Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 14:31

Que voici une histoire d'amour comme d'aucun voudrait en avoir connue... Même nous autres Templiers condamnés au célibat et à la tempérance. Il s'agit des lointaines amours entre la très belle Sorimonde et le très galant Guillem. L'aimait-il ? Cet homme, au point de lui déclarer sa flamme en lui donnant son cœur... et un beau poème en sus.
 

Tel celui qui incline un Rameau

Et prend parmi mes Fleurs les plus belles,

J'ai choisi, dans les Ramages d'un haut Bosquet,

La plus Belle entre toutes.

Dieu la fit, sans Défaut, de sa propre beauté

Et ordonna qu'avec Humilité

Fût ornée sa grande Valeur.

Avec un doux Regard, ses Yeux Courtois

Ont fait de Moi, un ardent et fidèle Amant,

Et jamais l'Amour qui est cause de Larmes,

Qui mouillent mon Visage

Ne fût par Moi divulgué.

Mais maintenant il me fait Chanter de bon gré,

Sur une Femme pour laquelle plus d'Un a fait des Grâces...

 

Or donc en ce beau pays de Roussillon, la très Belle Sorimonde s'ennuyait en son Château, le Comte, son époux se plaisant en forces chasses tant de jours que de nuits, délaissant la Belle en sa demeure.  

Heureusement, venant d'un proche Castel, le très beau, et très aimable Guillem, Trouvère de son état, charma la Belle par une cour assidue, tant et si bien qu'elle devint sa Maîtresse. Il disait qu'elle était plus belle que le plus beau jour de sa vie, que son corps était blanc comme Lys, que le bleu de ses Yeux était semblable à l'eau pure d'un lac de montagne, et tant et tant d'autres jolies choses...  

Cela aurait pu durer tout au long d'une vie, mais un page, mécontent de la belle fortune du couple,  prévint le Comte de son infortune. Le Comte était négligent mais fors jaloux. Aussi un beau soir que le Trouvère quittait Sorimonde, les Gens d'Armes du Comte le saisirent, et l'égorgèrent sur ordre du Mari trompé. Cela aurait pu suffire à une vengeance, mais le Comte arracha le cœur du Trouvère, et l'ayant fait préparer en cuisine, le fit manger par sa belle Epouse. Il lui révéla alors qu'il s'agissait du cœur de Guillem, lui demandant comment elle l'avait trouvé ? Sorimonde, pleine d'un Amour Immense rétorqua qu'elle n'avait jamais dégusté met plus délicat et que de sa vie elle n'en savourerait pas d'autre. Alors la Belle se leva, grimpa sur la plus haute tour du château et se jeta dans le vide en direction des fossés où le corps sanglant de son Amant l'attendait...


Que pensez vous de ces Amours Médiévales ? A l'époque donner son cœur voulait sans doute dire quelque chose...Hormis l'horreur des faits, l'on se prend à être quelque peu Jaloux nous même d'un si « Bel Amour »...
 
 

En passant en Roussillon, près de Perpignan, pensez au Trouvère Guillem de Cabestany auteur du poème ci-dessus et à la Belle Sorimonde...

 

Sources : les plus belles histoires du Roussillon, la légende du cœur mangé (Guillem de Cabestany) Wikipeda...  

Illustration BNF (libre de droit)

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