Contes et Légendes

Jeudi 18 mai 2006 4 18 /05 /2006 19:26

              Un nouvel article sur Médiéval et Moyen-Âge proposé par Philippe le Templier… La légende des mystérieuses Dames Blanches…

 
              Qui ne connaît une histoire de Dame Blanche racontée à la veillée par quelque proche qui l’aurait rencontré, ou à qui quelqu’un avait dit l’avoir vue.
 
              Ce fantôme familier est très courant en Europe, particulièrement en France, vieille terre Celtique emplie de mystères et de légendes, où le surnaturel effleure parfois le réel.
 
              La Dame Blanche est en général jeune et belle, elle est le plus souvent gentille et bénéfique particulièrement en faveur des enfants. (Bonne Fée)
Parfois elle est triste, pleure, demande de l’aide et réclame qu’on la suive, ce qu’il faut toujours faire car la Vox Populi affirme que la personne ayant le courage de suivre une Dame Blanche s’en portera  plutôt bien : découverte de trésor, guérison miraculeuse, catastrophe évitée…
En revanche, il ne faut jamais essayer de surprendre ou de suivre une Dame Blanche sans son accord, il risquerait de vous arriver quelque chose de funeste. (Souvenez vous de mon article sur Mélusine).
 
              La Dame Blanche est réputée pour la prévention des catastrophes et des accidents : aussi la rencontre t’on souvent au bord des routes aux endroits particulièrement dangereux où il y a déjà eu mort d’homme.
Que pourrait on en déduire ? Qu’il s’agit d’une âme en peine ne trouvant pas son chemin ? Ou bien de quelqu’un essayant d’éviter aux autres  ce qui lui est arrivé ? Mais alors pourquoi toujours une femme tout de blanc vêtue ? Et non un spectre classique ? L’Au-delà serait il féministe plus que dans le Réel ?
 
              Souvent l’on rencontre la Dame Blanche dans les ruines d’un Château du Moyen Âge ou d’une tour médiévale, et là elle pleure ! Il est alors bon de savoir où elle apparaît et où elle disparaît car il s’agit certainement de l’endroit de sa tombe. Nous nous trouvons alors devant un cas de hantise par une Ame en peine qu’il faut soulager, souvent par la prière ou par le fait de lui faire dire une messe de repos.
 
              Mais surtout et enfin, pourquoi une Dame Blanche, plutôt que quelqu’un d’autre ? Serait ce parce que les Druidesses étaient habillées ainsi (les Druides également d’ailleurs), mais aussi et surtout parce que la couleur du deuil était le Blanc, c’est pourquoi les Reines de France, devenues veuves étaient de blanc vêtues.
 
              Nous pouvons également nous interroger sur les apparitions miraculeuses. Hormis la Dame qui parle ouvertement de religion, que sont donc les autres ? Des Dames Blanches ! Souvenez vous il faut toujours chercher à savoir ce qu’elles désirent, et si possible les satisfaire. Je pense pour mon compte qu’un contact quel qu’il soit est toujours bénéfique, aussi si vous rencontrez une Jeune et Jolie Dame habillée de Blanc écoutez là, vous ferez bien, il vous sera toujours possible après coup d’exercer votre libre arbitre.
 
              Il me reste à souhaiter que vous aimiez ce nouveau texte, sur un sujet somme toute délicat, et qu’il vous fera réagir comme souvent.
 
Fraternellement PHILIPPE LE TEMPLIER
 
 
 
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Mardi 7 mars 2006 2 07 /03 /2006 16:34

     

                   Sire Philippe le Templier prend la plume pour nous conter une très vieille légende que sa sœur l’Abbesse Clémence lui a transmise. L’origine en est très lointaine, bien avant le Moyen Age. Le mythe de la fée serpent est universel et très ancien, on retrouve des histoires semblables chez les Celtes, les Romains, les contes Arabes et même au Japon… En France c’est le roman en prose de Jean d’Arras écrit au Moyen Age entre 1387 et 1392 qui a contribué à sa popularité. Peut être que vous-même, un soir au coin du feu, vous raconterez à vos petits enfants cette belle légende, contribuant ainsi à la transmission orale de nos contes, légendes et traditions... Je laisse la parole à Philippe…  

