Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 11:27

       Voici la seconde partie du voyage imaginaire de Philippe le Templier...

 

       Remontant dans la nef,  je passe auprès du gisant du Roi Philippe Ier inhumé ici en 1108 en ayant désiré être enseveli au sein de cette basilique au plus près du Patriarche des Moines : Benoît de Murcie. Le gisant du Roi le représente couché sur quatre lions, les yeux grands ouverts regardant son avenir incertain dans l'Au-delà. Singulier personnage, singulière histoire : c'est au cours de son règne que se déroula la Première Croisade, avec le succès que l'on sait par la prise de Jérusalem en 1099, et la création de notre Ordre quelques temps plus tard.


      Philippe répudie sa reine Berthe de Frise qui selon lui était trop « grasse », il l'exile au château de Montreuil su Mer (issu de sa propre Dote) où elle mourra. Le Roi s'empresse alors auprès de la très mince, très jolie et très sulfureuse Bertrade de Montfort. Hélas, Bertrade est déjà mariée au Comte Foulque IV d'Anjou dit le Réchin (querelleur). De ce fait, Philippe sera excommunié, le Royaume frappé d'Interdit, par le Pape Urbain II (l'Initiateur de la Ière Croisade). Philippe trouvera malgré tout un Évêque acceptant de prononcer le mariage, ceci réactivant la fureur du pape Urbain et de son successeur Pascal II. Philippe et Bertrade seront dès lors condamnés à se rendre pieds nus et en chemise devant le Saint Père afin de faire amende honorable. Bertrade prendra même le voile à Fontevrault. Cela me fait penser que tout recommence et recommence éternellement : Notre roi Philippe, n'a-t-il pas également des problèmes avec ses reines : Isabelle de Hainaut meurt prématurément après moult scènes de ménages, Ingeburge de Danemark déplait tellement à Philippe, malgré sa très grande beauté que l'on parle de sorcellerie, de ce fait elle se trouve répudiée, enfin Agnès de Méranie, par chance trouve grâce auprès du Roi, il en est même fort épris, ceci même en face du Pape battant froid à Agnès. Hélas, la Reine décède en couches avec le petit Tristan au nom prédestiné. Philippe, de guerre lasse se doit donc de reprendre pour femme Ingeburge, celle-ci deviendra sa veuve et lui survivra treize ans...

 

       Me voici en route pour Coulommiers, en fait, il s'agit d'une très belle Maison, fort bien située, proche de Paris, de Provins et surtout sur la route du sud, celle des départs pour la Terre Sainte. M'étant acquitté de ma mission pour l'Ordre et me reposant le soir dans le dortoir, sur ma paillasse, je pense à ces deux Philippe, Rois de leur état, ayant eu tant de problèmes, les ayant plus ou moins bien résolus, et je conserve dans mon esprit le regard de pierre anxieux de Philippe le Premier, non sans oublier que moi aussi je me nomme Philippe.

 

Sources : La vie de la France et des Français, Le guide Noir de la France, Histoire des Templiers, Généalogie des Rois de France, Généalogie des Reines de Frances, La vie des Papes, photos personnelles ...


.
                                     


.
Ecrire un commentaire - Voir les 41 commentaires
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés