Un peu d'histoire

Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /2007 10:23

 

               Le premier jardin ? Ah ! Dans presque toutes les religions le paradis est représenté par un jardin. Potagers rudimentaires ou jardins de Babylone, parc de Cyrus à Sardes ou les jardins d’Alcinoos chantés par Homère. 

               C’est à Rome que le jardin fut instauré comme un paysage avec les divinités des eaux et des bois. Les Arabes y apportèrent le raffinement dans les contes des « Mille et une Nuits ». 

               La quête du jardin médiéval demande beaucoup de prudence car elle s’étend sur 10 siècles. C’est sans conteste un univers clos, caché car il était conçu comme une propriété protégée des animaux, des hommes, des envahisseurs. 

               Le premier jardinier célèbre est un moine irlandais nommé Fiachra qui viendra s’installer près de Paris et deviendra saint Fiacre, patron des jardiniers. Dans son enclos se mélangeront : choux, cardons, gourges, raves et les plantes médicinales plus connues sous le nom de « simples ». 

               Sous Charlemagne nous trouvons 72 plantes et 16 arbres fruitiers qui se répartissent entre potagers et vergers. Suivant la coutume médiévale y voisinent les légumes verts (bettes, choux, laitues, chicorée), les farineux (fèves, pois, pois chiches), les « racines » (poireaux, radis, panais, chou-rave, oignons, ail), des concombres, des melons, des cardons, des « simples (menthe, sauge, romarin, anis, fenouil, sarriette, coriandre, cerfeuil) mais aussi pour la vue et l’odorat des lis, des roses, des violettes, des iris sans parler du lin, du chanvre, de la garance, du pastel pour filer, tisser et teindre. 

               Quant aux arbres fruitiers cela va du pommier au figuier ne passant naturellement par la vigne et le pin. 

               Ainsi donc, du jardin d’Eden, l’homme se trouva modestement ramené, à l’époque féodale, à cultiver son petit courtil pour subvenir aux besoins de sa famille et guérir leurs maux.  

 

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Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /2007 09:44

 

 
               Etant de passage dans une région qui fut le berceau paternel de notre famille, accompagné par l’Abbesse Clémence, Morigane la Blême, Philippe, Oeuvrier Charpentier redresseur de Cathédrales et Alexandra, Erudite en Histoire tous deux étant de notre clan. Nous entendîmes alors conter une étrange histoire : il s’agit de l’Arbre de Saint Claude, Arbre à Loques ou l’Friperie de Saint Claude. Je vais essayer de vous la transcrire avec mes pauvres mots.
 
               L’histoire remonte en 1499, année de la terrible Grande Peste Noire. Partout l’on ne voit que bûchers et respire terrible odeur… Tout le monde prie, mais le ciel reste sourd. Notre belle Terre Franque est ravagée, dépeuplée, l’on s’égorge pour se nourrir et l’on dépouille les morts pour se vêtir. Oui,  alors les temps étaient durs. Pourtant un petit village de Picardie n’est pas touché par la Grande Faucheuse, l’épidémie de Peste s’arrête à ses portes. Miracle, Miracle le village vivra, tant et si bien qu’un Conseiller du roi LouisXII séjournant ici bas décide de faire bâtir une chapelle afin de remercier Saint Claude qui, nous le savons, a sauvé la ville, sa statue est déposée avec grands honneurs en ces lieux bénis.
 
               Cette chapelle se trouve sur les terres de Jean de Monchy, seigneur du Lieu, à la lisière du bois d’Arguel, de la vallée de la Bresle et dominant la petite cité épargnée. En 1638, la Peste ravageant de nouveau les alentours, Saint Claude protège à nouveau la petite Cité, devenant dès lors le Saint Protecteur du village alors que le Saint Patron est Saint Denis.
 
               L’Histoire avec son cortège de tragédies s’avance, la chapelle est détruite par les guerres et les invasions, mais la Statue miraculeuse reste installée sur un orme à proximité des ruines de la chapelle. Depuis cette lointaine époque, tous les ans une procession conduit les fidèles du village, prêtre en tête de l’Eglise à l’Arbre aux Miracles, ceci jusqu’en 1946.
 