 
 
                   Je vais vous conter aujourd’hui, à défaut des grandes douleurs du Moyen Age, une histoire que Clémence a recopiée et enluminé et qu’elle m’a racontée, je parle donc par sa bouche. Il s’agit du mythe de Mélusine, grande bâtisseuse et grande amoureuse s’il en fut… Histoire faite de rencontres et de coups de foudre, et mettant en relief l’inconstance des hommes et leur méfiance funeste.
 
                   Nous sommes loin dans le temps de la légende et de l’histoire entremêlées, le Roi d’Ecosse Elinas, chassant, rencontre en forêt une femme se baignant nue dans une fontaine (à la claire fontaine), il s’agit de la Fée Persine, la reine des Fées d’Ecosse. Elinas rempli d’amour la contemple, tandis que celle-ci lui annonce que leurs vies vont se mêler en un amour parfait, néanmoins, pour que cela soit, Elinas doit promettre de ne jamais rencontrer Persine durant ses couches, Fou d’amour, Elinas jure tout ce que l’on veut. Le marché étant conclu, Persine met au monde trois filles : Mélusine, Mélior, et Palestine. Malheureusement le bonheur comme toute chose est éphémère, Mataquas, fils d’un premier lit d’Elinas distille le doute dans l’esprit de son père, tant et si bien qu’un jour ce dernier surprend Persine et ses trois filles au bain. Fatalitas.. ! Le couple se sépare et la Fée disparaît alors avec ses trois enfants pour la célèbre île d’Avallon où elle élève seule et dans le chagrin Mélusine, Mélior et Palestine. Du sommet de l’île elle contemple l’Ecosse et ressasse sa rancœur : ses filles s’en aperçoivent et à l’appel de l’aînée, Mélusine, elles décident de venger leur mère. Devenues expertes en sciences occultes elles enferment par magie leur père au sein d’une montagne. Apprenant le sort funeste d’Elinas, Persine maudit ses trois filles et les chasse d’Avallon, prédisant à Mélusine, seule responsable à ses yeux, un avenir incertain : tous les samedis (jour de sabbat) elle sera changée en femme à queue de serpent, personne ne pouvant la voir durant cette période, et surtout pas un hypothétique époux. Persine prédit également à Mélusine qu’elle sera la source d’une nombreuse descendance noble et célèbre. Mélior quant à elle deviendra la Reine des étoiles filantes, tandis que Palestine sera princesse des cygnes blancs…
 
                   Mélusine chassée d’Avallon entre en terre de France, plus précisément en Poitou, et passant de nuit près de la Fontaine de Sée, en forêt de Colombier, se dénude et se baigne à la clarté de l’astre des nuits. Dans les environs, Raimondin, compagnon du Comte de Poitou, galope furieusement, car… Fatalitas… Il a occis son oncle Aimeri lors d’un accident de chasse. L’histoire se répète, rencontrant Mélusine, il tombe en amour et oublie ses tourments, la Fée lui promettant la félicité à condition de ne jamais chercher à la rencontrer le samedi. Raimondin, pardonné pour la mort d’Aimeri obtient le fief de Lusignan (nom qui deviendra fort célèbre), épouse Mélusine dans une chapelle construite dans la nuit par cette dernière. La Serpente Fée donne alors tout son art à la construction : abbayes, églises, châteaux, aidée en cela par le Petit Peuple des Lutins, Farfadets et autres Korrigans. Ainsi sortent de terre grâce à la Fée Architecte, Tiffauges, Talmont, Parthenay, Vouvant, les tours de la Rochelle et de Niort et tant et tant d’autres. Il ne faut surtout pas déranger la Fée dans son œuvre, sinon le travail sera inachevé, ainsi il manque la dernière pierre de la flèche de l’église de Parthenay.
 
