13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 15:07
 
              Voici le premier volet sur les armes d'hast au Moyen-âge. Descendantes des haches et des épieux, elles permettent les coups de taille, d'estoc ou les deux à la fois…
 
              Elles furent inventées d'abord pour augmenter la distance de combat entre le chasseur et le gibier, que ce soit un animal sauvage ou un cavalier. 
 
                 L’épieu
 
                Au départ, cette arme, servant autant à la guerre qu'à la chasse, n'était composée que d'une pointe et d'une hampe. A la base de la pointe, juste au-dessus de la douille, l’arme reçut une barre transversale qui évitait que l'animal ou l'ennemi ne soit enferré trop profondément.
               Au Moyen-âge, le tout se transforma de nouveau pour aboutir, à une longue pointe aux bords aiguisés, la barre transversale se trouvant en dessous, en forme de deux triangles.
On ajouta à la longue pointe deux dents de fourches pointées vers l'avant ce qui donna une sorte d'épieu tout à fait spécial, l'épieu à la forlane utilisé vers la fin du Moyen-âge. Cette arme était maniée presque exclusivement contre la cavalerie. On s'en servait pour couper les jarrets des chevaux ou pour faire tomber les cavaliers. Les pointes étaient toutes serrées, aidées par deux longs arrêts recourbés vers le bas dont les tranchants étaient obtus du côté concave et aigu du côté convexe. La taille des pointes était aussi variable, soit des fers longs et aigus à section triangulaire ou carrée soit des pointes courtes et robustes pour percer les armures de plates. Pour la chasse, on utilisait parfois des épieux tranchants des deux côtés ayant la forme de larges feuilles de sauge.
              La Corsèque Italienne munie d'une pointe triangulaire rainurée, portait deux dents en forme d'ailes avec un angle de 30° environ.
              Pour résister plus facilement, ces armes pouvant atteindre près de 1,80 mètre, les hampes étaient faites dans du bois robuste et élastique comme le frêne ou l'if.
              La Corsèque était descendante de l'épieu à la forlane, mais celle-ci était munie de dents plus larges et imposantes.
 
               La fourche de guerre
 
              Les hommes d'armes à pied, souvent des gens du peuple, se voyaient très diminués devant la force de l'attaque des cavaliers surélevés sur leur monture. Ainsi, en plus de descendre le plus souvent d'instruments de travail de paysan, les armes d'hast se développèrent afin de réduire ce handicap. Les premières, issues des forges de village, furent des assemblages d'instruments agricoles sur de grands manches, et devinrent vite des armes spécifiques comme la Fourche de guerre. Elle était issue de la grosse fourche à trois dents agricoles. Elle pouvait comprendre deux ou plusieurs dents droites et solides. Elle servait aussi pour dresser des échelles d'assaut contre les remparts ou à les repousser des créneaux depuis l’intérieur de la forteresse ! 
 
               La lance
 
              Elle se compose surtout d'une pointe de forme diverse (pique, en feuille de saule à bords effilés, pointe arrondie) et d'une hampe en bois (frêne pour la lance de guerre et sapin pour celle de joute). Au moment de la fabrication, on introduisait la hampe dans une sorte d’entonnoir faisant partie de la pointe et appelée douille.
              La tenue de la lance était particulière. La main serrait la hampe dans le tiers inférieur de la lance pour ensuite la coincer sous l'aisselle du cavalier. On l'utilisait en dirigeant la pointe de droite à gauche en passant sur le cou du cheval. Ainsi la lance arrivait un peu de biais, ce qui permettait au cavalier de ne pas la laisser glisser dans sa main.
Sur sa lance, le chevalier portait souvent un morceau de tissu, dont la forme était carrée pour le fanion, et triangulaire pour la flamme, arborant les couleurs ou les armes du chevalier. En plus, il pouvait éventuellement servir d’arrêt transversal pour empêcher un adversaire de s'enferrer trop profondément, ce qui pouvait provoquer la rupture de la hampe ou gêner sa récupération.
Semblable à la lance, il y avait l'Esponton de brèche dont la hampe était plus courte mais le fer plus long. Elle était munie d'une pointe à section carrée qu'on utilisait surtout pour saper le bas des murailles et perforer une armure!
 
