28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 17:07

 

     Au Moyen Age, seigneurs et bourgeois pratiquent deux sortes de chasse : la chasse à courre et la volerie.
 

     La chasse à courre se pratique en repérant et en poursuivant un animal à cheval avec une meute de chiens. Quand la bête est cernée ou affaiblie, on la met à mort avec un épieu, une dague ou une lance : pour le sanglier l'arme utilisée est l'épée car plus noble, pour le cerf l'homme descend de son cheval. Cette chasse se pratique en forêt dans un espace délimité : surtout pour les cervidés et le sanglier. Au XV eme siècle, il y aura même tout un cérémonial social avec costumes de saison particuliers, mise à mort et dépeçage. Très onéreuse en personnels, chevaux et chiens elle restera l'apanage des plus riches car signe de puissance.

 

     Contrairement à la chasse à courre, la chasse au vol se pratique en terrain découvert et nous serait venue d'Asie Centrale. Elle concerne le gibier à plumes : perdrix, faisans, canards, grues, hérons, cygnes. Beaucoup plus statique que la chasse à courre, elle a lieu toute l'année sauf en période de mue. Les meilleures heures de chasse sont le matin et la fin de l'après-midi. Moins coûteuse que la chasse à courre elle est aussi ouverte aux femmes.

 

     Ces deux chasses exigent un personnel nombreux et expérimentés : veneurs, chasseurs, fauconniers, valets de chiens.

 

     Le veneur est choisi jeune vers 7 ans ; il devient valet vers 14 ans et à 20 il devient aide ; Un bon veneur doit savoir chasser, faire rentrer ses chiens sous bois. Il porte une tenue de cuir pour se protéger des épines et des ronces : verte pour le cerf, grise pour le sanglier), cor pendu au cou, épée pendante à gauche et couteau à dépecer. Il faut aussi citer le personnel chargé de la police de bois et protection du gibier : empêcher le braconnage. On utilise en général 2 races principales de chiens : ombriens et molosses, mais aussi dogues, lévriers et chiens courants.

 

     Pour la chasse au vol, on utilise les rapaces de haut vol et ceux de bas vol. Ceux de haut vol tels le faucon pèlerin, le gerfaut, l'émerillon, le hobereau chassent en terrain découvert. L'autour et l'épervier peuvent poursuivre le gibier sous le couvert. Cette chasse est surtout pratiquée dans le sud de la France. L'élevage et la reproduction des rapaces n'étant pas bien maîtrisés, on a recours à leur capture puis à un dressage long et délicat et jamais parfait. On lui coud les paupières, lui fixe des lanières de cuir aux pattes pour le début du dressage, puis on découd les paupières et on habitue l'oiseau à la lumière. On dresse ensuite l'oiseau à l'obéissance et la saisie des proies : utilisation de leurres.

 

     La chasse constituait un bon dérivatif à l'oisiveté, empêchait le chasseur de commettre les 7 pêchés capitaux et était autant profitable à l'âme qu'au corps. Mais le vrai mobile était le loisir, décrié par l'Eglise car éloignant le chasseur de l'office divin. On la considérait aussi comme un bon entraînement à la guerre...

 

Les références ne manquent pas sur la chasse au Moyen Age, voici deux ouvrages d'époque pour ceux qui voudraient approfondir le sujet... 

 

Le livre de la chasse du Roi Modus

Le livre de la chasse de Gaston Phébus

 

L'illustration est de la Bibliothèque Nationale de France

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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 13:31

Que voici une histoire d'amour comme d'aucun voudrait en avoir connue... Même nous autres Templiers condamnés au célibat et à la tempérance. Il s'agit des lointaines amours entre la très belle Sorimonde et le très galant Guillem. L'aimait-il ? Cet homme, au point de lui déclarer sa flamme en lui donnant son cœur... et un beau poème en sus.
 

Tel celui qui incline un Rameau

Et prend parmi mes Fleurs les plus belles,

J'ai choisi, dans les Ramages d'un haut Bosquet,

La plus Belle entre toutes.

Dieu la fit, sans Défaut, de sa propre beauté

Et ordonna qu'avec Humilité

Fût ornée sa grande Valeur.

Avec un doux Regard, ses Yeux Courtois

Ont fait de Moi, un ardent et fidèle Amant,

Et jamais l'Amour qui est cause de Larmes,

Qui mouillent mon Visage

Ne fût par Moi divulgué.

Mais maintenant il me fait Chanter de bon gré,

Sur une Femme pour laquelle plus d'Un a fait des Grâces...

 

Or donc en ce beau pays de Roussillon, la très Belle Sorimonde s'ennuyait en son Château, le Comte, son époux se plaisant en forces chasses tant de jours que de nuits, délaissant la Belle en sa demeure.  

Heureusement, venant d'un proche Castel, le très beau, et très aimable Guillem, Trouvère de son état, charma la Belle par une cour assidue, tant et si bien qu'elle devint sa Maîtresse. Il disait qu'elle était plus belle que le plus beau jour de sa vie, que son corps était blanc comme Lys, que le bleu de ses Yeux était semblable à l'eau pure d'un lac de montagne, et tant et tant d'autres jolies choses...  

