Medieval et Moyen Age
Sire Philippe le Templier prend la plume pour nous conter une très vieille légende que sa sœur l’Abbesse Clémence lui a transmise. L’origine en est très lointaine, bien avant le Moyen Age. Le mythe de la fée serpent est universel et très ancien, on retrouve des histoires semblables chez les Celtes, les Romains, les contes Arabes et même au Japon… En France c’est le roman en prose de Jean d’Arras écrit au Moyen Age entre 1387 et 1392 qui a contribué à sa popularité. Peut être que vous-même, un soir au coin du feu, vous raconterez à vos petits enfants cette belle légende, contribuant ainsi à la transmission orale de nos contes, légendes et traditions... Je laisse la parole à Philippe…
Je vais vous conter aujourd’hui, à défaut des grandes douleurs du Moyen Age, une histoire que Clémence a recopiée et enluminé et qu’elle m’a racontée, je parle donc par sa bouche. Il s’agit du mythe de Mélusine, grande bâtisseuse et grande amoureuse s’il en fut… Histoire faite de rencontres et de coups de foudre, et mettant en relief l’inconstance des hommes et leur méfiance funeste. Nous sommes loin dans le temps de la légende et de l’histoire entremêlées, le Roi d’Ecosse Elinas, chassant, rencontre en forêt une femme se baignant nue dans une fontaine (à la claire fontaine), il s’agit de la Fée Persine, la reine des Fées d’Ecosse. Elinas rempli d’amour la contemple, tandis que celle-ci lui annonce que leurs vies vont se mêler en un amour parfait, néanmoins, pour que cela soit, Elinas doit promettre de ne jamais rencontrer Persine durant ses couches, Fou d’amour, Elinas jure tout ce que l’on veut. Le marché étant conclu, Persine met au monde trois filles : Mélusine, Mélior, et Palestine. Malheureusement le bonheur comme toute chose est éphémère, Mataquas, fils d’un premier lit d’Elinas distille le doute dans l’esprit de son père, tant et si bien qu’un jour ce dernier surprend Persine et ses trois filles au bain. Fatalitas.. ! Le couple se sépare et la Fée disparaît alors avec ses trois enfants pour la célèbre île d’Avallon où elle élève seule et dans le chagrin Mélusine, Mélior et Palestine. Du sommet de l’île elle contemple l’Ecosse et ressasse sa rancœur : ses filles s’en aperçoivent et à l’appel de l’aînée, Mélusine, elles décident de venger leur mère. Devenues expertes en sciences occultes elles enferment par magie leur père au sein d’une montagne. Apprenant le sort funeste d’Elinas, Persine maudit ses trois filles et les chasse d’Avallon, prédisant à Mélusine, seule responsable à ses yeux, un avenir incertain : tous les samedis (jour de sabbat) elle sera changée en femme à queue de serpent, personne ne pouvant la voir durant cette période, et surtout pas un hypothétique époux. Persine prédit également à Mélusine qu’elle sera la source d’une nombreuse descendance noble et célèbre. Mélior quant à elle deviendra la Reine des étoiles filantes, tandis que Palestine sera princesse des cygnes blancs… Mélusine chassée d’Avallon entre en terre de France, plus précisément en Poitou, et passant de nuit près de la Fontaine de Sée, en forêt de Colombier, se dénude et se baigne à la clarté de l’astre des nuits. Dans les environs, Raimondin, compagnon du Comte de Poitou, galope furieusement, car… Fatalitas… Il a occis son oncle Aimeri lors d’un accident de chasse. L’histoire se répète, rencontrant Mélusine, il tombe en amour et oublie ses tourments, la Fée lui promettant la félicité à condition de ne jamais chercher à la rencontrer le samedi. Raimondin, pardonné pour la mort d’Aimeri obtient le fief de Lusignan (nom qui deviendra fort célèbre), épouse Mélusine dans une chapelle construite dans la nuit par cette dernière. La Serpente Fée donne alors tout son art à la construction : abbayes, églises, châteaux, aidée en cela par le Petit Peuple des Lutins, Farfadets et autres Korrigans. Ainsi sortent de terre grâce à la Fée Architecte, Tiffauges, Talmont, Parthenay, Vouvant, les tours de la Rochelle et de Niort et tant