   …. A suivre.
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26 janvier 2007 5 26 /01 /janvier /2007 16:35

 

             Une fois de plus le Baphomet du Templier de Médiéval et Moyen-Âge nous fait entrevoir l’avenir…. Une terrible histoire celle des 47 Rônin…

 
              Nous sommes pendant l’hiver de 1702, au pays des hommes jaunes que vous nommez le Japon, et nous en notre temps Cipango. Il fait froid et nuit, mais dans les ténèbres, 47 « Samouraï » fortement armés et en armure se dirigent vers le Château de leur ennemi, dans le but de le prendre. Cette troupe n’est pas nombreuse, 47 hommes, mais quels hommes et de quelle trempe…
 
              Tout a commencé près d’un an auparavant par l’envoi de l’ambassade annuelle que le 113 Mikado Higashiyama (Empereur, Gardien des Traditions) adressait au Shogun Tokugawa Tsunayoshi (Seigneur de la Guerre, grand Général), ambassade devant être reçue suivant les lois de l’honneur.
              Le Shogun désigna alors le Jeune Daimyô Asano Naganori pour cette mission de confiance et fort honorable. Le Daimyô voulant bien faire demanda conseil au Samouraï Kira Yoshinaka, Maître de Cérémonie du Shogun et le pria de bien vouloir le conseiller. Pour ce faire, il apporta un présent qui malheureusement ne convint pas à Kira, lequel insulta publiquement Asano, le poussant dans ses derniers retranchements tant et si bien que notre Daimyô blessa Kira de son sabre à la tête et au bras.
              Ceci était trop pour la loi du Shogunat, aussi le Shogun condamna le Daimyô à faire amende honorable par son suicide. Ce jugement était inique pour l’époque, car les deux parties auraient du faire l’objet d’un jugement (question d’honneur)
              Le Daimyô se suicida donc, ses biens furent confisqués et sa famille traînée dans le déshonneur, perdit tous ses titres. Les Samouraï se trouvant sans maître devinrent des Rônin (errants, sans emploi).
              Fortement blessés dans leur fidélité et leur honneur, 47 Rônin sous les ordres de leur chef Oishi, attendirent plusieurs mois le moment favorable se faisant passer pour des hommes déchus et dépravés.
               En décembre 1702, nos héros attaquèrent et prirent le château du Maître de Cérémonie Kira, et l’ayant fait prisonnier lui proposèrent une mort dans l’honneur (Voie du Samouraï, ou Bushidô), Kira refusa en tremblant, alors nos Rônin le décapitèrent au sabre, lavèrent sa tête dans le puits du Château et la déposèrent sur la tombe de leur bien aimé Daimyô en signe de fidélité même au-delà de la mort.
 
              Un des 47 se rendit auprès des autres Samouraï du Daimyô et annonça l’accomplissement de la vengeance, tandis que les 46 autres se rendirent au Shogun, lequel malgré une évidente sympathie et le soutien du Peuple, les condamna tous au suicide. Nos guerriers s’exécutèrent de bonne grâce sur la tombe de leur maître bien aimé. Le Messager des 47 fut gracié et à sa mort il rejoignit ses camarades Rônin et son Daimyô.
              Il semblerait qu’un des Samouraï n’ayant pas participé à l’expédition se suicida sur la tombe des 47, afin de mourir dans l’honneur. Quant à la famille du Daimyô elle retrouva ses titres et ses biens tandis que celle du Maître de Cérémonie fut spoliée.
              De nos jours encore, les tombes du Daimyô et des 47 Rônin font l’objet d’un culte, les Japonais appréciant tout particulièrement l’esprit chevaleresque et la fidélité des Rônin. Plusieurs récits furent tirés de cette histoire, en particulier : « Les 7 Samouraï », et plus tard « les 7 Mercenaires » bien que les évènements ne concordent pas, mais valorisant l’esprit du guerrier fidèle et désintéressé de l’époque. Ce code de l’honneur du Guerrier a hélas été troublé par les agissements durant la guerre avec la Russie, la Chine et la Seconde Guerre Mondiale, où le paroxysme fut atteint avec les attaques Kamikazes, ce qui en rien ne rappelait l’honneur des Rônin : mais qui sommes nous pour juger…    
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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 10:44

                         Je poste rapidement sur Médiéval et Moyen-Age cet article de Philippe le Templier, c'est a peu près tout ce que je peux me permettre de faire en ce moment, car je souffre encore beaucoup. Merci de votrre fidélité malgré tout. Moriganne passera en fin de semaine... Amitiés à tous et bisous les filles... 