Cela aurait pu durer tout au long d'une vie, mais un page, mécontent de la belle fortune du couple,  prévint le Comte de son infortune. Le Comte était négligent mais fors jaloux. Aussi un beau soir que le Trouvère quittait Sorimonde, les Gens d'Armes du Comte le saisirent, et l'égorgèrent sur ordre du Mari trompé. Cela aurait pu suffire à une vengeance, mais le Comte arracha le cœur du Trouvère, et l'ayant fait préparer en cuisine, le fit manger par sa belle Epouse. Il lui révéla alors qu'il s'agissait du cœur de Guillem, lui demandant comment elle l'avait trouvé ? Sorimonde, pleine d'un Amour Immense rétorqua qu'elle n'avait jamais dégusté met plus délicat et que de sa vie elle n'en savourerait pas d'autre. Alors la Belle se leva, grimpa sur la plus haute tour du château et se jeta dans le vide en direction des fossés où le corps sanglant de son Amant l'attendait...


Que pensez vous de ces Amours Médiévales ? A l'époque donner son cœur voulait sans doute dire quelque chose...Hormis l'horreur des faits, l'on se prend à être quelque peu Jaloux nous même d'un si « Bel Amour »...
 
 

En passant en Roussillon, près de Perpignan, pensez au Trouvère Guillem de Cabestany auteur du poème ci-dessus et à la Belle Sorimonde...

 

Sources : les plus belles histoires du Roussillon, la légende du cœur mangé (Guillem de Cabestany) Wikipeda...  

Illustration BNF (libre de droit)

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 14:47

 

Célèbre pour avoir donné aux combattants anglais des victoires remarquables lors des affrontements avec les français au moment de la guerre de Cent Ans. Le légendaire Robin des Bois est bien le plus célèbre archer du Moyen Age. Son art de combattre est celui des vilains, des hommes à pied. L’usage du longbow devient effectif vers 1300 sous le règne d’Edouard 1er. Ce n’est pas une arme miracle  mais un élément de combat plus performant que d’autres.

 

Plusieurs indices nous montrent que cet arc long fut utilisé dans le sud du pays de Galles vers 1160. Sa puissance était telle qu’elle fut décrite dans un texte du XIIème :

 

« … dans la guerre contre les Gallois, un homme d’armes fut frappé par une flèche tirée par un Gallois. Elle pénétra directement dans le haut de la cuisse, là où la jambe est protégée par des cuissards de fer, puis, à travers la jupe de sa tunique de cuir. Elle pénétra ensuite dans la partie de la selle appelée ‘assiette’. Et enfin elle se logea si profondément dans le cheval qu’elle tua l’animal… »

 

Cet arc était confectionné en corne, frêne ou orne mais jamais d’if utilisé plus tard. Laide, mais rigide et puissante, cette arme était aussi efficace à courte qu’à longue distance. Richard Cœur de Lion lui préférera l’arbalète et se procurera les mercenaires qualifiés pour l’utiliser. Ce ne sera qu’au XIVème que l’arc rivalisera avec l’arbalète et encore avec un bon entraînement des archers. Durant la guerre de Cent Ans il sera l’instrument des victoires anglaise de Crécy et Azincourt.

 

En Angleterre, à la fin du Moyen Age, la pratique du tir à l’arc se fera dans des emplacements réservés à cet effet ; on y fera des concours pour la population sur un terrain généralement en pente. Dans le reste de l’Europe Occidentale, les armes de trait seront oubliées au détriment de l’arquebuse. Les branches du longbow sont composées de bois ce qui le rend léger, flexible et rapide. Plus l’arc est long, plus il se plie avec sécurité mais à partir d’une certaine longueur sa puissance n’augmente plus. La longueur de l’arc et la taille de la flèche sont conditionnées par la taille et la carrure de l’archer : on l’appelle ‘l’allonge’. Sa puissance pouvait atteindre 80 livres d’où une pratique régulière nécessaire. Les artisans médiévaux possédaient une connaissance empirique de l’aérodynamisme.

 

En conclusion, un bon arc ne fera pas forcément un bon archer : la notoriété de Robin Hood n’est donc pas surfaite, même si ce n’est sans doute qu’une belle légende, mais on sait sur Médiéval et Moyen Age que toutes les légendes ont souvent une part de vérité ... Pour en savoir plus sur les archers du Moyen Age, je ne peux que conseiller le livre de Joël Meyniel…

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 15:35
              Bien souvent déjà, je vous ai parlé des guerres médiévales. Aujourd’hui, à l’aide de quatre exemples célèbres, je vais tenter de vous expliquer en quoi la guerre peut devenir un art en fonction des effectifs en présence…
 
