11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 11:42

 

C’est en parcourant un vieux livre de 1837 (1) que j’ai découvert une liste, tirée d’un registre de 1292, qui répertorie toutes les personnes payant la Taille (2) à Paris. Une vraie mine d’or pour qui s’intéresse au moyen age et à l’origine des noms, des métiers souvent disparus, mais également  des quartiers, paroisses, rues de la capitale. 

 

Le document contient peu de noms patronymiques. Presque tous les contribuables sont désignés par leurs prénoms, suivis tantôt d'un sobriquet : 

Alison la rousse, Anfroi le boçu, Ayoul le Lièvre, Biétriz la borgne, Brise la bèle, Domine le sueur, Dooin le sourt, Edeline l'Enragiée, Gile la boiteuse, Marie la noire, Ondart le rous, Ysabiau la clopine, Gilebert le bègue, Rogier le petit

 

Tantôt des noms de lieux ou de pays : 

Aalart le Picart, Alain le Breton, Aubert le Lombart, Bertin le Normant, Bonefoy l'Anglois, Brun l'Alemant, Plat-Pié d'Yonne, Viennet le Bourgueignon, Haguin Landenaise, Marguerin la Lohorrainne

 

Ou de leur ville : 

Jehan de Londres, Alarge de Gonesse, Basyle de Saint-Pôl, Bertelot de Noion, Cler de Compigne, Climençon de Troyes, Enmeline de Montffort, Felippe d'Arras, Franque de Rains, Gobert de Marseille, Ourri d'Atainville, Tout-Saint de Baillenval

 

Le plus souvent de l'indication de leur profession :  

Aalot le couturier, Aubin le poissonnier, Barnier le marinier, Baudet le Camus, Béri le charpentier, Cyon le barbier, Durant le mercier, Emambe le mesagier, Ferri le poissonier, Guerinnet le tavernier, Helyssent la mercière, Jehane la cousturière, Lucas le mareschal, Mittainne le munier, Névelet le charretier, Oudin le cuisinier, Thoumas l'aguillier

 

Telles sont les sources d'où sont dérivés la plupart des noms de familles par lesquels chaque individu est aujourd'hui désigné. Quelquefois les contribuables sont simplement désignés par leurs prénoms, surtout lorsqu'il s'agit des enfants d'un père ou d'une mère qui sont aussi portés sur le rôle. D'autres fois, mais rarement, le recensement ne donne que le sobriquet des personnes imposées.

 

 Il faut attendre François Premier pour que les noms de famille soient définitivement fixés par l’obligation de la tenue des registres paroissiaux. Notons aussi qu’au moyen age et jusque à la fin du 19 em siècle, l’orthographe exacte des noms avait peu d’importance, elle variait aussi beaucoup suivant la compétence ou l’humeur du scribe. 

 

 (1) Paris sous Philippe Auguste de  H. Géraud   

 (2) La taille était un impôt annuel uniquement supporté par le peuple. Impôt exceptionnel à l'origine, la taille royale est transformée à la fin de la guerre de Cent Ans en taille perpétuelle, justifiée par la création d'une armée permanente… On n’a vraiment rien inventé !

 

 

philippe auguste

 

Autres articles sur les noms et prénoms ICI

 

 

 

 

Publié par Honorius - dans Un peu d'histoire
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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 17:28

 

 

L’année dernière la troupe médiévale des Flambeaux de l’Allan a visité le formidable chantier de construction du château de Guédelon. Il se situe au coeur de la Puisaye, dans l'Yonne en Bourgogne. Lancé en 1997 pour une période d’environ 25 ans, un pari fou au départ,  Guédelon est devenu un chantier scientifique, historique, pédagogique, touristique et humain. C’est aussi un formidable laboratoire d’archéologie expérimentale ou l’on retrouve des techniques perdues, des connaissances oubliées. 

 

Une leçon d’histoire médiévale à ciel ouvert !

 

La construction de ce château du Moyen Age se fait avec les matériaux trouvés sur place, les artisans travaillent avec les techniques du treizième siècle, ils vous expliquent avec passion leurs « savoir faire ». On y retrouve des vieux métiers, certains oubliés, cordiers, vanniers, tuiliers, carriers, vanniers, tailleurs de pierre…

 

 Si vous vous intéressez au moyen age, ce dont je ne doute pas puisque vous venez nous visiter, je ne peux que vous conseiller d’aller découvrir ce château, une journée est nécessaire, la ballade est agréable, enrichissante et … cerise sur le gâteau… on y mange très bien à la mode médiévale ! Pour vous mettre l’eau à la bouche et en savoir plus, vous pouvez visiter leur site http://guedelon.fr

 

Ne manquez pas de visionner l’album photo de cette ballade, c’était notre dernière sortie avec Philippe le Templier, on l’aperçoit scrutant le puits du château. Il nous quittait peu de temps après pour un monde que l’on dit meilleur…  Voir ci dessous l'album photos

 

 

 

 

    http://www.medieval-moyen-age.net/album-2036806.html

 

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Publié par Honorius - dans Nos promenades
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 14:54

 

La troupe médiévale des Flambeaux de l’Allan et le site Internet Médiéval et Moyen Age vous présente ses meilleurs voeux pour la nouvelle année qui s’annonce. Qu’elle vous offre santé, amitié, amour et de quoi survivre dans le monde un peu fou qui est le notre.  Ma plus grande joie serait de vous croiser lors d’une fête que j’espère encore nombreuse cette année malgré la morosité économique… Amitiés à vous tous et bisous aux filles !

