
               Mais nous n’en sommes pas encore là : pour le moment le gent (gentil) Philippe arborant Cotte D’Azur aux Lys d’Or (couleurs du Royaume) et Corone (couronne) en tête chevauche bellement et en grand bobant (grande pompe) un superbe destrier noir, hourdé (accompagné) par le Maréchal (Maistre de l’Ost ou Armée en campagne) portant l’Ecu du Roy en chantel (dessin visible) ainsi que plusieurs palfreniers et Lances(20 hommes) d’Archers et de Cranequiniers (Arbalétriers à cheval)
               Il vient de Saint Denis (au septentrion), où il s’est entretenu secrètement avec les Mânes de ses ancêtres. Il pénètre donc dans sa Bonne Ville à la tête de son fendant barnage  (Fiers Grands Seigneurs et Fières Grandes Dames) montant moults Palefrois (chevaux de parade) lesquels font ainsi acte d’allégeance et de fidélité à la Couronne.
               Pour ce faire il passe la Porte Saint Martin, laissant à senestre (main gauche) la Porte Barbette. Tout ce biau (beau) cortège emprunte un tracé hautement célèbre : céans (ici) les éléphants d’avant notre âge venaient déjà boire en Seine par ce chemin, puis les Légions de Rome construiront un cardo et un decumanus (axe en croix) au sein de ce qui deviendra Paris, se nommant pour l’heure Lutèce, par la rue Saint Denis, célèbre pour ses Courreuses de Rempart (prostituées) le Grand Pont, le Palais du Roi sur la Grande Ile, le Petit Pont en direction de la Porte Saint Jacques au midi. L’autre axe de la croix longe la Seine entre lescastelleries du Louvre et la Tour de Nesle (laquelle deviendra célèbre pour ses coucheries royales), borde toutes les îles, regarde Notre Dame et sort au levant auprès du Chardonnet. Saint Denis en son temps remonta la rue qui porte son nom, sa tête sous le bras jusqu’au pui (colline) où se tiendra sa Basilique et où accessoirement seront inhumés la plupart des rois de France.
               Mais je m’égare, moi, Frère Philippe du Temple, je regarde passer le cortège au cotés de mon Grand Maître Arnaud de Toroge, lequel vient de succéder à Eudes de Saint Amand, et nous devisons fraternellement en considérant que tout cette clicaille (monnaie) dépensée aurait pu nous aider bellement en Terre Sainte. Ne dit-on pas que moultes fonts (fontaines) donnent àbandon (à discrétion) du guiguet (vin médiocre) et que des vuiseuses (vicieuses) donzelles et bordelières (jeunes femmes) au poitrail esnué (dénudé) le fasset tombé (corsage) accueillent le badaud venus pour donoyer (faire la cour) et les baguenauds (niais) fatrouillant (bavarder à tort et à travers) et guignant (regarder à la dérobée) ces beaux tétins (seins)… 
               Bailler (donner) « Panem et circenses » (du Pain et des Jeux) rien ne change ce jour, ni ne changera l’autre…
               Notre bon Roi se dirige vers le chantier de la belle Cathédrale de la Dameledeu (La Vierge Marie) pour ouïr Te Deum. Son Père posa  quant à lui la première pierre de cette merveille il y a tout juste 17 ans. (Il me souvient que je vous ai déjà compté cette histoire ici même).
               Quels sont les pensements (préoccupations) du jeune Roi ? Songe t’il sans déconfort (découragement) à l’Herpaille (troupe de coquins) qui l’attend par vilonie (félonie) de son « Bon Cousin » le Duc de Bourgogne, lequel attire dans son camp le Comte de Boulogne, Renaud de Damartin, ami et traître à Philippe, ce dernier le ramènera d’ailleurs en cage pour mourir enchartrer (en prison) par vindication (vengeance).
 
