9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 16:46

L’usage du vin en médecine ne date pas de la période médiévale. Déjà au temps de l’ancienne Egypte ou de la Rome antique on en vantait les vertus. Hippocrate lui-même disait que le vin était bon pour l’homme sous condition qu’il soit administré d’une manière appropriée et en juste mesure ! Comme on dit maintenant, avec modération ! Ce serait Théophraste, botaniste et naturaliste Grec qui aurait « inventé » le vin médicinal en y ajoutant des épices et des herbes. Je reste pour ma part persuadé que la pratique est bien plus ancienne.

 

Au moyen age le vin est aussi riche de symboles religieux. Il est assimilé au sang du Christ et cité de multiples fois dans la bible. Un des premiers miracles de Jésus, cité par Saint Jean, aurait été la transformation de l’eau en vin… C’est peut être pour cette raison que Saint Benoît conscient des vertus du breuvage « divin » conseillait aux moines d’en consommer à chaque repas un quart de litre pour rester en forme !

 

Il est à noter qu’à cette époque les plus grandes vignes se trouvaient autour des monastères comme Cluny ou Cîteaux pour n’en citer que deux. Du producteur au consommateur, je suis mauvaise langue là ! hi hi

 

C’est en consultant les archives des premières Universités comme Montpellier, créée officiellement en 1289 par la bulle Quia Sapientia du pape Nicolas IV, qu’on constate que la moitié des recettes médicinales contenaient du vin. Arnaud de Villeneuve, considéré comme un des grands médecins Occidental du XIIIem siècle, concocta de nombreuses recettes de vins médicinaux à base d’épices, de plantes ou de légumes. Alchimiste, comme de nombreux érudits de l’époque, il contribua aussi à populariser l’usage de l’alambic et de la distillation de l’alcool, l’eau ardente comme on disait alors. C’est peut être aussi à cause de cette réputation sulfureuse d’alchimiste qu’il eu de nombreux démêlées avec la justice de l’époque. Il est vrai qu’au moyen age il n’était pas bon de dévier de l’interprétation religieuse de la société, on se retrouvait vite classé comme hérétique ! Pas qu’au moyen age d’ailleurs…

 

Il y a plusieurs manières de faire un vin médicinal. Je vous donnerai quelques recettes dans une prochaine brève. J’en profiterai pour annoncer le gagnant de notre dernier jeu.

 

En attendant vous pouvez retrouver ICI une adaptation moderne de la recette du célèbre Hypocras, vin médicinal du moyen age, qui sous cette forme est un excellent apéritif, à boire avec modération bien entendu … !

 

 

Illustration BNF, l'automne

Repost 0
5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 15:31

 

Connue depuis l’aube des temps, la sauge est présente dans tous les jardins du Moyen Age. Il existe près de 500 variétés de sauge. En médecine on utilisait à l’époque surtout la sauge officinale, Salvia Officinalis (nommée parfois populairement « herbe aux plaies » ou « toute bonne ») 

 

Son nom, Salvia, veut dire sauver,  on l’a dit reine des plantes médicinales. C’est Pline l’Ancien qui l’aurait nommé ainsi la première fois. De nombreux dictons populaires vantent ses vertus. 

 

« Pourquoi mourrait-on quand on a de la sauge dans son jardin » 

 

« Qui a sauge en son jardin, ne connaît pas le médecin » 

 

On trouve même écrit dans un vieux traité médical « Le désir de la sauge est de rendre l’homme immortel… il s’agit d’une plante universelle propre à soigner tous les maux »  Belle croyance qui va un peu loin tout de même ! 

 

A l’époque médiévale on utilisait la sauge de multiples façons. Dans les bains, en décoction, en emplâtre, en onguent… Elle était utilisée pour soigner les maux de têtes, la paralysie, la jaunisse, les jambes lourdes, les maux d’estomacs, la digestion difficile, on disait  même qu’elle favorisait la conception… 

 

« Le Saugé » sauce célèbre du moyen âge à base de feuilles de sauge, vin blanc, clou de girofle, de gingembre et de poivre, accompagnait de nombreux plats dans la cuisine médiévale. De nos jours les feuilles fraîches sont toujours beaucoup utilisées dans de nombreuses recettes méridionales. 

 

 A l’époque moderne, on conseille ne pas prendre de sauge officinale pendant la grossesse et l’allaitement, à l’exception de son usage alimentaire. C’est aussi déconseillé chez les enfants et adolescents de moins de dix-huit ans et en cas d’hypertension. N’oublions jamais que la sauge et toutes les plantes médicinales ont des principes actifs puissants, il ne faut jamais en abuser et surtout bien respecter les posologies. Mais une chose est sure aussi, surtout ne vous en privez pas ! 

 

Photo : une belle sauge de notre jardin 

 