                   De son union avec Raimondin elle aura dix fils, bizarres, bizarres, l’un a une griffe de lion, l’autre une grande dent, un gros nez, les yeux pers, voire une peau de serpent comme sa mère. Fatalitas, l’histoire se répétant et la jalousie aidant, Raimondin conseillé par son frère le Comte de Forez craignant une tromperie surprend un samedi Mélusine en Serpente Fée au bain, cette dernière lance alors un cri déchirant et s’envole par la fenêtre, disparaissant et quittant Raimondin pour toujours… Raimondin fou de douleur se fait ermite au Monastère de Montserrat, tandis que la fée, mère avant tout revient en cachette s’occuper des ses dix enfants, lesquels deviendront les ancêtres de lignées fabuleuses.
 
                   L’on dit qu’elle est toujours présente, veillant sur son petit monde, et qu’elle apparaît lorsque l’un de ses héritiers est proche du trépas ou lorsque l’une de ses constructions doit quitter le legs familial. On la nommera alors la Mère Lusigne (mère des Lusignan, l’un d’entre eux deviendra un jour Roi de Jérusalem, mais ceci est une autre histoire) Par cette légende, nous retrouvons quelque peu le mythe d’Isis et de celui de Médée... Comme quoi l’inconstance et la méfiance sont de toutes les époques.
 
 
 
 
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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /2006 21:22

 

             Sire Philippe le Templier prend à nouveau la plume pour conter sur Médiéval et Moyen-Age une terrible légende du Moyen-Age… Je lui laisse la parole… Et pendant ce temps, il fait quoi le vieux sorcier… (hi hi) 
 
             Qui était ce personnage : mythe, légende embryon scientifique ? Déjà un psaume de la Bible emploie le mot « Golem » pour expliquer l’origine de l’Homme ADAM dans sa matière première avant que le Dieu d’Israël lui donne le souffle de vie ainsi qu’une âme. 
              La légende raconte que certains vénérables Rabbins experts dans l’étude du Talmud et de la Cabale auraient réussi au Moyen Age a animer une statue d’argile, un Golem, afin de créer un défenseur de la Communauté Juive de l’époque, permettant à celle-ci de survivre, ceci à l’époque des Croisades, fertile en persécutions de toutes origines. 
              Il aurait suffit dit-on de pétrir de l’argile rouge, de former une statue à l’image humaine et de la taille d’un enfant, de lui donner la vie par de multiples incantations et fumigations, mais surtout d’inscrire le mot « EMETH » ce qui signifie VIE sur son front ; l’être créé devenait alors un esclave servile et surtout le défenseur idéal de la Communauté. 
              Les distingués Rabbins avaient juste oublié un détail : la créature grandissait, et bientôt devenu géante devenait de ce fait incontrôlable. La seule solution était d’effacer sur le front du Golem la première lettre du mot « EMETH » (VIE) le transformant en « METH » autrement dit : MORT. Cette ultime solution étant très risquée, plusieurs Rabbins en auraient perdu la vie, écrasés par leur créature devenue une masse inerte d’argile inoffensive. 
              L’époque Médiévale révolue, nous rencontrons fréquemment le Golem durant les multiples périodes de persécution de la Communauté Juive, particulièrement en Europe de l’Est et tout spécialement à Prague, ville alchimique superbe et mystérieuse, où il semblerait, dit la Légende, qu’un Golem repose dans les combles de la très célèbre et très sainte Synagogue Altneuschule (Vieille Neuve Ecole), Joyau du Ghetto, et proche du très joli et très romantique cimetière juif.
 