                Icelui le Comte de Flandre et icelui même l’Empereur du Saint Empire Romain Germanique : l’éclatante victoire française de Bouvines est à venir, calmant pour longtemps tous ces coquins
               Pour l’heure Philippe pense en chiche face (avare) à ses finances : point de débours sur le Trésor (argent avancé), il pense mander (ordonner) que l’on taxe les boutedieux (Juifs) de 150.000 marcs hormis l’abjuration (changement de religion). Qui verrait à y redire, il serait même envisageable de les faire chasser du royaume (et de récolter leurs biens)…Un jour, un autre Philippe en fera de même avec notre Ordre, cela est force de choses…
               Notre Roi songe à sa Descendance, il ne peut savoir qu’il fêtera trois Accordailles : avec Isabelle de Hainaut pour 10 ans, avec Ingeburge de Danemark, laquelle sera répudiée nonobstant son éclatante beauté blonde, dès la première nuitée par sans doutecharmement et charnogne (voir Yseult et Honorius pour le nouage d’aiguillette), il se mariera ensuite avec Agnès de Méranie, qu’il aimera de tout son cœur mais cela provoquera l’Interdit sur le Royaume (aucun service religieux) et ceci du fait du Pape Innocent III ; à la mort d’Agnès, Philippe se soumettra à l’Eglise, évitant ainsi le sort de son Ancesseur (ancêtre) Philippe Ier, mort excommunié et enterré en la basilique de Saint Benoît  pour des motifs semblables.
               Tout en cheminant, Philippe est fors déconfit (décontenancé) lorsque son flerement (odorat) ressent une assent (odeur) épouvantable : les rues ne sont jamais ébrenées (nettoyées), aussi, il pense à les faire  paver. Il pense également à faire installer une forclose (palissade) au cimeterre des Saints Innocents où dit-on se passe nuitamment des choses inavouables. Cela permettrai ipso facto de construire une  cohue (marché) nommé la Halle où l’on pourrai retrouver dans les éventaires (paniers d’osier) toutes les provendes de bouche dans une relative propreté.
               Hors les grands axes, Paris est inextricable, il serait bon de pouvoir se retrouver et retrouver son chemin sans pour autant tomber au longaigne (cloaque) de la Cour des Miracles (voir article), aussi il faudrait clouficher (clouer) des enseignes aux gargoteset autreséchoppes, ainsi que des signes distinctifs pour les ruelles afin de savoir où l’on se trouve (actuelles plaques de rue).
               Et la belle terre des Francs, il faudra en avoir son content (suffisamment)et la rassembler dans l’Honneur (domaine propre) : d’abord l’Artois, le Vendômois, Amiens et la riche Normandie après la chute du Château Gaillard (voir article) possession du « Cœur de Lion »,  puis la Touraine, l’Anjou, le Poitou…
               Il songe, il songe : sera-t-il assez valeureux pour résister à tous ses ennemis Godon de l’Ouest (Anglais), du Nord avec la Flandre, de l’Est avec Bourgogne, et Germanie?
               Quant à nous Chevaliers du Temple, nous pensons en grippeminaud (rusé) au repaissance (repas) du soir où nous pourrons nous ébanoyer (se divertir) lorsque nous aurons l’honneur d’offrir les Epices et de faire connaître à tous ces Grands Personnages le goût de la douceur orientale en faisant déguster moults gourmandises dont les recettes secrètes nous furent révélées par nos Ennemis et néanmoins Frères d’Armes : les Assassins du Vieux de la Montagne(voir article).
               Il se peut que nous puissions, s’il plaît à Dieu, avec ces présents, persuader Philippe de nous suivre en Terre Sainte, et qui sait nul ne peut sortir ce que nousdeviendrons : faire la Paix avec le reste de la Chrétienté unie contre l’Infidèle
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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 11:04

    

                Une jolie légende médiévale que nous conte Heimrich l’empaleur…

                 Durant des siècles, les hommes avaient habité cette grotte située dans un petit village proche de Montbéliard dans le Doubs.

