6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 10:41

 

              Etant en mission pour notre commanderie Templière de Sainte -Eulalie, auprès de nos Frères Teutoniques, je traversais une superbe région située à l’est de notre belle France, l’Alsace.
              Me trouvant entre les villages d’Obernai et d’Ottrott, l’on m’indiqua une montagne émergeant d’un riche vignoble que l’on me désigna sous le nom d’ Odilienberg (Mt Ste Odile). Devant mon questionnement, l’on me fit savoir que ce haut lieu d’Alsace était connu depuis la plus haute antiquité, et que sur le chemin de cette cime sacrée s’étaient succédées de multiples foules : Celtes : bâtisseurs du fameux Mur Payen, long de dix Km, haut par endroit de 3 à 4 m. Légion Romaine : profitant du site fortifié par les Celtes, en avant poste, face aux Barbares Germains.
              Plus tard, à l’heure de mon récit, place forte du Dux Alsatia du moment : Adalric (Etichon) père d’Odile, notre héroïne.
              Hors donc nous nous trouvons aux alentours de l’an de grâce 660/662, sous les règnes cumulés de Childéric II en Austrasie (royaume de l’Est) et Clotaire III en neustrien (royaume de l’Ouest). Le Maire du Palais est alors Adalric (Alaric,Aldaric ou Etichon) tenant l’Alsace, une partie de la Bourgogne et de la Suisse. Le Dux se réjouit car il va être Père, souhaite un héritier mâle qui soutiendrait sa dynastie. Las, une fille naît, aveugle et quelque peu débile de surcroît. Le Dux furieux décide de supprimer cette fille qui déshonore sa race. Heureusement pour Odile, sa mère Bereswinde (nièce de St Leger et belle sœur de Childeric) cache l’enfant, la confie à une nourrice fidèle, laquelle élèvera Odile pendant douze ans. Dès lors, la jeune Odile partira pour le monastère de Palma ( Baume les Dames en Franche Comté).
              Ici commence le merveilleux : l’évêque Ehrhardt de Ratisbonne (oncle d’Odile) a un songe lui stipulant qu’il doit se rendre à Palma pour baptiser une jeune fille aveugle. Ehrhardt s’y rend donc,  accompagné de son frère Hydulphe, alors Abbé de Moyenmoutier en Suisse.  Les deux religieux baptisent alors Odilia (soleil de Dieu), laquelle retrouve la vue dès que le chrême lui touche les yeux. Miracle !!! Miracle qui immédiatement fit grand bruit dans la Chrétienté de l’époque. L’histoire venant aux oreilles d’Adalric, celui-ci entra dans une colère noire, à tel enseigne que lors du retour d’Odile accompagnée par un des ses frères,  Hugo (Hugues), ce dernier sera mis à mort par Adalric durant un accès de colère. Ce n’était d’ailleurs pas le premier, le Dux ayant auparavant fait assassiner Saint Germain, Abbé de Moutier (en suisse), lequel le gênait par ses prêches.
              Le Dux décide alors de marier sa fille Odile. Celle- ci s’enfuit, se réfugie  sur notre célèbre Mont, Adalric soudain dessillé accepte alors tout, et confie à sa fille l’Odilienberg où elle  édifiera  un couvent. Elle  sera alors la voix de l’Alsace, décidera de beaucoup de choses, introduira la « Laus Perennis », c'est-à-dire le chant des psaumes jour et nuit. Elle sera une grande bienfaitrice des pauvres gens et malades.  Elle gérera pour le moins trois couvents : Hohenbourg, Nidermunster et St Etienne où elle nommera  comme Abbesses trois des ses Nièces. Sa vie exemplaire en fera une Sainte vénérée par toute l’Alsace (elle en est d’ailleurs la Patronne). Et sera un jour enterrée au sein de son beau couvent tout en haut du célèbre  Mont Magique. L’on peut d’ailleurs encore de nos jour se recueillir sur sa tombe.
              J’ai plus haut nommé le Mont Sainte Odile « Mont Magique », en voici les raisons : l’on rencontre sur l’un de ses contreforts une source célèbre qui passe pour guérir les personnes qui en boivent ou qui se lavent les yeux. (Odile est d’ailleurs représentée en Abbesse tenant un livre ouvert sur lequel l’on voit deux yeux).
              Du temps de nos ancêtres Celtes, un collège de Druides officiait sur le Mont : grotte, menhir, dolmen, d’une façon assez similaire à ce qui se passait dans la forêt des Carnutes (Chartres). Le Mont Sainte Odile est un lieu profondément vibratoire qui a reçu le surnom de Mont Lumière : depuis plus de 3000 ans les foules s’y rencontrent et s’y croisent appliquant quelques préceptes célèbres : « tu n’élèveras  pas d’images sculptées  et tu ne prieras que dans les Temples par moi-même crées »
              Si il vous souhaitez connaître quelque peu l’âme de ce Haut Lieu, je vous engage à vous asseoir quelques instants à l’entrée du site au lieu dit : «  la Chapelle des Roches »  où quelques bancs vous attendent.
              Enfin et surtout je vous engage à vous rendre au moins une fois sur ce haut site historique, ne serait-ce que pour l’impression unique que vous ressentirez. Souvenez-vous, quelqu’un a dit un jour «  qu’il y avait des Lieux où souffle l’Esprit »  le Mont d’Odile en fait parti : foi de Templier.
 