               Le site se composait alors de trois ormes vénérables plusieurs fois centenaires, l’arbre central supportant la niche de la statue miraculeuse de Saint Claude (dérobée en 1968). ragique histoire et éternel recommencement : en 1982 et 1993 destruction du site par incendie volontaire, 1994 : plantation de trois nouveaux ormes, 2002 : construction d’un petit oratoire par une famille reconnaissante au Saint fidèle.
 
               La Vox Populi prétend que l’Arbre de Saint Claude guérit les maladies de peau et les fortes fièvres, jadis des touffes de crin de cheval étaient suspendues aux arbres, le Saint n’étant pas sectaire. Afin de guérir, la personne souffrante doit porter un linge à l’endroit où réside son mal, l’accrocher à l’arbre, prier Saint Claude et réaliser une Neuvaine...Les branches de l’Arbre de Saint Claude portent depuis toujours des « Mumies » : linges, médailles, ou objets quelconques afin de fixer la maladie.
 
               Dans ce cas comme dans bien d’autre la vénération d’un Saint est confondue avec un ancestral culte celtique. De nos jours de nombreux tenants de Saint Claude déposent Loques, fleurs, ex votos, bougies et le lieu est devenu un endroit de recueillement. Pour ma part, je ne peux que dire  « Ceci est un site sacré, il faut le protéger et le respecter quelque soit ses croyance, ne serait-ce que par respect envers toutes les personnes ayant soufferts et priées ici »
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Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /2007 11:28

 

                Voici la deuxième partie de la passionnante étude réalisée par Heimrich l’empaleur sur les armes d’hast du Moyen-âge… De tout temps l’homme n’a jamais manqué d’idées pour tuer ses semblables !
 
 Le couteau de brèche
 
Le couteau de brèche est une arme d'hast employée aux XVIe et XVIIe siècles, surtout pour défendre des places: le fer a la forme d’un large couteau, à un tranchant. Le dos épais continue l'axe de la hampe, tandis que le tranchant est extérieur à partir du talon pour le rejoindre à la pointe.
 
La hallebarde
 
La Hallebarde, qui s’écrivait en vieux français avec un seul L, a une origine inconnue.
Deux explications possibles :
-          allemande : hallebarde viendrait du mot francique Helmbarte , Helm                                signifiant heaume et Barte hache, d'où, par assemblage des deux noms : hache destinée à percer les heaumes.
-           italienne : ce mot fut trouvé dans un texte datant de 1333, le terme Alabarte désignant une arme blanche.
Le mot hallebarde proviendrait plutôt du mot arabe Al Barte signifiant : pointe de lance. On connaît bien les transformations et le voyage que subissent les mots à travers les siècles, les régions, les invasions ... Aussi, Al Barte, peut être devenu Alabarte , mot italien qui, ajouté au terme haste, a pu donner Hallebarde.
Quant au mot allemand helmbarte, il vient aussi de l'arabe mais, transformé en ce terme germanique. Ce n’est pas une hache de heaume alors qu'il signifie en réalité hache à long manche. 
 
Corsèque, Pertuisane, Roncone
 
Au nombre de trois, les lames des hallebardes peuvent adopter des formes étranges. La lame principale en pique vers l'ennemi tandis que les deux autres, coupantes, forment un angle symétrique par rapport à celle-ci.
Donc les lames des hallebardes formaient un assemblage redoutable, les deux petites maintenaient les armures de plates tandis que la grande au milieu les pénétrait. La hampe des hallebardes mesurait entre deux et trois mètres, ce qui permettait d'aller chercher le cavalier loin derrière son cheval.
 
La pertuisane
 
Autre arme d'hast, la pertuisane possède une lame pointue portant à la base deux pointes en forme de croissant.
           
La bardiche
 
Originaire de l'Europe de l'Est , arme dont le fer en forme de hache possède un long tranchant courbé dont la pointe supérieure devient un estoc, la pointe inférieure est fixée au manche par des rivets ou des cordes.
La longueur de la hampe se situe entre 1m 40 et 2 m pour un fer de 50 cm. 
 