 

 

                          Hui, (ce jour) Nous sommes réunis à l’Achoison (occasion)  de la Noël de l’An de Grâce 1145, alors que notre Second Grand Maître : Robert de Craon (grand Administrateur et Juriste éclairé),  couvre notre  Ordre d’Onnour (honneur) en Chérant (accueillir) et Semondant (inviter) au sein de notre Novel (nouveau) Temple, hors Paris de multiples et célèbres personnages. 

                         Ici, voici le Biau (beau) Roi de France Louis VII que l’on appellera le Jeune et sa Frisquetée Fame (élégante épouse) la Fors Joliette (belle)  Alienor au Fasset bien gonflé (corsage), laquelle présentement est fors entourée par un Rivage de Béjaunes (bande de jeunots au bec jaune, comme les oisillons) , hors ça tenante de l’Hoir (héritière) de la très riche et très belle Aquitaine. Tous deux étant déjà fors loin de leur Accordailles (fiançailles) au temps bénis de leur Jovence (jeunesse) en 1136, ce qui pourrait expliquer une certaine Grevance (douleur) au sein du Couple : la Dame serait-elle Bordelière (Débauchée) ?

                        Nous attendons et espérons également le Très grand et Très Haut Conrad III, Empereur du Saint Empire Romain Germanique  si les multiples conflits auxquels il doit faire face lui en laissent le temps, ce qui est moins certain. 

                        Il est question urgente de débattre de l’organisation d’une croisade nouvelle, le Roi de Jérusalem Baudouin III ayant de grandes difficultés à se maintenir en Terre Sainte, le Temple faisant comme toujours tout le travail, et arbitrant comme de coutume les sempiternelles querelles entre Poulains (né en Terre Sainte) et Nouvel Combattant à la Croix arrivant en Palestine souhaitant se tailler un Fief (terre et seigneurie). Tout ce Beau Monde et leur Arroir (équipage) esbaudissant le Badaud  (étonnant le public). 

                       Nous recevons également, l’Abbé Suger,  féal (fidèle) du roi louis et de son Défunct Père, celui que l’on surnommait affectueusement le Gros, l’Abbé Suger étant un des initiateurs de la rénovation de l’Abbaye de Saint Denis suivant le Nouvel Ordre qui redresse l’Homme face à la Divinité (Gothique),  Abbaye qui par ailleurs se trouve être la Nécropole de la lignée des Lys (Capétiens), poursuivant celle Oh combien fameuse des Crapauds aux Longues Chevelures (Régis Criniti ou Mérovingiens). 

                       Le Grand Personnage de l’Epoque arrive en toute simplicité, suivi par un fors parti de Donats (frère servant en habit civil) et de Moines Blancs (laine écrue et non teinte) :   il s’agit bien évidement  de Bernard, l’Abbé de Clairvaux,  dans la force de l’âge (55ans). Bernard étant connu comme  celui dont la voix porte et résonne jusqu’à Rome :  l’on dit même que les Papes l’écoutent et le craignent. 

                      L’on avait également pressenti sa Sainteté Eugène II, lequel nous fit répondre qu’il ne pouvait venir céans étant occupé par ailleurs…Bast, ne Mécroiyons rien (soupçonner)! De toute façon Bernard est présent, et lui seul compte.. 

                     Et bien sur, nous autre Milites (chevaliers) sommes tous là, arborant notre Novel Cotte et Manteau frappé de notre célèbre Croix Pattée couleur Sang que nous sommes autorisés à porter depuis 1139, et nous ne sommes pas peu fiers de ressembler aux compagnons de Bernard de Clairvaux, nos Frères en Religion. Pour mon compte personnel, en tant que Commandeur de Sainte Eulalie  j’ai l’Honneur de remplacer le Gonfanonier (porteur du Beaucean, emblème noir et blanc  du Temple) et de ce fait je me trouve très prêt du Grand Maître où je peux tout entendre… 

                Pour cette belle journée, l’Ordre n’est pas Chiche-face (avare) de moults Pigous (chandeliers) afin que tous puissent se cognoistre  (reconnaître)  dans l’Emeuvement  (agitation) générale. 