 
 
Philippe le Templier
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7 août 2006 1 07 /08 /août /2006 12:35
 
              Médiéval et Moyen-Âge vous propose une légende de Franche Comté, c’est Heimrich l’empaleur qui nous la conte….
 
              Nous sommes en plein Moyen-Âge, plus précisément au XIVe siècle… Richard de Clémont, homme cruel rêvant de conquêtes, participe avec Henri d’Orbe, fils d’Etienne de Montfaucon, comte de Montbéliard, à la grande croisade contre le sultan Bajazet, sous la conduite du comte de Nevers.
              Richard exigeait des gens de son domaine toujours plus de redevances et amassait des richesses considérables dans les caves de son château.
               Sa femme Blussange avait le cœur généreux et souffrait du comportement de son mari. L’absence de Richard dura trois longues années. Le prévôt Renaud de Saint-maurice et quelques hommes d’armes étaient chargés de veiller sur le château et sur Blussange. Pendant ces trois années défavorables aux récoltes, Blussange se sentit obligée de soulager ses sujets en leur distribuant les réserves accumulées au château.
              Un soir, Richard rentra. Il était méconnaissable tant il avait souffert. Mais très vite, il entreprit la visite de ses réserves. Il s’en prit aussitôt à sa femme dont il connaissait la trop grande générosité. Mais le prévôt Renaud s’accusa pour sauver Blussange. La colère enleva à Richard tout son bon sens. De la terrasse du donjon, il contraignit Blussange à assister au spectacle du supplice du prévôt. La bonne dame s’évanouit.
               Richard perdit la raison. Chaque soir, il chevauchait un cheval noir le long des falaises du domaine et, ce qui devait arriver arriva… 
              La légende dit que le prévôt s’était vengé. On raconte que certains soirs de pleine lune des touristes fatigués et égarés croisent parfois dans la brume montante la silhouette d’un cavalier fantomatique… Mais c’est une légende bien sur !
 Poser la souris sur l'image....
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Renaud le pauvre prévot sur son lit de mort, torturé pour sa générosité par le cruel Richard de Clémont. http://medieval-moyen-age.net
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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 17:08
Il était une fois, dans un grand manoir…
 
Seul dans un grand salon, un petit garçon de sept ans, William, découvrait ses cadeaux de noël au pied du sapin : un beau vélo rouge et un livre « Alice au pays des merveilles ».
Ne pouvant utiliser son nouveau vélo car il y avait beaucoup de neige dehors, William s’installa près de la grande cheminée et ouvrit son beau livre.
 