Repost 0
12 mai 2006 5 12 /05 /mai /2006 13:57
 
                   On le sait, au Moyen Age les sorcières étaient des femmes qui connaissaient les secrets de la nature et des plantes, et c’était souvent le seul recours des paysans ou des habitants des petites villes (pas toujours proche d’un monastère) pour se soigner. On dit aussi qu’elles ne faisaient pas que cela. Certains philtres avaient fâcheuse réputation… Ainsi depuis les Egyptiens et les Chaldéens, mais surtout au Moyen-Âge, l’on donnait aux potions à base de racines de mandragore (la légende ICI) de multiples vertus bénéfiques… ou maléfiques !
                   La mandragore, Anthropomorphon chez les Grecs (par la ressemblance de la racine avec un corps humain… avec beaucoup d’imagination !) et œuvre du Diable au Moyen Age qui cherchait à imiter Dieu en créant une ébauche d’homme…Les druides s’en servaient déjà pour se mettre en léthargie, et le Grand Albert, un livre divulguant des secrets divers et attribué sans doute à tord à Albert le Grand (1193-1280) la recommandait pour l’anesthésie. La légende lui attribue aussi des vertus… aphrodisiaques. Mais attention, c’est un hallucinogène très dangereux, voire mortel. Et si la médecine en a fait usage jusqu’au XIXe siècle l’analyse moderne a révélé des principes actifs très nocifs, et on ne la sert plus du tout de nos jours dans les médicaments, sauf peut être encore en homéopathie, mais les doses sont infinitésimales... Et n’oubliez pas, qui possède une racine de mandragore et la porte sur lui comme talisman est assuré du succès dans toutes ses entreprises… et en amour… On le croyait à l’époque médiévale !
                   Une autre plante, la laitue (connue depuis l’Antiquité et surtout des Romains) qui pousse à l’état sauvage en France, est un hypnotique léger bon pour l’insomnie…Mais attention, Pythagore l’avait surnommé la plante des eunuques, car c’est un tue l’amour… A éviter le soir… Dormir ou…. Il faut choisir !
 
                   Pour finir, je vais vous donner une petite recette (qui n’est pas du Moyen-Âge, mais que l’on peut situer vers le XVIIe siècle) qui si elle n’est pas celle de l’élixir de longue vie, est réputée pour la prolonger…  
 
                   Mélanger un demi-litre d’eau de vie avec la même proportion d’eau de source. Réduire en poudre 85 grammes de quinquina (plante utilisée par les incas et citée par les Jésuites dès 1633 pour lutter contre la malaria)  5 clous de girofle, 5 grammes de cannelle, 15 grammes d’écorce d’orange amère et un soupçon de safran. Incorporer au liquide et laisser macérer 3 semaines à l’abri de la lumière. Puis filtrer à travers un linge très fin. Il faut en prendre chaque jour un petit peu (un petit peu !) avant le déjeuner.
.
Les sorcières du Moyen-Âge. Http://medieval-moyen-ge.net
.
Repost 0
13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 12:45

 

                   L’homme cultive le Souci (Calendula officinalis) depuis le Moyen Age, mais on le trouve encore à l’état sauvage sur le pourtour méditerranéen. Etrangement, il fleurit aux calendes de chaque mois (premier jour du mois chez les Romains, d’où son nom latin) et ses fleurs s’ouvrent et se ferment en fonction du soleil. C’est sûrement pour cela que les gens du moyen-âge la considéraient comme une plante douée de pouvoirs magiques. Cueillie lorsque le Soleil entrait dans le signe de la Vierge, la fleur (mise dans un petit sac en toile avec une dent de loup et des feuilles de laurier) préservait et guérissait de tous les maux son porteur…! Ces croyances firent hélas vite oublier cette plante et ses riches possibilités thérapeutiques. Très efficace en usage interne (ulcères gastriques et intestinaux, goutte, douleurs rhumatismales, menstruations difficiles…) et en usage externe (Onguent efficace pour les plaies, l’acné, les brûlures, l’eczéma… l’entretien de la peau en général…) Heureusement la cosmétologie et notre moderne médecine ont redécouvert depuis ses innombrables vertus médicinales. Voici une recette très utile pour les Gentes Dames…
 
                   Faire infuser (voir notre recette pour l’infusion) pendant environ dix minutes une grosse pincée de fleurs fraîches (on en trouve de juillet à octobre) dans un litre d’eau bouillante, en boire une tasse avant chaque repas pendant la semaine précédant les règles. Cette cure a un effet régulateur et calmant extraordinaire…
 
                   Et n’oublions pas de rajouter (comme en Allemagne et en Angleterre) dans nos potages et crudités quelques pétales de fleurs fraîches de Souci… c’est excellent pour la santé.
 
 
 
Le souci plante médicinale du Moyen Age... http://medieval-moyen-age.net
 
 
Repost 0
Publié par Moriganne la Sorcière - dans Secrets de Sorcières
commenter cet article
2 novembre 2005 3 02 /11 /novembre /2005 00:00
 
                                       Voici la recette d’un très ancien guérisseur, un secret bien gardé depuis des siècles, et qui nettoiera votre organisme tout en le revitalisant…Un traitement curatif et préventif pour de nombreuses maladies… La cure à pour base deux plantes connues depuis l’Antiquité, et que l’on peut se procurer facilement chez l’herboriste du coin (ou le pharmacien, mais de culture bio !). L’aubier de tilleul, arbre jadis consacré à Vénus, qui au dire de Sainte Hildegarde (grande herboriste du moyen-âge) conjurait les pestilences, et la prêle sans doute la doyenne des plantes médicinales, véritable panacée dans l’Antiquité et le Moyen-Age, votre moderne médecine en redécouvre ses multiples et extraordinaires vertus…La cure est à faire pendant 21 jours, renouvelable à chaque changement de saison. Le premier jour prendre un bol (trois fois par jour et après chaque repas) d’une décoction d’aubier de tilleul, et idem le second jour mais avec une infusion de prêle. Maintenez cette alternance pendant les trois semaines (lire dans mes secrets précédents l’art de faire une décoction et une infusion) N’oubliez pas que les plantes ont des principes actifs puissants, le surdosage est fortement déconseillé, en cas de symptômes graves ou persistants, vous devez toujours consulter votre sorcier ou apothicaire… suis-je bête… votre médecin !
 
http://medieval-moyen-age.net articles sur les plantes médicinales du moyen-âge et les secrets des sorcières
 
Merci à notre Amie Carabosse pour cette belle photo de Moriganne
 
 
Repost 0

Rechercher

♦♦♦