 

 

 

 

Publié par Honorius - dans Les Infos
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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 15:24

 

Le livre, reflet de la culture, est la principale barrière entre le métier de chirurgien et celui de médecin. En effet, ces derniers ont une connaissance du latin, du grec, parfois de l’arabe et de l’hébreu. Ils acquièrent une formation universitaire, ils sont détenteurs d’un savoir ancien qu’ils peuvent retransmettre par l’écrit.

 

* Les Antidotaires

 

Il s’agit plus là d’ouvrages de pharmacie que d’ouvrages de médecine. Ils sont en vogue aux XIIème et XIVème siècles. Ce sont les premiers ouvrages rencontrés dans les officines. Ils permettent aux apothicaires ou épiciers d’avoir accès au savoir des médicaments d’une manière simple et concrète.

Dans les antidotaires, la formulation magistrale est réduite. Les maladies sont traitées avec des médicaments bien codifiés. On y trouve la composition des plus célèbres polypharmaques, comme la Thériaque ou la Mithridate, avec leurs indications thérapeutiques, mais aussi des préparations personnelles des médecins.

On trouve aussi des détails sur la préparation des médicaments, mais cela est généralement très sommaire. Les formules ne sont pas classées par genre : pilule, onguent… mais par ordre alphabétique.

Au XVème siècle, l’Antidotaire de Nicolas est le principal livre d’officine des apothicaires, il est aussi une référence pour les médecins préparant eux-mêmes leurs médicaments. Néanmoins, il semble que cet antidotaire ne fasse pas référence à un auteur unique. En effet, nombre d’antidotaire au Moyen âge porte le nom de Nicolas. Il semblerait que Nicolas ait même été synonyme d’antidotaire.

On peut noter aussi l’importance de l’antidotaire présent dans la Grande Chirurgie de Guy de Chauliac qui regroupe un important développement thérapeutique.

L’antidotaire d’Arnaud de Villeneuve figure également parmi les plus remarqués en raison de sa présentation et de sa rédaction.

 

* Les ouvrages de thérapeutique

 

Ils connurent une large diffusion auprès des médecins. Leur lecture plus difficile que celle des antidotaires impliquait d’avoir des connaissances médicales élémentaires. Ils sont de ce fait moins répandus dans les officines.

On peut citer le célèbre Rosa Anglica cité par Guy de Chauliac dans la Grande Chirurgie. On trouve dans ce genre d’ouvrage des formules plus personnelles que dans le Nicolas. Elles sont tirées de l’expérience des médecins.

 

* Les livres de pharmacie

 

Ces ouvrages sont plus apparentés à l’époque moderne. Ils ont une finalité pratique, de nombreuses précisions pharmacologiques.

 

* Les ouvrages de matière médicale

 

Les médecins, les apothicaires, les épiciers doivent maîtriser la matière médicale. Ils doivent connaître les matières premières utilisées, réussir à identifier les simples pour éviter tout risque de ‘mauvaise cure’. Il est important de maîtriser l’adultération des produits, d’en connaître la conservation.

C’est dans ces livres que des explications précises peuvent être trouvées. Ils sont assez répandus chez les auteurs arabes, comme Le Traité des simples d’Ibn al-Baytar ou le Canon Livre II d’Avicenne. Mais ces livres ne sont pas très répandus en Occident.

On trouve aussi le Circa Instans écrit par Matheus Platearius, un professeur de l’école de Salerne. A la différence des antidotoires, il propose des recettes simples, une thérapeutique simplifiée et bien moins onéreuse que les recettes de polypharmacie. Il est à la fois un ouvrage de matière médicale et un herbier, il pourrait représenter un véritable guide pour les apothicaires même si on le retrouve plus chez les médecins.

 

* Les ouvrages de médecine

 

Ils sont peu fréquents dans les officines, leur connaissance n’étant pas obligatoire pour le métier d’apothicaire, mais sont essentiels chez les médecins. On classe dans cette rubrique les œuvres d’Hippocrate et de Galien, sources essentielles pour les médecins du Moyen âge et de l’époque moderne. 

 

* Les ouvrages de chirurgie

 

On retrouve dans cette rubrique quatre auteurs qui se détachent du lot, présents à la fois chez les médecins, dans les universités et chez les apothicaires.

Ce sont Roger de Parme, Théodoric, Jean de Vigo et  Guy de Chauliac. Ces ouvrages ont en commun un caractère pratique, ils sont écrits en langue vulgaire donc plus facilement accessibles. On y trouve, comme dans le Grande Chirurgie, aussi bien des recettes contre la Peste noire que des conseils utiles dans la thérapeutique quotidienne.

Ces œuvres sont largement diffusées à partir du XVème siècle et deviennent très populaires durant l’époque moderne.

 

 

 

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 11:27

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Au nom de toute la troupe des Flambeaux de l'Allan et de Médiéval et Moyen Age, je vous annonce le décès de notre compagnon Philippe le Templier, Francis.

 

C'est dans les larmes que nous laissons partir notre ami, mort un Vendredi 13 comme ses Frères du Temple.

 

Pensées et soutien à sa famille.

 

" Tu seras toujours présent dans nos coeurs, ce n'est pas un Adieu. Que ta nouvelle vie soit belle et douce,

Requiescat in pace, Ad vitam Aeternam"

 

Moriganne.

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