              Comme vous le savez, en tant que Frère Templier, j’ai du participer à la très célèbre et très funeste (pour la Croix) bataille des Cornes de Hattin en Terre Sainte, qui se déroula les 3 et 4 juillet 1187. En présence se trouvaient les troupes Sarrasines commandée par le très haut, très puissant et très intelligent  Salâh Ad-Dîn (Saladin), troupe forte d’environ 60000 guerriers tant Cavaliers que Piétons, puissamment couverte par une nuée d’Archers, et par une envie irrésistible des tenants du Croissant de bouter à la mer tous ces Francs voleurs de territoires… En regard nous trouvons les Croisés commandés conjointement par le roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, le Maître du Temple, Gérard de Ridefort et d’autre seigneur tel Renaud de Châtillon. Cette troupe est forte de 15000 Combattants dont 13000 Fantassins et 2000 Chevaliers lourdement armés dont 1200 Templiers et Hospitaliers. A ce chiffre il faut ajouter 2000 Cavaliers et 7000 Fantassins payés et armés par le Temple, enfin 40000 Mercenaires en majorité Musulmans. Cette bataille fit 30000 morts en majorité Croisés, et marqua le début de la fin de la présence Franque en Terre Sainte.
 
              Bien avant cette triste période, nous trouvons Charles le Grand (Charlemagne) qui durant 45 ans leva l’Ost presque environ tous les ans aux beaux jours afin de conquérir, agrandir et sécuriser son empire (que l’on se souvienne de Roland à Roncevaux). Cette armée était forte d’environ 3000 Cavaliers (futurs chevaliers armés comme tels et porteur de l’épée longue) de race noble, ou gros propriétaires terriens. Et d’une masse de Fantassins que m’on peut chiffrer à 8000 à 10000 armés de piques, d’arcs voire de gourdins le tout suivi par une longue suite de chariots, de bêtes de somme et ayant pour mission, Province par Province de converger sus à l’Ennemi à chaque printemps.
 
              Le 27 juillet 1214 Philippe Auguste et son armée gagna la bataille fédératrice de Bouvines avec 1200 Nobles Chevaliers, 1200 Sergents à cheval, 6000 Communes venant des bonnes Villes du Royaumes des Lys et d’environ 10000 fantassins de tous poils. En face se trouvait une coalition fromentée par Jean Sans Terres et l’Empereur Othon IV comprenant 24000 hommes et 2000 Chevaliers. La victoire fut écrasante à tel point que Philippe II sur de sa force pris le titre d’Auguste tel un empereur romain. Il est à noter que le fils de Philippe, le futur Louis VIII se trouvait quant à lui victorieux face à Jean sans Terres avec des effectifs semblables dans la belle province de Poitou. Les Capétiens passent pour lors pour invulnérables…
 
              Enfin le 26 août 1346 eu lieu la terrible bataille de Crécy en Ponthieu opposant les Lys aux Lions Anglois, avec la terrible suite connue (la guerre de 100 ans). En présence Edouard III Plantagenet avec 700 navires : 15000 combattants dont 2000 hommes d’armes, 3000 archers à cheval, 4000 archers à pied dotés du terrible LongBow, 4000 sergents à pied, 2000 valets d’armes ou coutiliers. Philippe de Valois quant à lui pouvait compter sur sa Chevalerie (environ 3000), 9000 Hommes d’Armes, 9000 Valets d’Armes, 7000 Arbalétriers et quelques centaines de Communes. Malgré la puissance et la portée de l’arbalète, le LongBow l’emporta par sa cadence rapide, et ce fut un drame pour les troupes du Lys.
 
              Comme vous avez pu le voir, souvent la victoire ne tient qu’à une idée, une invention, un état d’esprit : cela n’a pas changé depuis cette époque.
 
Références : « La guerre au Moyen Age »  Pons 1976, l’Histoire Universelle des Nations, Universalis, Wikipédia…

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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 16:14
 
Au Moyen Age, certaines superstitions étaient solidement enracinées
dans l’inconscient : le monde végétal resta longtemps doté d’une
réputation magique.
 
Les poireaux non loin des maisons préservaient de la foudre. Manger au
printemps la première violette sauvegardait des fièvres. L’angélique était
bénéfice contre «  le bouillon de 11 h ». La joubarbe servait de mascotte
et de porte-bonheur pour les habitants du logis.
 
Parmi les arbres, le tilleul tenait une place particulière : on l’entourait
souvent d’un banc de bois circulaire afin de permettre aux gens du
village de s’y retrouver. Mais celui qui fait le plus figure de symbole
c’est « l’arbre de mai » pour fêter l’éveil du cœur et des sens.
 
L’aubépine des poètes, le sureau et le buis possédaient des
propriétés identiques : éloigner les serpents et même le diable.
Manger de l’échalote protégeait du venin alors que porter un petit
morceau de racine de benoîte commune préservait des bêtes
venimeuses.
 
Les alchimistes du Moyen Age pensaient que le  suc jaune de la
Chélidoine aidait à transformer les métaux en or…
 
La joubarbe des toits protégeait les maisons de la foudre.
 
Un brin de persil arraché en pensant méchamment à son ennemi le
Faisait mourir dans l’année…
 
Faire brûler de la tanaisie sous le lit d’un bébé le rendrait à coup sur
beau et joyeux.
 
Sans parler des « herbes de la Saint-Jean » à qui on accordait un
regain de vertu curative.
 
El la mandragore ?... Moriganne en a déjà parlée...
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Commanderie Templière d'Arville. http://medieval-moyen-age.net
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