et tant d’autres. Il ne faut surtout pas déranger la Fée dans son œuvre, sinon le travail sera inachevé, ainsi il manque la dernière pierre de la flèche de l’église de Parthenay. De son union avec Raimondin elle aura dix fils, bizarres, bizarres, l’un a une griffe de lion, l’autre une grande dent, un gros nez, les yeux pers, voire une peau de serpent comme sa mère. Fatalitas, l’histoire se répétant et la jalousie aidant, Raimondin conseillé par son frère le Comte de Forez craignant une tromperie surprend un samedi Mélusine en Serpente Fée au bain, cette dernière lance alors un cri déchirant et s’envole par la fenêtre, disparaissant et quittant Raimondin pour toujours… Raimondin fou de douleur se fait ermite au Monastère de Montserrat, tandis que la fée, mère avant tout revient en cachette s’occuper des ses dix enfants, lesquels deviendront les ancêtres de lignées fabuleuses. L’on dit qu’elle est toujours présente, veillant sur son petit monde, et qu’elle apparaît lorsque l’un de ses héritiers est proche du trépas ou lorsque l’une de ses constructions doit quitter le legs familial. On la nommera alors la Mère Lusigne (mère des Lusignan, l’un d’entre eux deviendra un jour Roi de Jérusalem, mais ceci est une autre histoire) Par cette légende, nous retrouvons quelque peu le mythe d’Isis et de celui de Médée... Comme quoi l’inconstance et la méfiance sont de toutes les époques.Merci pour ce nouvel article. J'y retrouve des lieux que j'ai hâte de visiter lors de mes prochaines vacances.... Vivement le mois de juin !!!!
Bisous Honorius.
Toi qui connais bien la fée Palestine ne peux-tu l'invoquer pour sauver tous ces beaux cygnes blancs qui meurent en ce moment.
Bisous à tous ceux qui passeront par ici.
- le 07/03/2006 à 18h15
Agréablement surprise! Une histoire de fée! Rires! Enfin des précisions sur la fée Mélusine! Très intéressant comme toujours! Rires! je vais faire un article et vous envoyer pas de mal de lecteurs, j' l'espère! Sinon une petite pensée pour notre vieux sorcier Honorius, prends soin de toi!
J'aime rire avec les fées, d'ailleurs on dit qu'elles trouvent leur origine dans le premeir rire d'un bébé. Ma tite Carabosse ne me contredira pasni les autres fées.
Merci à toi Philiippe pour ce "conte de fée" et gros bsisous à vous tous , on ne t'oublie pas "vieux sorcier"
Gros bisous à mon Vieux Sorcier. J'espère que tu guéris un petit peu plus chaque jour.
Maja.
Bonne soirée et bravo encore .
Un grand merci à dame Clémence (qui certes ,est plus clémente envers ces messieurs que ne l'était Mélusine) de nous raconter cette légende et à Sire Philippe de bien avoir voulu lui tenir la chandelle afin qu'elle puisse nous la rédiger dans ce froid pays de Franche Comté ou ils commencaient à manquer d'électricité.(Oh oui Honorius je sais c'est pas médiéval,mais pour une fois que tu n'es pas là pour tout surveiller,au fait comment vas tu?Hate de te revoir quand meme!)
Fortiche cette Mélusine et dejà une vraie féministe,s'inventer une queue de serpent pour etre tranquille le week end ,personne ne l'avait jamais faite celle là et la" commune" des mortelles peut toujours essayer d'envoyer son mari au monastère de nos jours:ça ne prendra pas;!quant à moi ce n'est pas une queue de serpent qui va me pousser si je continue mais une langue de vipère,je vais donc relire cette magnifique légende avec plus de sérieux et bouche fermée!Bien sur avant j'envoie un gros bisou à Clémence ,Philippe,Honorius ,Belette et Moriganne.
PS :Plumette tu as tout à fait raison pour la légende des fées ,rien de plus beau ,mais attention....Que l'on oublie plus d'inviter la fée carabosse lors des baptemes!
Décidément, Philippe aime ma région d'adoption ;).
Pour avoir vécut presqu'un an à Lusignan (mon gagne-pain est à côté), je peux t'assurer qu'il est dommage... qu'il ne reste presque plus rien du château de cette grande famille !
Aujourd'hui, je trouve que cette ville manque singulièrement de magie, ce qui est surprenant au vu de son histoire...