Le fauchard
 
Apparu au XIII s, sa lame ressemble à celle d'un sabre (ou d'une faux). Le fauchard peut avoir deux origines : soit le fauchon monté sur une hampe, soit la faux de guerre (souvent la version avec pique). Certains outils agricoles piémontais lui ressemblent étrangement. Cette arme peut donner des coups d'estocs ou des coups de taille. Le fauchard est très efficace contre les chevaux. Du XV au XIX s, en Europe, il restera décoratif, sauf comme arme de rempart (là, jusqu'au  XVIII s). Le fauchard japonais se nomme Naginata.
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Mardi 13 mars 2007 2 13 /03 /2007 15:07
 
              Voici le premier volet sur les armes d'hast au Moyen-âge. Descendantes des haches et des épieux, elles permettent les coups de taille, d'estoc ou les deux à la fois…
 
              Elles furent inventées d'abord pour augmenter la distance de combat entre le chasseur et le gibier, que ce soit un animal sauvage ou un cavalier. 
 
                 L’épieu
 
                Au départ, cette arme, servant autant à la guerre qu'à la chasse, n'était composée que d'une pointe et d'une hampe. A la base de la pointe, juste au-dessus de la douille, l’arme reçut une barre transversale qui évitait que l'animal ou l'ennemi ne soit enferré trop profondément.
               Au Moyen-âge, le tout se transforma de nouveau pour aboutir, à une longue pointe aux bords aiguisés, la barre transversale se trouvant en dessous, en forme de deux triangles.
On ajouta à la longue pointe deux dents de fourches pointées vers l'avant ce qui donna une sorte d'épieu tout à fait spécial, l'épieu à la forlane utilisé vers la fin du Moyen-âge. Cette arme était maniée presque exclusivement contre la cavalerie. On s'en servait pour couper les jarrets des chevaux ou pour faire tomber les cavaliers. Les pointes étaient toutes serrées, aidées par deux longs arrêts recourbés vers le bas dont les tranchants étaient obtus du côté concave et aigu du côté convexe. La taille des pointes était aussi variable, soit des fers longs et aigus à section triangulaire ou carrée soit des pointes courtes et robustes pour percer les armures de plates. Pour la chasse, on utilisait parfois des épieux tranchants des deux côtés ayant la forme de larges feuilles de sauge.
              La Corsèque Italienne munie d'une pointe triangulaire rainurée, portait deux dents en forme d'ailes avec un angle de 30° environ.
              Pour résister plus facilement, ces armes pouvant atteindre près de 1,80 mètre, les hampes étaient faites dans du bois robuste et élastique comme le frêne ou l'if.
              La Corsèque était descendante de l'épieu à la forlane, mais celle-ci était munie de dents plus larges et imposantes.
 
               La fourche de guerre
 
              Les hommes d'armes à pied, souvent des gens du peuple, se voyaient très diminués devant la force de l'attaque des cavaliers surélevés sur leur monture. Ainsi, en plus de descendre le plus souvent d'instruments de travail de paysan, les armes d'hast se développèrent afin de réduire ce handicap. Les premières, issues des forges de village, furent des assemblages d'instruments agricoles sur de grands manches, et devinrent vite des armes spécifiques comme la Fourche de guerre. Elle était issue de la grosse fourche à trois dents agricoles. Elle pouvait comprendre deux ou plusieurs dents droites et solides. Elle servait aussi pour dresser des échelles d'assaut contre les remparts ou à les repousser des créneaux depuis l’intérieur de la forteresse ! 
 
               La lance
 
              Elle se compose surtout d'une pointe de forme diverse (pique, en feuille de saule à bords effilés, pointe arrondie) et d'une hampe en bois (frêne pour la lance de guerre et sapin pour celle de joute). Au moment de la fabrication, on introduisait la hampe dans une sorte d’entonnoir faisant partie de la pointe et appelée douille.
              La tenue de la lance était particulière. La main serrait la hampe dans le tiers inférieur de la lance pour ensuite la coincer sous l'aisselle du cavalier. On l'utilisait en dirigeant la pointe de droite à gauche en passant sur le cou du cheval. Ainsi la lance arrivait un peu de biais, ce qui permettait au cavalier de ne pas la laisser glisser dans sa main.
Sur sa lance, le chevalier portait souvent un morceau de tissu, dont la forme était carrée pour le fanion, et triangulaire pour la flamme, arborant les couleurs ou les armes du chevalier. En plus, il pouvait éventuellement servir d’arrêt transversal pour empêcher un adversaire de s'enferrer trop profondément, ce qui pouvait provoquer la rupture de la hampe ou gêner sa récupération.
Semblable à la lance, il y avait l'Esponton de brèche dont la hampe était plus courte mais le fer plus long. Elle était munie d'une pointe à section carrée qu'on utilisait surtout pour saper le bas des murailles et perforer une armure!
 