Il entendit soudain qu’on l’appelait depuis le jardin. En regardant par la fenêtre, il vit son vélo rouge au milieu d’une allée inondée de soleil…Toute la neige avait disparu...
« Alors tu te dépêches ! » non il ne rêvait pas, son vélo rouge tapait de la pédale et s’impatientait. William sorti en courant et grimpa sur le curieux engin qui s’envola aussitôt dans le ciel.
« Chouette ! » s’écria William.
Ils survolèrent champs, forêts et grands lacs, le vélo magique filait à travers le ciel.
« Mais ou allons nous ? » demanda à voix haute le jeune garçon.
« Nous allons voir les princesse Ollie et Olla » répondit le vélo.
« Mais pourquoi ? » questionna le garçon.
« Parce que c’est écrit…»
« Écrit ? »
« Oui c’est écrit dans le livre qui est dans ta poche » indiqua le vélo rouge.
A cet instant, William senti quelque chose dans son blouson… C’était son livre de noël. Il était semblable à un petit détail près, le titre avait changé, il se nommait à présent William au pays des merveilles.
Ils voyagèrent sept jours et sept nuits. A l’aube du huitième jour, le vélo rouge se posa dans une petite clairière devant une modeste cabane de bois. Deux princesses d’une grande beauté l’habitaient. Elles vivaient  dans une seule pièce meublée seulement d’une table et d’un grand lit.
Ollie s’approcha de lui :
« Le méchant magicien Worms a prit le pouvoir sur notre royaume. Il est cruel et tue tous ceux qui sont contre lui. Seul un enfant âgé de sept ans peut réunir les sept pierres sur « l’Arbre des Possibles » et lever cette terrible malédiction. Elles redonneront Paix, Liberté, Amour, Beauté, Richesse, Connaissance et Bonheur au royaume et détruiront à jamais le méchant Worms. C’est écrit dans le livre magique, toi seul peux nous sauver. Nous te donnons les deux premières pierres, poursuit ta quête jusqu’au château noir, bonne chance William ».
« Allons-y » dit le vélo.
Ils prirent le chemin indiqué par les princesses. Alors qu’ils cheminaient tranquillement ils entendirent chanter au loin :
« Un jour mon prince viendra… un jour il me dira… »
 Ils virent alors un balai qui nettoyait le chemin. En les voyant approcher, le balai fonça sur eux en criant joyeusement
« Mon prince, voila mon prince, quel vélo magnifique ! »
 Il tournoyait autour d’eux, sautait partout et soulevait de plus en plus de poussière. William et son vélo se sauvèrent très vite laissant derrière eux le balai amoureux...
 
Quelques temps plus tard, ils entendirent des pleurs dans un petit bois. Une petite main sanglotait sur une branche et serrait très fort le poing.
« Que se passe t’il » demanda William 
«Il y a des méchants qui veulent me prendre ma jolie pierre, la bouche mordeuse m’a volé un doigt et m’a menacé de tous les prendre ! » répondit la petite main.
« J’ai besoin de ta pierre » dit gentiment William
« Si tu me la donnes, je te promet de t’offrir très vite une belle bague, tu seras très jolie avec ».
Soudain, quelque chose tomba sur William et l’attaqua férocement. La main mordeuse voulait lui arracher le nez ! Prenant son courage à deux mains, il lui cloua la bouche avec la ceinture de son pantalon. Il récupéra et rendit le doigt à la petite main.
« Ho merci » dit elle,
« Je t’offre ma pierre, à bientôt petit garçon ! »
 
Ils avaient maintenant trois pierres, mais la route était encore longue.
 
Arrivant dans une clairière, ils découvrirent une grande table avec un service de porcelaine qui servait des plats chauds, de beaux desserts en poussant joyeusement la chansonnette. Les assiettes défilaient devant les plats, tandis que les cuillères les remplissaient sous l’œil nerveux des couteaux et des fourchettes. Au centre de la table, trônait une magnifique pierre verte.
Une chaise fit asseoir William pendant que d‘autres plaçaient le vélo à ses cotés.
On lui servit à manger dans une assiette, mais dés que William voulu y toucher, les fourchettes s’échappaient de ses mains et de nouveaux plats se remplissaient. William ne pouvait rien manger et commençait à se lasser. Il voulait la pierre, c’est tout.
Il tourna la tête vers son vélo et lui fit signe, il compta
« 1…2…3 ! »
William bondit pour s’emparer de la pierre et de quelques biscuits au passage puis grimpa sur son vélo qui s’envola rapidement suivit de près par des couteaux très en colère.
Ils prirent de la vitesse et semèrent le service fou.
 
Dans le ciel, ils croisèrent une magnifique licorne, elle se nommait Flamme et connaissait le lieu ou se trouvait la cinquième pierre. Elle leur indiqua une caverne ou selon la légende vivait un affreux ogre. Le lieu n’était pas très accueillant mais William était un garçon courageux.
Il trouva l’ogre, il était très grand, vert et hideux mais ne semblait pas si méchant. 
Il lui donna généreusement la pierre en échange de quelques biscuits. William partit rapidement, laissant l’ogre à son occupation favorite…manger.
 