               Les Parlements à Fiance  (conversation en toute confiance) peuvent commencer Orains (immédiatement) en la  présence de Latiniers (interprètes) auprès de la Font de Clairet (fontaine de vin). Ici nulle Vilonie possible (félonie), nous sommes entre gens de belle compagnie, les Godons étant  absents (Anglais). 

              Les Assents font notre joy (les odeurs nous enchantent) et Oil , (oui) s’il plait à Dieu ni Mire (médecin) ni Mauparlier (médisant) ne sauraient faire Apenser (réfléchir) à autre chose qu’à la Repaissance (repas) entre Tous. Néanmoins, il est difficile de placer toute personne suivant leur Rang et suivant leur arrivée, nous devons Barater (ruser), ce qui nous fait un excellent entraînement pour notre mission  auprès du Soudan (Sultan), et autre Emir (chef militaire), pour ce faire, nous devons Assouager (calmer) toutes ces fiers personnages  dont certains Babillent (parler pour ne rien dire), surtout au sein du Barnage (ensemble des Barons du Roi). Le Bouteiller (échanson) passe et repasse auprès des tables tandis que les  Compaing (amis) partagent le même tranchoir (assiette de pain) où bonne viande baigne dans bonne sauce. 

               Cette journée est mémorable, mais politiquement qu’en sera-t-il ? Bernard prêchera t’il une nouvelle croisade ? L’Empereur se rendra t’il en Terre Sainte ? Le couple royal de la Doulce France perdurera t’il ? Alienor pourra t’elle s’assagir ? Que fait son oncle de Troubadour auprès d’elle ? Le Roi Louis saura t’il être moins froid et moins bigaut ? Que fera notre Ordre Templier ? Beaucoup de questions dont les réponses peuvent changer l’Histoire : sans doute un jour  pourrais-je vous donner quelques éclaircissements. Si l’envie vous en prend. Faites le moi savoir, je ne manquerai pas de vous apporter la cognoissance (réponse) sur ces sujets suivant mes modestes talents… 

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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 13:37

 

               Bien souvent, lors de mes rencontres médiévales,  l’on me demande de conter et d’expliquer au mieux le siège et la prise des villes fortifiées et des châteaux forts au Moyen-Âge, ce que je tente de faire au mieux de mes modestes connaissances.
               Tout d’abord, pourquoi faut-il assiéger les places fortes ? La réponse semble évidente : afin de remporter la victoire sur l’adversaire, tout comme lors d’une partie du très antique et très noble jeu des Echecs.
              Ainsi, depuis la plus haute antiquité, il est vrai que se sont toujours les assaillants qui l’emportèrent sur les défenseurs (dans l’absolu), néanmoins il est bon de se souvenir que souvent la prise fut la conséquence directe d’un fait quelconque, voire anodin, telle qu’une ruse souvent grossière. Il suffit pour s’en assurer de consulter notre Maître à tous, le Divin Homère et son célèbre Cheval de Troie.. Il en fut ainsi pour tant et tant de siège…
              A ce moment il faut faire un choix pour n’être pas trop long, aussi je pense que Carcassonne, Montségur, Château Gaillard, le Krak des Chevaliers et Constantinople peuvent étayer mes dires.
 