   …. A suivre.
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Vendredi 26 janvier 2007 5 26 /01 /2007 16:35

 

             Une fois de plus le Baphomet du Templier de Médiéval et Moyen-Âge nous fait entrevoir l’avenir…. Une terrible histoire celle des 47 Rônin…

 
              Nous sommes pendant l’hiver de 1702, au pays des hommes jaunes que vous nommez le Japon, et nous en notre temps Cipango. Il fait froid et nuit, mais dans les ténèbres, 47 « Samouraï » fortement armés et en armure se dirigent vers le Château de leur ennemi, dans le but de le prendre. Cette troupe n’est pas nombreuse, 47 hommes, mais quels hommes et de quelle trempe…
 
              Tout a commencé près d’un an auparavant par l’envoi de l’ambassade annuelle que le 113 Mikado Higashiyama (Empereur, Gardien des Traditions) adressait au Shogun Tokugawa Tsunayoshi (Seigneur de la Guerre, grand Général), ambassade devant être reçue suivant les lois de l’honneur.
              Le Shogun désigna alors le Jeune Daimyô Asano Naganori pour cette mission de confiance et fort honorable. Le Daimyô voulant bien faire demanda conseil au Samouraï Kira Yoshinaka, Maître de Cérémonie du Shogun et le pria de bien vouloir le conseiller. Pour ce faire, il apporta un présent qui malheureusement ne convint pas à Kira, lequel insulta publiquement Asano, le poussant dans ses derniers retranchements tant et si bien que notre Daimyô blessa Kira de son sabre à la tête et au bras.
              Ceci était trop pour la loi du Shogunat, aussi le Shogun condamna le Daimyô à faire amende honorable par son suicide. Ce jugement était inique pour l’époque, car les deux parties auraient du faire l’objet d’un jugement (question d’honneur)
              Le Daimyô se suicida donc, ses biens furent confisqués et sa famille traînée dans le déshonneur, perdit tous ses titres. Les Samouraï se trouvant sans maître devinrent des Rônin (errants, sans emploi).
              Fortement blessés dans leur fidélité et leur honneur, 47 Rônin sous les ordres de leur chef Oishi, attendirent plusieurs mois le moment favorable se faisant passer pour des hommes déchus et dépravés.
               En décembre 1702, nos héros attaquèrent et prirent le château du Maître de Cérémonie Kira, et l’ayant fait prisonnier lui proposèrent une mort dans l’honneur (Voie du Samouraï, ou Bushidô), Kira refusa en tremblant, alors nos Rônin le décapitèrent au sabre, lavèrent sa tête dans le puits du Château et la déposèrent sur la tombe de leur bien aimé Daimyô en signe de fidélité même au-delà de la mort.
 
              Un des 47 se rendit auprès des autres Samouraï du Daimyô et annonça l’accomplissement de la vengeance, tandis que les 46 autres se rendirent au Shogun, lequel malgré une évidente sympathie et le soutien du Peuple, les condamna tous au suicide. Nos guerriers s’exécutèrent de bonne grâce sur la tombe de leur maître bien aimé. Le Messager des 47 fut gracié et à sa mort il rejoignit ses camarades Rônin et son Daimyô.
              Il semblerait qu’un des Samouraï n’ayant pas participé à l’expédition se suicida sur la tombe des 47, afin de mourir dans l’honneur. Quant à la famille du Daimyô elle retrouva ses titres et ses biens tandis que celle du Maître de Cérémonie fut spoliée.
              De nos jours encore, les tombes du Daimyô et des 47 Rônin font l’objet d’un culte, les Japonais appréciant tout particulièrement l’esprit chevaleresque et la fidélité des Rônin. Plusieurs récits furent tirés de cette histoire, en particulier : « Les 7 Samouraï », et plus tard « les 7 Mercenaires » bien que les évènements ne concordent pas, mais valorisant l’esprit du guerrier fidèle et désintéressé de l’époque. Ce code de l’honneur du Guerrier a hélas été troublé par les agissements durant la guerre avec la Russie, la Chine et la Seconde Guerre Mondiale, où le paroxysme fut atteint avec les attaques Kamikazes, ce qui en rien ne rappelait l’honneur des Rônin : mais qui sommes nous pour juger…    
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