                Un jour, un inconnu appelé Saint Maimboeuf leur conta l’histoire merveilleuse d’un Homme-Dieu. Ils fondèrent une église dédiée à Ste Suzanne et construisirent un petit groupe de masures.    

               Or l’An Mil approchait avec ses croyances de fin du monde, le moyen age se couvrait de nuages sombres... Les chrétiens décidèrent de se réunir dans la grotte qui serait leur tombeau et emportèrent avec eux la statue de leur sainte. Ils érigèrent un mur de protection à l’entrée et attendirent des jours jusqu’à ce que la faim les tenaille.  

 

               Or dans la foule se trouvait un forgeron nommé l’Oeuvrart pour son habileté à façonner épées, lances et outils divers. Les yeux fixés sur la sainte, il voyait un miracle se produire : de l’eau ruisselait de la statue en minces filets. Peu à peu ils grossirent : une source était née.  

 

«  Rentrons dans nos foyers et reprenons nos outils : c’est la volonté divine. »  

 

               On laissa Ste Suzanne sur son autel, on alluma de grands feux dans les chaumières. Depuis ce jour on évita d’entrer dans la grotte.  

 

               Cependant après un temps assez long, on voulut redescendre la statue dans l’église, on la chercha en vain. Elle avait disparu sous une énorme stalagmite qui se confond aujourd’hui avec le rocher et la source aussi avait disparu !

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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 13:09
 
               Un article sur Médiéval et Moyen Age de notre Ami AnjAlain, allez lui faire un petit coucou cela lui fera plaisir….
 
 
               Les enseignes, bien que souvent belles, esthétiques, ne servaient pas seulement à la décoration des villes. Elles avaient une fonction sociale très utile pour la population et représentaient un langage clair et sans ambiguïté, langage qui devait être reconnu par tous et surtout par les illettrés, soit la majorité de la population.
               Les enseignes se sont imposées tout naturellement pour indiquer les échoppes des différents corps de métiers, mais elles servaient également d’adresses à une époque où les rues des villes manquaient non seulement de géométrie mais de noms et de numéros.
               Les enseignes ont des formes d’objets qui présentent aux passants le travail fait par l’artisan : Ce sera par exemple une chaise, une cuiller, un plat d’étain, une clé pour le serrurier, un clou pour celui qui en fabrique, une queue de renard pour le fourreur…. Un charcutier aura un cochon ou une saucisse, un vigneron une grappe, un négociant en vin un tonneau, une boulangerie aura une brioche….l’imagination des fabricants d’enseignes était sans limite, surtout si le client était fortuné. Elles étaient fabriquées principalement en fer forgé, tôle, bois, pierre.
 
               Un épisode bien connu pour les connaisseurs de Villon, le mauvais garçon, est celui du vol des enseignes dans Paris par l’auteur du Testament et ses complices. Pourquoi un tel vol ? L’histoire ne le dit pas, mais on peut penser qu’il s’agissait d’une farce d’étudiants comme il en existe partout et à toutes les époques. En quelques années, ils en dérobèrent près de 200 et parmi ces enseignes disparates, on y trouve, selon le Testament, quelques unes bien particulières : un Cheval Blanc, une Mule, un Ane rayé… ayant des significations à connotations grivoises. La Belle Haumière, louée par Villon et tout Paris avait pour enseigne une queue de Renard. Le larcin découvert, Villon rate de peu la prison voire pire. Il est sommé avec ses complices de les remettre à leur place. Les enseignes sont replacées mais au petit bonheur la chance au grand désarroi de la population. Voici un petit échange extrait du livre « Moi, François Villon » de Jean Teulé :  
 
- Bonjour, madame, je voudrais un pain de six livres.
- Mais, monsieur, vous êtes dans une fabrique de clous !
- Ah bon ? Pourtant, voyez votre enseigne : « A la miche d’or ». 
Qui a marié les enseignes ? Plus personne ne va se retrouver ! Les domestiques illettrés sont désemparés…
 
Quelques expressions :
 
A bonne enseigne (1382) : à bon titre, avec des garanties.
 