Ils poursuivirent leur chemin le long d’un très beau lac rempli d’oiseaux de toutes les couleurs et de grenouilles rose et bleue. Au loin, ils apercevaient les tours du château noir, entouré de ronces et peuplé de chauves-souris.
« A l’aide !! Au secours ! »
Un petit ver de terre criait de terreur. Il était coincé sur un gros rocher au milieu du lac. Les poissons lui tournaient autour en attendant la première occasion pour le manger. William et son vélo se posèrent sur le rocher pour le secourir.
William le prit sur son épaule et ensemble, ils regagnèrent la terre ferme.
« Je m’appelle Loopy et vous m’avez sauvé d’une mort horrible, comment puis je vous remercier ? »
William lui raconta son histoire, les sept pierres, l’Arbre des Possibles, Worms…
« Je connais l’Arbre des Possibles mais je ne sais pas où se trouve les pierres. Je peux vous accompagner si vous le souhaiter. En attendant venez chez moi, je vous servirai quelque chose à boire. »
Loopy vivait dans un grand arbre plein de trous avec toute sa famille. En s’approchant William vit par une  fenêtre tout un mobilier miniature fait de bois, de pierres et de feuilles. Dans ce qui devait être le salon, William vit une splendide pierre noire qui servait de table basse.
« Loopy,  je crois que tu as la sixième pierre…c’est incroyable, c’est ta table de salon ! »
« Quoi ! Ce gros rocher une pierre magique ! Je ne le crois pas vraiment. Mais si tu la veux je te la donne, je suis vivant grâce à toi et à ton vélo. William but une gorgée d’eau dans une feuille, prit la table de salon et repartit pour son aventure avec Loopy sur son épaule.
 
Ils étaient à présent au pied du château sombre. Devant eux se trouvait un jardin magique fermé par un grand portail. Devant un écriteau accroché à un gros arbre indiquait :
« Mange moi et tu entreras »
Sur l’arbre il y avait une unique pomme. William approcha sa main pour la saisir et soudain des centaines de pommes apparurent.
« Attention » cria Loopy
«  La légende dit qu’une seule pomme est la bonne, les autres sont empoisonnées.» dit Loopy
William réfléchit, il avait six pierres, il avait sept ans, il était courageux et il avait été choisi. Il ne pouvait pas se tromper maintenant. Il suivit son instinct et pris une belle pomme rouge au hasard. Sous l’oeil inquiet de ses deux compagnons, il en croqua un morceau. Rien. Il en croqua un autre bout et…
 « Aie ! » Il y avait quelque chose de dur dans la pomme, un scintillement rouge…  La septième pierre était là. William avait réussit mais il avait cassé une de ses dent.
Le portail s’ouvrit sur un jardin sombre.
Au centre se trouvait un petit arbre « l’Arbre des Possibles » qui brillait de mille feux.
Il accrocha une à une les pierres, l’arbre scintillait de plus en plus. Quand William posa la dernière pierre, la terre se mit à vibrer, les ronces disparurent comme par enchantement et le château devint d’un blanc éclatant. De Worms le méchant, il ne restait plus qu’une statue de pierre. Personne ne le revit jamais.
Les deux princesses montèrent sur le trône, la petite main obtint sa jolie bague et Loopy une nouvelle table de salon. Tous les habitants du royaume crièrent 
 « William, William! Vive William ! »
 
« William… William… » Le petit garçon ouvrit les yeux et se trouva face à sa mère devant la grande cheminée du manoir.
« Viens manger, il est l’heure. » lui dit-elle.

Dehors il neigeait toujours, le vélo rouge devant le sapin lui fit un clin d’œil

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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 18:26

              Un nouvel article sur Médiéval et Moyen-Âge proposé par Philippe le Templier… La légende des mystérieuses Dames Blanches…

 
              Qui ne connaît une histoire de Dame Blanche racontée à la veillée par quelque proche qui l’aurait rencontré, ou à qui quelqu’un avait dit l’avoir vue.
 
              Ce fantôme familier est très courant en Europe, particulièrement en France, vieille terre Celtique emplie de mystères et de légendes, où le surnaturel effleure parfois le réel.
 