              Hélas, Hélas, pourquoi le Golem ne s’est-il pas manifesté lors de la dernière et terrible grande persécution du XXème siècle : sans doute la foi et la croyance en ce défenseur n’était plus assez forte, quoique …
 
 
Photo tirée du film "der Golem" de 1920 de Karl Freund 
 
                                                               
                                 
 
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Mardi 22 novembre 2005 2 22 /11 /2005 20:52

 

                                         Une légende qui sent le souffre (cela va faire plaisir à quelques fidèles !). De retour de  Rome ou il s’était rendu en pèlerinage aux tombeaux des apôtres, saint Dizier se dirigeait vers l’oratoire consacré à saint Martin  (voir notre précédent article sur l’église de saint Dizier) Il traversait avec ses deux compagnons un profond bois ou le diable rodait depuis longtemps. Celui ci, furieux de voir un saint homme fouler son domaine, surgit d’un buisson ou il s’était tapi, et de ses griffes immondes s’empara de l’évêque. Il le souleva pour le jeter ensuite brutalement sur un grand rocher plat… Mais ce que le Malin (pas si malin que cela !) n’avait pas prévu, c’est que ses sabots fourchus encore chauds des flammes de l’enfer, s’enfoncèrent dans la pierre devenue miraculeusement tendre comme du sable… Aussi miraculeusement il se retrouva prisonnier de la pierre redevenue dure… Le saint homme, après avoir remercié Dieu de sa protection, délivra la terrible  créature. Le Diable couvert de honte, s’enfuit alors… On peut encore voir de nos jours dans un petit bois proche du village de  Villars le Sec, les traces profondes laissées par le démon dans la grande pierre couchée (antique autel celte ou barbare…) et celles plus légères des sandales du saint. Ce lieu de nos jours est facilement accessible. J’ai cependant souvenir, il y a de nombreuses années, d’une visite nocturne avec quelques amis… A cette époque la forêt était encore dense et profonde autour de la clairière… et comme chargée d’énergie... La grande roche crépitait d’une force mystérieuse… Je dois avouer que ce jour là, les courageux aventuriers se sauvèrent, avec une peur… du diable !
 
 
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Dimanche 25 septembre 2005 7 25 /09 /2005 00:00

 

                                        D'où nous vient cet animal mythique et médiéval, est-ce une réminiscence de la Chimère grecque, monstre à la fois lion et serpent, à corps de chèvre et qui aurait été tué par le héros Bellerophon sur son cheval Pégase. Est-ce une vue de l'esprit ayant pour origine le rhinocéros vivant dans le mythique royaume du Prêtre Jean (qui se serait trouvé quelque part entre l'Inde et l'Ethiopie...) Toujours est-il qu'à cette époque médiévale, la croyance populaire affirmait que la Licorne était un superbe cheval blanc, possédant parfois une tête de cerf, tandis que ses pattes étaient celle d'une chèvre ou d'un bouc avec les sabots assortis (nombreux sont ceux affirmant l'avoir vue !).  La particularité essentielle de cet animal était la corne unique et torsadée qui ornait son front. On disait d'elle : " C'est le plus bel animal, le plus fier, le plus terrible et le plus doux de la terre..." Des auteurs médiévaux assurent également qu'elle était cruelle et redoutable et que personne ne pouvait la tuer, ni la capturer vivante, hormis une vierge pure, car la bête venait se réfugier dans son giron (entre ses jambes !) et s'endormait... Alors le chasseur, le Chevalier pouvait la tuer. Elle pouvait être féroce, on la représente combattant le lion, symbole de la force (aussi symbole alchimique). Sa corne était très recherchée (cadeau royal à Charlemagne par exemple !) en effet elle servait d'antidote aux poisons, elle était censée purifier l'eau, et réduite en poudre elle guérissait toutes les blessures... De nombreux guerriers partaient au combat avec un bout de Licorne dans leurs fontes, fragment acheté fort cher chez un homme de l'art, sorcier, aphoticaire... (salut à toi Honorius !)  Il faudra attendre le XVIII siècle pour qu'enfin on découvre que la fameuse corne n'était rien d'autre qu'une corne de Narval, aussi nommé Licorne de mer ! Reste une belle légende... Et qui sait peut être une réalité d'un autre monde, celui du petit peuple et des animaux légendaires, qui sont retournés de l'autre coté du miroir... Loin de notre monde incrédule...

 

Une des plus célèbres tapisseries de France : La Dame à la Licorne

 

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