A bon vin il ne faut point d’enseigne : un bon produit n’a pas besoin de publicités
 
Etre logé à la même enseigne que quelqu’un.
 
Et pour terminer la définition :
 
Enseigne : nom féminin ou masculin, date du 11ème siècle. 
Vient du latin insignia, signifie décoration, parure.
Indice servant à faire reconnaître quelque chose.
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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 19:50
  
     Il y a fort longtemps que je n’ai eu le plaisir et l’honneur de vous rencontrer de façon épistolaire. En effet des changements sont survenus dans ma vie, je m’approche fortement de l’âge de la retraite… Et oui la vie est comme la course du soleil, au matin, il se lève, à midi il est au zénith et il se couche au soir, l’Egypte Antique avait bien compris cela avec le mythe du dieu Râ. Les Grecs également avec l’animal (l’homme) marchant à quatre pattes, puis sur deux et enfin à trois pattes (la canne). Une autre vie commence et elle sera belle… Mais trêve de préambule, j’ai décidé aujourd’hui de recommencer mes récits par quelque chose de simple, court,  mais capital pour l’époque que nous avons choisie : le Moyen Age.
 
     Vous savez de longue date que je m’honore de représenter un Frère Templier, et de raconter, expliquer et défendre cet ordre « Bec et Ongles » lors de nos représentations et de mes écrits, mais je reconnais qu’il est fort injuste de ne pas, pour le moins citer, nos frères Teutoniques et Hospitaliers.
     Je pense par la suite parler de la plupart des autres Ordres : Chevalier du Saint Sépulcre, de Jérusalem, de Calatrava, de l’Epée et tant et tant d’autre, et si vous le souhaitez.
 
     Les Teutoniques :
 
     Nous sommes aux alentours de 1127/28, lorsque se présente : l’ORDO DOMUS SANCTAE MARIA TEUTONICORUM, que l’on reconnaîtra sous le vocable de l’Ordre de la Maison (ou de l’Hôpital) de Sainte Marie des Teutoniques : nos Chevaliers Teutoniques.
      Leur règle se composera de celle des Hospitaliers en matière Caritative et de celle des Templiers pour ce qui touche au Militaire.
      C’est un ordre plus spécifiquement Allemand donnant d’ailleurs la préférence à tout ce qui vient du Saint Empire Romain Germanique. Ils délaisseront par ailleurs assez rapidement la Terre Sainte afin de se consacrer plus précisément aux Marches du Saint Empire face aux Peuples Baltes, Slaves et Polonais. Ils s’y tailleront par ailleurs un Etat Teutonique dont la capitale sera Marienburg, lequel Etat se réduira comme peau de chagrin et deviendra la Prusse Orientale.
      L’Ordre existe toujours de nos jours sous forme caritative.
Leur cotte d’arme était blanche à croix noire, tandis que leur sceau représente le Vierge et l’Enfant sur un âne conduit par Saint Joseph.
 
    Les Hospitaliers :
 
     Sa date de fondation est peu précise : au milieu du XI ème siècle par un certain Frère Gérard, dans un but purement évangélique. Le premier Grand Maître est élu en 1120, et la règle tirée de St Augustin date de 1135. Ensuite à l’instar des Templiers, les Hospitaliers deviennent un Ordre Militaire. On les nomme alors : l’Ordre des Chevaliers de l’Hospital de Saint Jean de Jérusalem.
     Hospitaliers/Templiers = frères ennemis, cette maxime est bien réelle, le butin et la préséance en Ost (Armée en bataille) oppose les deux Ordres Frères ; les Hospitaliers auront d’ailleurs une triste et définitive victoire en récupérant une bonne partie des biens Templiers après la chute de ces derniers. Bien évidement les reste étant réquisitionné par Philippe le Bel.
     Le fameux Krak des Chevaliers est une de leurs réalisations.
     Ils changeront bien souvent de nom au cour des aléas de leur histoire : Chevaliers de Rhodes, Chevaliers de Chypre et enfin Chevaliers de Malte.
     L’Ordre existe encore de nos jours sous forme caritative. Leur sceau assez similaire à l’un des multiples sceaux Templiers représente un agneau portant une hampe surmontant une croix pattée (croix des Templiers). Quant à leur cotte d’arme, elle est noire frappée d’une croix blanche (très similaire à la croix des huit béatitudes templière), ils pourront également se vêtir de rouge à croix blanche.
 