Carcassonne et Montségur
 
              Nous sommes en plein durant la croisade du Nord Franc contre le Sud Cathare de notre belle France. Les Tenants d’Oc (sud) sont s’il se peut, les plus dignes représentants de l’Honneur de la Chevalerie, tandis que les Tenants d’Oïl (nord) sont les plus efficaces guerriers. Un jour, Simon de Montfort, chef de la Croisade Nordiste se trouve devant Carcassonne et décrète le siège à outrance. Le très jeune et très crédule Vicomte Trencavel, souhaitant qu’il n’y ait pas de victimes se rend auprès des assaillants pour conclure une trêve : il est arrêté, par Montfort et de ce fait la ville se rend, faute de Chef, et pensant ainsi sauver Trencavel, otage de Montfort : le jeune Vicomte mourra de privation et de froid dans ses propres geôles…
La guerre dure déjà depuis trop longtemps, beaucoup sont morts, et les Croisés pensent que Montségur est responsable, du fait de sa notoriété de la poursuite de la guerre. Le siège est décidé. Ici une trahison permet aux assaillants d’escalader une falaise à pic avec moults pièces de bois et de prendre pied sur un replat proche du château, là ils construisent une arme célèbre et efficace : un trébuchet.  Très rapidement devant l’effondrement de la muraille, Montségur se rend avec les suites que l’on connait (bûcher général)…
 
Château Gaillard 
 
              A cette époque, deux grands souverains se disputent des lambeaux de la terre de France : Philippe le Second « Auguste », roi de France, très calculateur et très guerrier, et Richard Premier « Cœur de Lion », roi d’Angleterre, très chevaleresque et également également surnommé « oc et non », en raison de son indécision. Sur la frontière des deux états, Richard fait bâtir la très puissante forteresse de Château Gaillard, il disait d’ailleurs, parlant du château « qu’elle est Belle ma Pucelle d’un an » se basant sur la rapidité de construction, et son aspect imprenable, triple enceinte et fossés profonds. Et pourtant, après un siège assez féroce, quelques vaillants soldats français se glissent par les latrines et ouvrent le pont-levis, sonnant par cela même le glas de la « Pucelle »…
 
Le Krak des Chevaliers  
 
              Construit en Terre Sainte par les Croisés, passant aux mains des Hospitaliers qui le fortifièrent énormément à tel point qu’il résistera à plus d’une douzaine d’attaques Sarrasines. Même le grand Saladin sera repoussé en1271. L’aspect du Krak est effrayant pour les assaillants .A le regarder, l’on sait que la mort nous attend…Il n’y a que la ville d’Alep qui puisse rivaliser en fortifications. Et pourtant ce monstre sera pris par ruse : assiégé par le Sultan Baybars, défendu par quelques rudes combattants, le Krak tombera à la suite de la réception d’un message venu par pigeon voyageur, message émanant du Grand Maître des Hospitaliers et préconisant la reddition de la place faute d’improbables secours. Les Chevaliers obéissent, cèdent le Krak, Baybars s’en empare. Mais le message, d’où venait-il ? De Baybars lui-même ! Il graciera d’ailleurs les défenseurs qui quitteront la place avec armes et bagages…
 
Constantinople 
 
              Il s’agit à l’époque de la plus importante ville du Moyen Age : trois enceintes, fossé de 18 mètres profond de six, deux murailles comportant chacune 96 tours construites en quinconce : un monstre qui faisait peur, et pourtant en 1204, les Guerriers de la quatrième croisade, pourtant alliés dans l’absolu, prirent l’énorme ville ceci tout simplement en jetant des ponts de bois entre leur navires et les murailles. Il semblerait que les défenseurs de la ville n’avaient pas été payés et que la défense se  soit relâchée… Toujours est-il que cela fut la répétition générale de la chute définitive et sanglante de la ville de Constantin en 1453 par Mehmed Deux, date qui marqua la fin du Moyen Age.
 
              Tout ceci pour dire que rien n’est jamais acquis et que l’Histoire est souvent facétieuse : il faut donc méditer sur l’éternité des choses et des personnes et vivre sa vie pleinement…
 
Philippe le Templier
 
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15 août 2006 2 15 /08 /août /2006 10:12
 