              La Dame Blanche est en général jeune et belle, elle est le plus souvent gentille et bénéfique particulièrement en faveur des enfants. (Bonne Fée)
Parfois elle est triste, pleure, demande de l’aide et réclame qu’on la suive, ce qu’il faut toujours faire car la Vox Populi affirme que la personne ayant le courage de suivre une Dame Blanche s’en portera  plutôt bien : découverte de trésor, guérison miraculeuse, catastrophe évitée…
En revanche, il ne faut jamais essayer de surprendre ou de suivre une Dame Blanche sans son accord, il risquerait de vous arriver quelque chose de funeste. (Souvenez vous de mon article sur Mélusine).
 
              La Dame Blanche est réputée pour la prévention des catastrophes et des accidents : aussi la rencontre t’on souvent au bord des routes aux endroits particulièrement dangereux où il y a déjà eu mort d’homme.
Que pourrait on en déduire ? Qu’il s’agit d’une âme en peine ne trouvant pas son chemin ? Ou bien de quelqu’un essayant d’éviter aux autres  ce qui lui est arrivé ? Mais alors pourquoi toujours une femme tout de blanc vêtue ? Et non un spectre classique ? L’Au-delà serait il féministe plus que dans le Réel ?
 
              Souvent l’on rencontre la Dame Blanche dans les ruines d’un Château du Moyen Âge ou d’une tour médiévale, et là elle pleure ! Il est alors bon de savoir où elle apparaît et où elle disparaît car il s’agit certainement de l’endroit de sa tombe. Nous nous trouvons alors devant un cas de hantise par une Ame en peine qu’il faut soulager, souvent par la prière ou par le fait de lui faire dire une messe de repos.
 
              Mais surtout et enfin, pourquoi une Dame Blanche, plutôt que quelqu’un d’autre ? Serait ce parce que les Druidesses étaient habillées ainsi (les Druides également d’ailleurs), mais aussi et surtout parce que la couleur du deuil était le Blanc, c’est pourquoi les Reines de France, devenues veuves étaient de blanc vêtues.
 
              Nous pouvons également nous interroger sur les apparitions miraculeuses. Hormis la Dame qui parle ouvertement de religion, que sont donc les autres ? Des Dames Blanches ! Souvenez vous il faut toujours chercher à savoir ce qu’elles désirent, et si possible les satisfaire. Je pense pour mon compte qu’un contact quel qu’il soit est toujours bénéfique, aussi si vous rencontrez une Jeune et Jolie Dame habillée de Blanc écoutez là, vous ferez bien, il vous sera toujours possible après coup d’exercer votre libre arbitre.
 
              Il me reste à souhaiter que vous aimiez ce nouveau texte, sur un sujet somme toute délicat, et qu’il vous fera réagir comme souvent.
 
Fraternellement PHILIPPE LE TEMPLIER
 
 
 

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7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 16:34

     

                   Sire Philippe le Templier prend la plume pour nous conter une très vieille légende que sa sœur l’Abbesse Clémence lui a transmise. L’origine en est très lointaine, bien avant le Moyen Age. Le mythe de la fée serpent est universel et très ancien, on retrouve des histoires semblables chez les Celtes, les Romains, les contes Arabes et même au Japon… En France c’est le roman en prose de Jean d’Arras écrit au Moyen Age entre 1387 et 1392 qui a contribué à sa popularité. Peut être que vous-même, un soir au coin du feu, vous raconterez à vos petits enfants cette belle légende, contribuant ainsi à la transmission orale de nos contes, légendes et traditions... Je laisse la parole à Philippe…  

 
 
                   Je vais vous conter aujourd’hui, à défaut des grandes douleurs du Moyen Age, une histoire que Clémence a recopiée et enluminé et qu’elle m’a racontée, je parle donc par sa bouche. Il s’agit du mythe de Mélusine, grande bâtisseuse et grande amoureuse s’il en fut… Histoire faite de rencontres et de coups de foudre, et mettant en relief l’inconstance des hommes et leur méfiance funeste.
 