      Les Templiers :
 
     Je vous ai déjà copieusement parlé des Templiers (mais je ne m’en lasse pas), aussi ne vous donnerais je que quelques informations.
     Leur création date de 1118 sous le vocable de l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ, ils ne deviendront Templiers que lorsque Godefroy de Bouillon leur octroiera le mont du Temple à Jérusalem.
     Un de leurs multiples châteaux sera le Château Pèlerin.
 
     Leur cotte d’armes est blanche frappée de la fameuse croix pattée rouge, tandis que l’un de leur sceaux le plus célèbres représente deux chevaliers sur une même monture.
 
     Voici de quoi recommencer une longue série d’articles sur le site de notre bon frère Honorius, je vous adresse également une photographie (sorcellerie) d’une de nos prestations dans le charmant village de Chantrans (25) représentant trois membres des Flambeaux de l’Allan en tenue adéquate : il s’agit du Sire Josselin : Frère Teutonique, du Sire De Haro : Frère de l’Hospital et de moi-même Philippe du Plessy Frère du Temple.
 
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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 14:26
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Une belle légende de Franche Comté
 
               Il faisait très froid : la neige s’entassait contre les obstacles en formant d’énormes congères. Dans la grande salle du château ornée de tapisseries et trophées de chasse, devant la vaste cheminée, le baron de Montjoie et sa fille Claudine assis côte à côte, écoutaient ravis deux ménestrels qui chantaient en s’accompagnant l’un d’une mandore, l’autre d’une viole.
 
               Leur chanson était si poignante que Claudine sentit les larmes lui monter aux yeux. L’abbé du château, toute la maison du baron, les hommes d’armes de veille qui avaient été conviés étaient aussi sous le charme car jusque là le baron avait écarté toute distraction au château malgré l’insistance de Claudine.
 
               Le lendemain il réunit tout le monde, regarda l’écusson de Montjoie et leur parla :
 
«  Autrefois un seigneur cupide et dur habitait un château triste, triste pour les hommes d’armes, les serviteurs, la famille du seigneur et le seigneur lui-même. Ce seigneur avait une fille qui clandestinement faisait la charité …. »
 
               Le baron sembla se trouver mal dans sa confession mais il se ressaisit :
 
«  Mais qu’arriva-t-il ? Un miracle ! »
 
               Il saisit, caché dans un vase, une rose superbe dont le parfum envoûta l’assistance.
 
«  Cette rose a été prise par le seigneur avare dans le tablier de sa fille où il croyait trouver ce qu’elle destinait aux pauvres ! Dieu avait changé le pain en rose ! le père reconnut un miracle. »
 
               Le baron quitta aussitôt la salle avec la rose mystérieuse. Claudine songea aux paroles de son père qui lui avaient dû coûter d’humiliations.
Le lendemain et les jours suivants, les trouvères chantèrent de nouvelles ballades et en particulier celle écrite par Claudine dont voici le refrain :
 
                        Rose est en mon cœur
                        Comme en le vôtre éclose
                        Elle parfume ma vie et la rend douce tant
Que partager ma joie devient besoin bien grand
Comme en le vôtre éclose.
 
               Le baron répandit depuis ce jour sa bonté et Montjoie fut bien dénommé.
              Quand Claudine mourut, jeune hélas, elle fut portée dans la chapelle du château.
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