              Un nouvel article de Philippe le Templier pour Médiéval et Moyen-Âge…
 
              Nous voici enfin à mon époque, le Moyen-Âge, le Baphomet restant muet. Lors d’un de mes déplacements pour mon Ordre, je fus amené à me rendre en Espagne médiévale, afin d’aller prier sur la Tombe du Matamore (tueur de Maures), l’Apôtre Jacques à Santiago (St Jacques de Compostelle, ou le Champ des Etoiles).
              Pour ce faire, je passais par la très belle et très grande ville de Burgos, aux confins de la Castille et du Leon. Ce territoire était bien apaisé depuis la grande Victoire sur les Maures de Las Navas de Tolosa en 1212 où les Royaumes Chrétiens du nord unis : Castille, Leon, Asturies, Navarre, Aragon et Catalogne, aidés par un fort contingent Templier firent merveille pour repousser l’envahisseur Musulman aux confins de la péninsule, jusqu’à la très Arabe Grenade et son sublime Alhambra, merveilleux Paradis sur Terre de Fleurs et d’Eau.
              Il faut noter que l’un des grands personnages présent lors de cette bataille était le roi très Catholique Pierre II d’Aragon, tué à la bataille de Muret, étant venu au secours de son vassal et néanmoins ami le Comte Raymond de Toulouse. Et oui, l’un des vainqueurs de l’avancée Musulmane en Espagne se retrouvait aux côtés des Faidits (Seigneurs Déchus de langue d’Oc) et des Cathares durant la croisade organisée par le Roi de France, Louis IX contre le midi. (Lire à ce sujet mon article sur les Cathares).
              Or donc, je me trouvais à Burgos, et me régalais de succulentes soupes à l’ail et d’agneaux de lait rôtis, (pendant les jours non maigres, sinon je dévorais de la truite de Castille) le tout arrosé de petits vins rouge ou rosé fors en soleil.
              Je profitais de mon séjour pour me rendre à la très belle abbatiale romane de la ville, (un jour une superbe cathédrale gothique la remplacera), afin de méditer quelque peu sur notre temps et ses multiples contradictions, la plus terrible étant le fait déclaré de nos sempiternelles guerres entre Tenants des différentes Religions de mon époque. Il est à souhaiter qu’il n’en soit plus de même dans l’avenir, et qui sait du temps où vous lirez cet écrit.
C’est alors que je me trouvais devant les pierres tombales de personnages de légende : le Cid Campéador et son épouse Chimène. Le Cid de son véritable nom Rodrigo Diaz de Vivar était à la recherche perpétuelle de gloire et de causes à défendre, aussi il combattit tantôt avec les Maures, c’est d’ailleurs là qu’il obtint son surnom de Cid (Sidi en arabe signifiant Seigneur), tantôt avec les Chrétiens. C’est ainsi qu’il prit de haute lutte la ville de Valencia pour le compte des Chrétiens en 1094, ville qu’il gouverna avec son épouse Chimène jusqu’à sa mort.
              Ces personnages eurent un grand prestige en Espagne, et ailleurs également (se souvenir du Cid de Corneille : « Rodrigue as-tu du Cœur »), tout au moins jusqu’à l’avènement des Rois Catholiques Ferdinand d’Aragon & Isabelle de Castille, qui boutèrent les Maures hors de l’Espagne unie en prenant Grenade, souvenez vous ce que la mère du Roi Maure de Grenade disait à son fils après sa rédition : « pleure en femme ce que tu n’as pas su défendre en homme ! ». L’année 1492 fut faste pour Ferdinand & Isabelle : prise de Grenade, soutient à Christophe Colomb et hélas pour eux, avis d’expulsion des Juifs du Royaume, aidé en cela par la « très Sainte Inquisition ».
              Au fait, une anecdote célèbre, savez vous l’origine de la teinte Isabelle ? Il semblerait que la souveraine aurait jurée de ne changer de chemise qu’après la victoire, aussi, l’habit blanc à l’origine avait passé de couleur et jauni …
 
              Quand je vous disais lors d’une autre rencontre que l’histoire est un éternel recommencement. Si vous passez par Burgos, inclinez vous sur la Tombe du Cid et de Chimène son épouse, tandis qu’à Grenade méditez devant les tombeaux des Rois Catholiques. A Santiago pensez aux milliers de Pèlerins en visite chez le Matamore, et au récit de leur voyage. (Surtout, ne pas manquer de visiter notre Amie Pèlerine sur son merveilleux site (le champ des étoiles – Campo Stellae).
 
Fraternellement, PHILIPPE LE TEMPLIER
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Rodrigue, Chimène et Fernand. Détail d'une illustration. Nanteuil, Célestin (1813-1873) source BNF. http://medieval-moyen-age.net
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