                   Nous sommes loin dans le temps de la légende et de l’histoire entremêlées, le Roi d’Ecosse Elinas, chassant, rencontre en forêt une femme se baignant nue dans une fontaine (à la claire fontaine), il s’agit de la Fée Persine, la reine des Fées d’Ecosse. Elinas rempli d’amour la contemple, tandis que celle-ci lui annonce que leurs vies vont se mêler en un amour parfait, néanmoins, pour que cela soit, Elinas doit promettre de ne jamais rencontrer Persine durant ses couches, Fou d’amour, Elinas jure tout ce que l’on veut. Le marché étant conclu, Persine met au monde trois filles : Mélusine, Mélior, et Palestine. Malheureusement le bonheur comme toute chose est éphémère, Mataquas, fils d’un premier lit d’Elinas distille le doute dans l’esprit de son père, tant et si bien qu’un jour ce dernier surprend Persine et ses trois filles au bain. Fatalitas.. ! Le couple se sépare et la Fée disparaît alors avec ses trois enfants pour la célèbre île d’Avallon où elle élève seule et dans le chagrin Mélusine, Mélior et Palestine. Du sommet de l’île elle contemple l’Ecosse et ressasse sa rancœur : ses filles s’en aperçoivent et à l’appel de l’aînée, Mélusine, elles décident de venger leur mère. Devenues expertes en sciences occultes elles enferment par magie leur père au sein d’une montagne. Apprenant le sort funeste d’Elinas, Persine maudit ses trois filles et les chasse d’Avallon, prédisant à Mélusine, seule responsable à ses yeux, un avenir incertain : tous les samedis (jour de sabbat) elle sera changée en femme à queue de serpent, personne ne pouvant la voir durant cette période, et surtout pas un hypothétique époux. Persine prédit également à Mélusine qu’elle sera la source d’une nombreuse descendance noble et célèbre. Mélior quant à elle deviendra la Reine des étoiles filantes, tandis que Palestine sera princesse des cygnes blancs…
 
                   Mélusine chassée d’Avallon entre en terre de France, plus précisément en Poitou, et passant de nuit près de la Fontaine de Sée, en forêt de Colombier, se dénude et se baigne à la clarté de l’astre des nuits. Dans les environs, Raimondin, compagnon du Comte de Poitou, galope furieusement, car… Fatalitas… Il a occis son oncle Aimeri lors d’un accident de chasse. L’histoire se répète, rencontrant Mélusine, il tombe en amour et oublie ses tourments, la Fée lui promettant la félicité à condition de ne jamais chercher à la rencontrer le samedi. Raimondin, pardonné pour la mort d’Aimeri obtient le fief de Lusignan (nom qui deviendra fort célèbre), épouse Mélusine dans une chapelle construite dans la nuit par cette dernière. La Serpente Fée donne alors tout son art à la construction : abbayes, églises, châteaux, aidée en cela par le Petit Peuple des Lutins, Farfadets et autres Korrigans. Ainsi sortent de terre grâce à la Fée Architecte, Tiffauges, Talmont, Parthenay, Vouvant, les tours de la Rochelle et de Niort et tant et tant d’autres. Il ne faut surtout pas déranger la Fée dans son œuvre, sinon le travail sera inachevé, ainsi il manque la dernière pierre de la flèche de l’église de Parthenay.
 
                   De son union avec Raimondin elle aura dix fils, bizarres, bizarres, l’un a une griffe de lion, l’autre une grande dent, un gros nez, les yeux pers, voire une peau de serpent comme sa mère. Fatalitas, l’histoire se répétant et la jalousie aidant, Raimondin conseillé par son frère le Comte de Forez craignant une tromperie surprend un samedi Mélusine en Serpente Fée au bain, cette dernière lance alors un cri déchirant et s’envole par la fenêtre, disparaissant et quittant Raimondin pour toujours… Raimondin fou de douleur se fait ermite au Monastère de Montserrat, tandis que la fée, mère avant tout revient en cachette s’occuper des ses dix enfants, lesquels deviendront les ancêtres de lignées fabuleuses.
 
                   L’on dit qu’elle est toujours présente, veillant sur son petit monde, et qu’elle apparaît lorsque l’un de ses héritiers est proche du trépas ou lorsque l’une de ses constructions doit quitter le legs familial. On la nommera alors la Mère Lusigne (mère des Lusignan, l’un d’entre eux deviendra un jour Roi de Jérusalem, mais ceci est une autre histoire) Par cette légende, nous retrouvons quelque peu le mythe d’Isis et de celui de Médée... Comme quoi l’inconstance et la méfiance sont de toutes les époques.
 
 
 
 

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